Pays-Bas-France: Trophée, revanche sur 2016, suspense... On serait pas en train de kiffer cette Ligue des nations?

FOOTBALL L'Europe se prend au jeu de la Ligue des nations...

William Pereira

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Mbappé, contre l'Allemagne
Mbappé, contre l'Allemagne — FRANCK FIFE / AFP

Fin de l’été. Alors que les Bleus viennent de décrocher leur deuxième étoile, se présente à eux un nouveau tournoi, la Ligue des nations. Elle fait alors des sceptiques aussi bien chez les journalistes que le public, qui n’hésitent pas à la réduire au rang de vulgaire trophée fleur dans Mario Kart (en 50 cc). Quelques mois plus tard, alors que la France s’apprête à jouer ce vendredi soir son dernier match de groupe contre les Pays-Bas, la donne a changé. Certes pas (encore) comparable à un trophée majeur, la Ligue des nations commence à être prise au sérieux par tout le monde. Mieux, on se surprend à prendre notre pied en suivant ses affiches. Et pour cause.

(Presque) au placard, les matchs amicaux

« Les matchs amicaux, c’est bien sympa mais… » La phrase signée Blaise Matuidi en conférence de presse à Clairefontaine, mercredi, est révélatrice du niveau d’ennui suscité par les matchs amicaux – qui rappelons-le ont animé le quotidien des Bleus avant l’Euro-2016. Pas étonnant que le vice-capitaine des Bleus y voie une aubaine. « Quand tu joues pour un objectif ça change tout. […] Là, t’as un trophée, ça change tout, on est des compétiteurs, on l’a démontré. Quand on est dans la compétition, les visages changent et on a envie de gagner de tout rafler sur notre passage et c’est ce qu’on essaye de faire. »

Des affiches et du suspense

Avant de vouloir enquiller les titres, il faudra d’abord s’extirper de ce groupe compliqué, où les Oranje font contre toute attente office de seul rival aux ouailles de Didier Deschamps. « Rien n’est joué encore, une défaite contre les Pays-Bas pourrait nous mettre en difficulté, ils nous passeraient devant si derrière ils font un nul contre l’Allemagne. », résume le Cédric Villani du milieu de terrain.

Les Pays-Bas peuvent encore nous coiffer au poteau
Les Pays-Bas peuvent encore nous coiffer au poteau - Google

Contrairement aux groupes de qualification classiques pour l’Euro ou le Mondial, il n’y a pas de petites équipes, pas de relâchement. Pas d’Azerbaïdjan à aller gifler à l’autre bout du continent pour soigner sa différence de buts avant de rentrer se farcir l’Allemagne. Et pour qui aurait envie de snober la compet’, la sentence est sévère : on descend de division, on joue contre moins fort et on ne gagne aucun trophée. C’est d’ailleurs le destin que va connaître la Croatie, vice-championne du monde. Relâchement interdit, qu’on vous dit.

Le final four, un avant-goût d’Euro

Ça fait un peu basket, le terme « final four ». Mais ça sonne bien. D’ailleurs tenez, on l’écrit encore une fois : final four. Quatre nations de top niveau qui se joueront le premier acte d’une grande joute européenne dont l’épilogue se tiendra dans deux ans aux quatre coins du continent. La concurrence sera rude. En cas de qualification, les Bleus pourraient retrouver L’Espagne (ou l’Angleterre), la Belgique (ou la Suisse) et surtout un ennemi bien connu : le Portugal, avec qui les retrouvailles au Mondial ont été avortées par un doublé d’Edinson Cavani.

Gagner un trophée au Portugal, vengeance possible

On en vient au petit plaisir coupable que cette Ligue des nations peut être amenée à nous procurer. Le final four se tiendra dans le pays vainqueur du groupe 3. Sauf cataclysme, le champion d’Europe devrait s’en extirper devant l’Italie et la Pologne. Vous connaissez la suite. L’avion des Bleus atterrit à Lisbonne, passe sa demi-finale et rejoint le pays hôte pour un remake de 2016 : à la 109e minute, Adil Rami vengera le coup de pied assassin d’Eder d’un pointu affreux après un hideux cafouillage dans la surface lusitanienne. 0-1, score final. Le destin.

Entrer dans l’histoire de la compétition

On ne sait pas ce qu’il adviendra de cette LDN - même si ses initiales trop ressemblantes avec celles de la SDN prédisent un échec sur la durée - si elle prospérera jusqu’à devenir incontournable ou si elle tombera dans l’oubli après une décennie d’existence. Mais être le premier vainqueur d’une coupe, quelle qu’elle soit, ne se refuse pas. « Un trophée c’est toujours bon à prendre. Avoir un trophée à la maison ça fait toujours plaisir. On est à fond sur cette compétition », termine Blaise Matuidi. Plus encore que pour une course à Mario Kart.