Fair-play financier: Le dossier du PSG renvoyé pour un «examen plus approfondi»

FOOTBALL C'est à n'y plus rien comprendre...

N.C. avec AFP

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Nasser, Maxwell et Antero Henrique, l'état-major du PSG.
Nasser, Maxwell et Antero Henrique, l'état-major du PSG. — J.E.E/SIPA

Un «examen plus approfondi»: le PSG n'en a décidément pas fini avec le fair-play financier, qui lui vaut d'être visé, depuis les arrivées de Neymar et Kylian Mbappé contre plus de 400 millions d'euros à l'été 2017, par une enquête que l'UEFA entend pousser davantage. Si le PSG est jugé coupable d'avoir trop dépensé, il encourt des sanctions, du simple blâme à la suspension en Ligue des champions.

  • Où en est l'enquête ?

La source des tourments du PSG s'appelle ICFC. C'est l'instance de contrôle financier des clubs de l'UEFA, chargée de veiller, notamment, à ce que les clubs engagés dans les compétitions européennes (Ligue des champions, Ligue Europa) ne dépensent pas plus que les revenus générés par leur activité propre. Cette ICFC est divisée en deux chambres: la chambre d'instruction, chargée de mener les investigations sur tel ou tel dysfonctionnement supposé, et la chambre de jugement, appelée à décider de sanctions éventuelles.

A l'été 2017, le club de la capitale avait dans un premier temps vu la première chambre, celle d'instruction, clore en juin son dossier sans prononcer de sanctions. Mais le président de l'ICFC avait quand même décidé dans la foulée de transmettre le dossier du PSG à la chambre de jugement, qui a, elle, «annoncé aujourd'hui sa décision de renvoyer le cas devant la Chambre d'instruction pour un examen plus approfondi», indique l'UEFA dans son communiqué lundi. Autrement dit, il est demandé à la chambre d'instruction de reprendre depuis le début l'examen d'un dossier qu'elle a déjà étudié pendant près d'un an. 

  • Qu'est-il reproché au PSG?

Le fair-play financier interdit aux clubs engagés en compétitions européennes de présenter un déficit supérieur à 30 millions d'euros cumulé sur trois exercices. Il les empêche aussi de s'appuyer sur les fonds de leur actionnaire, fut-il richissime, pour financer leur activité. Dans le cas du PSG, la situation est compliquée par l'existence de contrats de sponsoring importants avec des «parties liées» à l'actionnaire qatarien: avec la banque nationale du Qatar ou avec l'office du tourisme qatarien par exemple.

Or selon plusieurs médias européens ces contrats ont été jugés par les experts de l'UEFA «significativement surévalués». C'est embêtant pour le PSG car il avait déjà été puni en 2014 pour un cas similaire, à la suite d'un contrat passé avec l'office du tourisme du Qatar. Les sanctions (lourde amende, restriction de joueurs inscrits en Ligue des champions) ont été levées depuis, mais le club pourrait en cas de confirmation se retrouver en état de récidive, alors que les sanctions vont du blâme aux amendes, voire jusqu'à l'exclusion des compétitions de l'UEFA.

  • Paris va-t-il être sanctionné ?

En juin, l'ICFC qui avait analysé les années comptables 2015, 2016 et 2017, avait décidé de ne prendre aucune sanction, mais précisé que «l'impact financier (sur 2018) des activités de transfert de l'été 2017» restait sous étroite surveillance.

Le club, lui, avait assuré en septembre 2017 «prévoir une augmentation de 20 à 40% supplémentaires sur l'ensemble des leviers dont il dispose (revenus internationaux, sponsoring, merchandising, billetterie, droits TV, revenus liés aux résultats sportifs, tournées été et hiver)».

Dans les semaines à venir, soit le dossier du PSG sera renvoyé vers «la chambre de jugement» ou pourra «faire l'objet d'un accord négocié», a précisé à l'AFP une source proche du dossier. La deuxième solution serait préférable pour le club parisien, avec d'éventuelles sanctions normalement moins lourdes que devant la chambre de jugement.