Bruges-Monaco: Propriétaire de l'autre club de la ville, Monaco sera comme chez lui à Bruges

LIGUE DES CHAMPIONS Le club de la Principauté se déplace ce mercredi en Ligue des champions à Bruges où il a des attaches depuis un an...

François Launay
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Vadim Vasilyev, le vice-président de l'AS Monaco et Frans Schotte, président du Cercle de Bruges
Vadim Vasilyev, le vice-président de l'AS Monaco et Frans Schotte, président du Cercle de Bruges — KURT DESPLENTER / BELGA / AFP
  • Propriétaire du Cercle Bruges depuis mai 2017, l’AS Monaco sera mercredi dans la ville belge pour y défier le FC Bruges, le rival de son club satellite, en Ligue des champions.
  • Depuis un an, l’ASM développe son partenariat avec le club belge.
  • De nombreux joueurs de la Principauté sont prêtés en Belgique pour avoir du temps de jeu et progresser en D1 Belge.

En pénétrant mercredi soir sur la pelouse du Jan Breydelstadion de Bruges, les dirigeants monégasques ne seront pas dépaysés. Il y a six mois, Vadim Vasilyev, le vice-président de l' AS Monaco, et sa garde rapprochée avaient pris place dans les travées de l’enceinte belge pour assister au match de la remontée en D1 du Cercle Bruges, le rival local du FC Bruges (ou Club Brugge pour les puristes) que l’ASM défie ce mercredi en Ligue des champions.

Premiers contacts établis en 2015

Si Monaco s’est pris soudainement de passion pour le foot belge c’est bien parce que le club est devenu propriétaire du Cercle de Bruges depuis le mois de mai 2017. Président du Cercle Bruges de 2002 à 2011 puis de 2014 à aujourd’hui, Frans Schotte se souvient de la première prise de contact.

« En 2015, le club est descendu en deuxième division et on a eu des problèmes financiers. On devait donc trouver de l’argent. J’en ai parlé à Filips Dhondt, dirigeant belge de l’AS Monaco (conseiller du vice-président) que je connais bien. Il m’a dit que l’ASM était en train de réfléchir à un investissement dans un club étranger sans savoir dans quel pays il allait le faire. Quelques semaines plus tard, j’ai reçu un coup de fil me disant que la Belgique était une opportunité pour eux. Et on a commencé les discussions », raconte le dirigeant.

Remontée immédiate en Division 1

« On aurait pu s’associer à des clubs de beaucoup d’autres championnats. Mais on a choisi la Belgique pour son niveau élevé et la qualité de ses centres de formation » avait justifié à l’époque Vadim Vasilyev, le vice-président de l’AS Monaco

En mai 2017, le club de la Principauté est donc devenu actionnaire majoritaire à 51 % en fixant une exigence : la remontée immédiate en Division 1 belge (ou Jupiler League pour les intimes). Pour y arriver, le club français investit en dehors des terrains en recrutant beaucoup dans les secteurs administratifs et commerciaux pour développer le club. Côté sportif, plusieurs joueurs en manque de temps de jeu à Monaco débarquent en Belgique et atteignent l’objectif de remonter en mars dernier.

Une plateforme pour des Monégasques en manque de temps de jeu

Le deuxième étage de la fusée peut alors se mettre en place. Depuis la montée dans l’élite en mars dernier, Monaco a désormais 75 % du club, a choisi Laurent Guyot comme entraîneur et commence à faire du Cercle Bruges un véritable laboratoire.

« Nous avons 6 joueurs sur 27 qui viennent de Monaco (Nardi, Bongiovanni, Cardona, Nguinda, Appin, Etienne). Mais on a aussi des joueurs extracommunautaires que Monaco n’a pas pu faire signer car en Ligue 1, c’est limité à quatre joueurs. Alors qu’en Belgique, c’est illimité. L’idée, c’est de faire progresser ces joueurs à Bruges. Soit ils retourneront ensuite jouer à Monaco, soit ils seront vendus ailleurs », détaille Frans Schotte.

Monaco prend toutes les décisions à Bruges

Les choses sont claires. Même à 1.000 kilomètres de distance, le patron à Bruges, c’est Monaco, du moins pour la partie professionnelle. Devenu satellite du club de la Principauté, le Cercle Bruges assure pourtant ne pas en prendre ombrage.

Car ici pas question de délocaliser les entraînements en France comme cela avait été le cas quand Lille avait pris le contrôle des Belges de Mouscron (2012-2015). « Le Cercle est une équipe de Bruges installée dans la vie sociale de la ville et on ne veut pas changer ça. Et les supporters sont aussi contents que le club n’ait plus de difficultés financières », assure le président du Cercle.

Après un an de mariage, la lune de miel dure toujours entre les deux clubs. Reste un nuage à l’horizon : le jour où les deux clubs seront qualifiés pour une coupe d’Europe, le Cercle Bruges ne pourra pas la disputer (un même actionnaire ne peut avoir deux clubs en coupe d’Europe). Mais pour l’instant, le onzième de la Jupiler League est déjà bien content d’être là. L’avenir dira si l’union fait vraiment la force…