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Quand « Ti’ Franck » devient « Kaiser Franck »

Quand « Ti’ Franck » devient « Kaiser Franck »

EURO – Le nouveau patron des Bleus s’appelle Ribéry…
Antoine Maes

Antoine Maes

Franck Ribéry a 25 ans, mais il a déjà connu plusieurs vies. Il a été un bon joueur de National (à Brest). Un taulier de la L1 (à Marseille). Une star en Turquie (au Galatasaray). Le voilà à deux doigts de s’affirmer comme le patron des Bleus. «Quand je vais en équipe de France, je me sens beaucoup mieux qu'avant, aussi bien sur le terrain qu'en dehors. J'ai plus de responsabilités. On peut dire que je suis l'un des patrons» expliquait-il récemment dans Le Parisien.

Ses propos en ont fait tiquer plus d’un. Surtout parce que s’affirmer comme «le successeur» de Zinédine Zidane n’est pas une preuve immense de modestie. Lui-même en est conscient. Mais Franck est comme ça, il ne «calcule pas trop». On va le faire pour lui.

«Comme si nous avions gagné au loto»

Thierry Henry dans le dur à Barcelone, Karim Benzema toujours en L1, la France, orpheline de Zidane, se cherche un nouvel emblème. Franck Ribéry est disponible. Il fait pleurer maman avec sa cicatrice due à un accident de voiture à deux ans. Le fiston l’adore, normal, comme Ribéry, son film préféré, c’est Scarface. Et papa retrouve le goût de ses «vertes» années en regardant les résumés du Bayern Munich.

C’est qu’à force de filer des torticolis à toute la Bundesliga, l’Allemagne l’a baptisé «Kaiser Franck». Le véritable «Kaiser», Beckenbauer, l’a d’ailleurs adopté. «Quand nous l’avons engagé, c’est comme si nous avions gagné au loto». Les Bleus espèrent toucher eux l’Euromillions.
Des signes qui trompent

Raymond Domenech a commencé à l’installer dans l’axe de l’équipe de France dans un match décisif pour la qualification à l’Euro contre la Lituanie (2-0), en octobre dernier. La Beaujoire avait déjà vécu ça. En 1995, une victoire face à la Slovaquie (4-0) avait permis aux Bleus de s’éclaircir la route vers l’Euro 96.

Ce soir-là, Zidane avait pris le pouvoir sur le jeu des Bleus, comme Ribéry face aux Lituaniens. Ne cherchez pas plus loin, les comparaisons s’arrêtent là. Zidane a couvé deux ans sous l’aile d’Aimé Jacquet avant d’éclore en compétition. Ribéry a été parachuté en sélection par Domenech 15 jours avant la Coupe du monde 2006. Zidane a traversé l’Euro 1996 comme un fantôme. Ribéry, titulaire dès le premier match, contre la Suisse (0-0), a égalisé contre l’Espagne en 8e (3-1).

«Il marquera les esprits à chaque fois qu'il sera sur un terrain. Il devient quelqu'un d'important» soulignait le maître au moment de sa sortie.
Finalement, c’est bien ça que Ribéry est en train de devenir: celui dont on attend ce que plus personne n’espère sur un terrain.