Il y a dix ans, Tabarly...

VOILE Le navigateur est mort au large du Pays de Galles dans la nuit du 12 au 13 juin 1998...

M.Go. avec agence

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Dix ans après la mort d'Eric Tabarly, une cinquantaine de ses anciens équipiers, dont Yves Parlier et Roland Jourdain, se sont retrouvés samedi à Lorient pour saluer avec émotion la mémoire de ce "marin d'exception", à l'occasion de l'inauguration de la Cité de la Voile.
Dix ans après la mort d'Eric Tabarly, une cinquantaine de ses anciens équipiers, dont Yves Parlier et Roland Jourdain, se sont retrouvés samedi à Lorient pour saluer avec émotion la mémoire de ce "marin d'exception", à l'occasion de l'inauguration de la Cité de la Voile. — Marcel Mochet AFP
Le 13 juin 1998, en plein milieu d’un match de poule du mondial français, la nouvelle est annoncée par les commentateurs: Eric Tabarly est tombé en mer d’Irlande dans la nuit au cours d’une banale manœuvre. Pendant de longues heures, ses proches et les médias espèrent qu’on le retrouvera vivant. Son corps est repêché le 17 juillet par un chalutier. La Marine dépêche un navire pour disperser ses cendres.


Il y a quelques jours une cité de la voile qui lui rend hommage a été inauguré à Lorient.. Un documentaire de Pierre Marcel sorti mercredi sur les écrans lui est également consacré.  Ce film est réalisé avec comme voix off les seules déclarations du taiseux Tabarly, ce qui révèle déjà de l’exploit.




Les Anglais derrière

Plus qu’un marin, la France perd en 1998 un sportif hors du commun et une des figures les plus populaires de l’hexagone charmé par ses silences et son obstination.

34 ans plus tôt, en 1964, les Français découvrent, fascinés, sur les écrans de l’ORTF sa bouille émergeant du brouillard américain, après 27 jours d’une traversée de l’Atlantique au cours de laquelle le Breton avait fait la nique aux Britanniques.

Du jour au lendemain, toute une génération se prend de passion pour un homme granitique et pour son univers, l’océan, qu’il a aimé jusqu'au bout sans concession. Le général De Gaulle le reçoit à l’Elysée pour le décorer. Brigitte Bardot se précipite sur son bateau. Il en éprouve un intérêt poli mais ne s’éloigne jamais beaucoup de ses navires, les Pen Duick.

Avec Pen Duick III, une goélette de 17,45 mètres en aluminium, il gagne toutes les régates dans lesquelles il s’engage, dont les célèbres Fastnet et Sydney-Hobbart. Pen Duick IV (20 mètres) sera le premier vrai trimaran. A son bord, il pulvérise le record de l’Atlantique. Les chaînes de télé en font des reportages de trois minutes avec envoyés spéciaux. Au large du Cap Lizard:


Eric tabarly
envoyé par ras-did

Sur Pen Duick V (10,50 mètres), équipé de ballasts, Tabarly remporte la défunte San Francisco-Tokyo. Suit Pen Duick VI, qui lui permet de remporter une deuxième Transat, en 1976, et de refaire la nique aux Anglais. A son bord, il forme les marins que tout le monde connaît aujourd’hui comme Olivier de Kersauzon, Jean-Louis Etienne, médecin pendant une Whitbread sur Pen Duick VI, Roland Jourdrain, Yves Parlier... Tous ceux qui avaient fêté le centième anniversaire de son Pen Duick quelques semaines avant cette nuit orageuse...


Selon vous, quel est l'héritage de Tabarly ?