Coupe Davis: Après avoir vécu le pire, Mahut et Benneteau espèrent vivre le meilleur au stade Pierre Mauroy

TENNIS Evincés de la finale l'an passé au dernier moment, les deux amis, associés en double, peuvent offrir ce samedi à la France la qualification pour la finale de la coupe Davis...

Francois Launay
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Julien Benneteau en pleurs consolé par Nicolas Mahut lors de la finale de la coupe Davis 2017
Julien Benneteau en pleurs consolé par Nicolas Mahut lors de la finale de la coupe Davis 2017 — PHILIPPE HUGUEN / AFP
  • La paire de double peut envoyer ce samedi la France en finale de la coupe Davis.
  • L’occasion pour les deux amis de prendre leur revanche sur le destin après avoir été évincés de la finale l’année dernière par Yannick Noah.

Le lieu est resté le même. Mais l’émotion pourrait bien être totalement différente. Ce samedi au stade Pierre Mauroy, Nicolas Mahut et Julien Benneteau ont l’occasion, en cas de victoire contre la paire espagnole Lopez/Granollers, d’offrir à la France une qualification pour une deuxième finale d’affilée en coupe Davis. Amis dans la vie, les deux joueurs, associés en double, pourraient vivre l’une des plus belles joies de leur carrière dix mois après… l’une de leurs plus grandes désillusions.

En novembre 2017, juste avant de défier la Belgique en finale, il fait peu de doute que Yannick Noah va aligner les deux compères pour le double comme il leur avait d’ailleurs annoncé deux jours plus tôt. Mais au dernier moment, le capitaine change ses plans et lance pour la première et (sans doute) dernière fois l’improbable paire Herbert-Gasquet.

Un coup de poignard dans l’intimité d’une chambre d’hôtel

Une décision en forme de coup de poignard que Noah a annoncé dans l’intimité de l’Hermitage Gantois, hôtel du centre-ville de Lille dans lequel les Bleus ont leurs habitudes depuis deux ans. « Quand je leur ai annoncé, j’avais la chambre juste à côté. Je les ai entendus parler et j’en ai pris plein la gueule. Mais je pense que j’aurai fait pareil », reconnaît Noah.

Les murs avaient donc des oreilles et les larmes, que Benneteau n’a pas réussi à cacher le premier jour de la finale, ont mis du temps à sécher. Et forcément, revenir préparer cette demi-finale exactement au même endroit que la finale de l’an passé a forcément ravivé des plaies.

« Revenir ici n’a pas été facile »

« Revenir ici n’a pas été facile mais il a fallu rester au présent, concentré sur cette rencontre pour se préparer comme si on allait jouer. La dernière fois ça avait été très dur d’être sorti. Il faut mettre ça de côté, ce n’est pas évident, c’est un vrai travail », reconnaît Nicolas Mahut qui, vacciné à vie, se méfie toujours d’une ultime volte-face de son capitaine. « Quand on connaît son fonctionnement, on sait que ça peut arriver. Surtout qu’on a déjà eu une première expérience. »

Mais le patron de l’équipe de France ne semble pas avoir prévu un tel machiavélisme. Au contraire, il se réjouit de l’alignement des planètes qui a permis aux deux hommes d’avoir une seconde chance au stade Pierre Mauroy. Herbert blessé, Noah a rappelé Benneteau dans l’équipe alors que ce dernier pensait avoir joué le dernier match de sa carrière… deux jours plus tôt.

« C’est une très belle histoire. Quand on sait ce qui nous est arrivé l’an passé avec leur non-sélection à deux jours d’une finale dont ils rêvaient. Bien sûr, on a eu le temps d’en reparler et ça a été digéré et bien digéré. Que le destin me pousse à reprendre cette équipe, je trouve ça très bien », reconnaît le capitaine.

Même son de cloche (officiel) du côté de Julien Benneteau. Le nouveau capitaine de l’équipe de Fed Cup a accepté la sélection de son homologue de la coupe Davis sans la moindre aigreur.

Officiellement, aucun sentiment de revanche

« J’ai pris cette sélection avec énormément de joie. Ce n’est pas une revanche sur le destin. Ce n’est pas ce que je me suis dit cette semaine. Ce sont juste des faits de carrière, des choix qui sont faits en votre faveur ou votre défaveur. Je me suis juste mis dans l’état d’esprit de jouer le double le mieux possible avec Nico », assure celui qui pourrait bien jouer le dernier match de sa carrière ce samedi.

De quoi faire remuer d’autres émotions. « Ça peut être le dernier match de sa carrière, ça peut être symbolique de l’avoir à mes côtés. Je sais tout ça mais je le mets de côté pour rapporter ce point. Evidemment, émotionnellement, le fait de savoir ça, c’est quelque chose de supplémentaire », avoue Mahut, qui rêve d’un grand baroud d’honneur avec son pote de toujours. Pour le meilleur et pour le pire.