Pays-Bas-France: Lloris intraitable, Pavard alarmant, Nzonzi à la ramasse... Les (faibles) notes des Bleus

FOOTBALL Collectivement, les Bleus sont passés à côté de leur match aux Pays-Bas. Individuellement, aussi...

William Pereira

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Mbappé a déçu
Mbappé a déçu — EMMANUEL DUNAND / AFP

De notre envoyé à Rotterdam,

Une équipe de football est-elle une somme d’individualités ou une entité cohérente? Dilemme. Le match cataclysmique de l’équipe de France contre les Pays-Bas pour leur dernière journée de Ligue des nations a le chic de servir les deux théories. Nuls ensemble aussi bien que chacun de leur côté, les Bleus ont mérité ce qui leur est arrivé. Et nous, face à tant de médiocrité, ne nous contenterons pas de les juger: on a aussi décidé de les noter. 

Hugo Lloris (350): Comme le nombre d’arrêts du capitaine de l’équipe de France à Rotterdam. Le seul à la hauteur et bien plus encore. L’unique chose qu’on pourra lui reprocher est de ne pas avoir partagé sa détermination et sa qualité au reste de l’équipe. Le pire dans tout ça, c’est qu’il finit la partie souillé par une Panenka de Depay. La vie est sans pitié.

Pavard (1): Sa première défaite avec les Bleus. Enfin. On est libérés de la fameuse stat à la con sur son invincibilité en bleu. Et il est allé la chercher au panache, Benji. Un sens du placement sans ballon flippant pour un joueur de très haut niveau, une âme absorbée à chaque débordement de Babel et Blind... Aurait pu être sauvé en première mi-temps par un remake de son but contre l’Argentine. Le vent a-t-il définitivement tourné pour Pavard?

Varane (3,5): Même s’il s’en fout officiellement, il peut s’estimer heureux que le vote pour le Ballon d’Or soit clos. Il partage les torts avec Nzonzi sur le 1-0 et a trop reculé face aux assauts adverses pour mériter meilleure note. 

Kimpembe (4,5): Pas désastreux mais trop quelconque pour mériter la moyenne. Sa défense douteuse en début de match aurait pu coûter une ouverture et score prématurée. Il a été paradoxalement meilleur que lors de ses derniers matchs internationaux.

Digne (3,5): Des bonnes combinaisons offensives avec Griezmann et Mbappé en première mi-temps, un centre tendu dans la surface puis le black-out. Il a complètement disparu de la circulation et n’a rien montré défensivement. Hernández peut dormir sur ses deux oreilles, même si les siennes sont moins grandes.

Kanté (4): Être un parangon de vertu hors des quatre lignes n’autorise pas à produire autant de déchet au milieu de terrain. Le milieu défensif français a comme toujours couru, défendu et gagné des duels, mais n’a jamais su utiliser correctement le ballon. Ce qui peut s’avérer pénalisant quand on a pour but de foutre le ballon au fond des filets adverses.

Nzonzi (2): Synonyme, jouer à contretemps. En retard sur chaque ballon, et donc très peu utile défensivement, responsable du premier but, pauvre dans l'utilisation du ballon. Le milieu de terrain de la Roma a réussi la prouesse de ne rien réussir. Bravo.

Matuidi: (4): Il a couru, a parfois couvert les errences défensives de Lucas Digne, s'est souvent fait prendre de vitesse par les décalages néerlandais au milieu et n'a jamais pesé offensivement. A force de courir derrière le ballon, il s'est fatigué. Le temps commence à faire son effet sur la machine Blaise, mais si c'était pour faire rentrer Sissoko, on aurait encore préféré voire Matuidi cracher son troisième poumon jusqu'au bout. 

Mbappé (3): Masterclass sur sa première prise de balle qui amène une occasion nette de Griezmann à la 9e, leçon d'individualisme, pertes de balle à gogo par la suite puis disparition dans la poche de Van Dijk pour finir. Un match en trois actes pour Kylian. D'où la note.

Griezmann (3): Il a orienté le jeu sur le seul bon quart d'heure des Bleus en première mi-temps avant de perdre le Nord. Difficile d'organiser sans toucher de ballons comme ce fut son cas après la pause.

Giroud (1): On a vérifié, et oui, il a joué. A vrai dire, il a même agacé. Pas de pressing, pas d'appels, aucune volonté de libérer des espaces, aucun jeu en pivot. Un bonbon pour la charnière oranje, qui n'en demandait pas tant.

Sissoko (2016): Un vent de nostalgie a soufflé à Rotterdam pour l'entrée de Moussa. Nous nous croyions en 2016, du temps de sa splendeur et de sa finale d'Euro stratosphérique. Sauf qu'on est en 2018, que le pousse-ballon ne marche plus comme avant. A eu le mérite d'apporter de l'impact en entrant comme DD le lui a demandé. Quitte à concéder un penalty. 

Dembélé (2,5): Une bonne frappe et c'est tout. Faudra pas voir flou quand Kingsley Coman fera son retour en Bleu à son détriment.

Ndombele (non noté): Tanguy n'a rien demandé à personne. Il a été choisi par Didier Deschamps pour remplir le costume de sauveur, ce qu'il a presque réussi à faire en obtenant le coup-franc de la dernière chance dans les arrêts de jeu, à 1-0. Une cartouche scandaleusement gâchée dans la foulée.

Didier Deschamps (2): Jouer le nul, aligner un double-pivot Nzonzi-Kanté, faire rentrer Sissoko puis Ndombélé. Ce soir n'était pas non plus celui de la Desch.