Equipe de France: Pas de champions du monde dans la liste des meilleurs joueurs de l’année, une insulte faite aux Bleus?

FOOTBALL Deschamps n’a pas apprécié qu’aucun Tricolore ne soit sur le podium dévoilé par la Fifa...

J.L.

— 

Didier Deschamps et Antoine Griezmann lors de l'entraînement de l'équipe de France à Kazan, le 15 juin 2018.
Didier Deschamps et Antoine Griezmann lors de l'entraînement de l'équipe de France à Kazan, le 15 juin 2018. — FRANCK FIFE / AFP

Petit bronzage de saison juste ce qu’il faut pour pas dégoûter le quidam qui fait sa rentrée, et sourire sincère. Deschamps était heureux comme un môme qui retrouve les copains à la cour de récré de Clairefontaine, mais il a quand même blêmi au moment où on l’a rencardé sur le programme des cours de maths. Aucun français dans la liste des trois meilleurs joueurs de l’année dévoilée presque concomitamment par la Fifa, sorte de prise de pouls informelle avant le Ballon d’Or en décembre. Deux vainqueurs de la C1 (Modric et Ronaldo) et le meilleur joueur de Premier League (Salah), mais pas un champion du monde. Au hasard un type meilleur buteur de l’équipe de France et vainqueur de la Ligue Europa, un certain Antoine Griezmann.

Un titre dévalorisé

Réaction courroucée de la Dèche, qui demande même plusieurs fois confirmation (« Ah bon ? C’est sûr, c’est officiel ? il y a pas mes joueurs » ?) : « Je n’aime pas réagir à chaud. Comme je l’ai déjà dit avant. Un Français l’aurait bien mérité. Pas uniquement par rapport au titre de champion du monde mais par rapport à la saison qu’ils ont fait. Je suis déçu pour eux. Ils méritaient d’au moins faire partie des trois. » Un peu plus que de la déception de circonstance. Presque le devoir de défendre un titre mondial qu’on sent déjà dévalorisé, que ce soit dans sa richesse collective (cf les critiques sur le jeu restrictif des Bleus) ou dans ses réussites individuelles, notamment celles de Grizou, Mbappé ou Varane. Les types ont tout gagné cette saison, du moins assez gagné en club pour que la Coupe du monde ne soit pas juste un gros baobab au milieu de la steppe, et pourtant, on sent comme un courant contraire qui les éloigne des récompenses individuelles.

Le meilleur gardien de la Coupe du monde? Courtois, et pas Lloris, décisif dans presque tous les matchs de la campagne russe. Le meilleur joueur ? Modric, parce qu’il est beau à voir jouer, et que c’est faire preuve de mansuétude que de réserver un accessit aux perdants magnifiques. En toile de fond, la course au Ballon d’Or, que le monde entier a envie de voir filer ailleurs que dans l’estomac replet de Messi ou CR7, et les balbutiements d’un lobby pro-Modric, signe que la Ligue des champions est devenue plus importante que la Coupe du monde, une idée qui a du mal à emporter notre adhésion, pour le dire aimablement.

Au moins une récompense pour Deschamps ?

On se fout du Ballon d’Or, qui va à l’encontre même des principes collectifs particulièrement bien incarné par l’équipe de France l’été dernier ? On s’en fiche un peu moins si c’est une récompense qui vise à refaire de la conquête de la Coupe du monde l’élément central d’une carrière. Autre phrase de Deschamps à méditer, quand on lui parle de l’Allemagne et des Pays-Bas, prochains adversaires en Ligue des nations. « Ce sont des matchs de prestige avec un statut qui est le nôtre. Nos adversaires vont rencontrer l’équipe championne du monde. Le regard, l’attente, tout change. Mais je ne trouve pas ça gênant ».

Message de service. La France est championne du monde, pas la Belgique, pas la Croatie, pas Cristiano Ronaldo, encore moins Lionel Messi. Il s’agirait que le monde commence à s’y faire et à reconnaître ses mérites. Partant de là, élire Deschamps meilleur entraîneur de l’année plutôt que Zidane ou Dalic, ses concurrents, contribuerait à éclaircir la tonalité du message général. A moins qu’on ne soit pas d’accord sur le message, ça va de soi.