Un an de foot en France: tentative de bilan
FOOTBALL•Pour la Ligue 1, c’est l'heure des bilans…Matthieu Goar
Lyon champions sur le fil, Bordeaux plus que prétendant
Lyon a connu sa saison la plus difficile depuis le début de son règne sur le football français. Inconstant, pas toujours solide derrière, batailles de pouvoirs en coulisse et sautes d’humeur sur le terrain, le Lyon qu’on dit vieillissant a montré de vrais défauts de jeunesse. Heureusement que Karim Benzema était là pour planter les buts qu’il fallait, notamment lors de la 38e journée en ouvrant le score au bout... de 10 secondes. Dans l’ombre une bonne partie de la saison, les Girondins ont plus qu’affirmé leurs prétentions sur le championnat de France. Emmené par un Laurent Blanc qui a su mettre en place un jeu séduisant pour sa première saison en tant qu’entraîneur, le club bleu marine est redevenu un grand de France.
Les gros clubs au tapis
Trois des plus gros budgets de la Ligue 1, Lens, PSG et Monaco ont vécu une saison en enfer. C’est particulièrement vrai pour les Lensois, relégués en Ligue 2 et les Parisiens, sauvés au bord du gouffre qui ont connu toute la typologie des crises envisageables pour un club de football: changement d’entraîneur (Guy Roux remplacé par Jean-Pierre Papin), démission du président (Alain Cayzac qui laisse sa place à Simon Tahar), énervement des supporters (banderole, camp des loges, etc), et tutti quanti… Ennuyeux dans le jeu et abonné à la deuxième moitié du classement de Ligue 1, Monaco, prétendant proclamé au titre, doit également oublier cette saison.
L’éclosion des nouvelles stars
Karim Benzema, Hatem Ben Arfa, Mathieu Valbuena, Steve Mandanda… Face au très relatif déclin de certaines stars comme Juninho et Pauleta, les jeunes ont apporté un vent de fraîcheur au championnat de France. En comptant Samir Nasri, un peu en retrait cette saison, la génération 87 n’a pas fini de faire parler d’elle et de faire rêver les fans de foot.
La réussite contrastée des quadras
C’est l’un des faits remarquables de la saison 2007-2008. La génération des entraîneurs quadragénaires a pris le pouvoir dans de nombreux clubs. Au bout de 38 journées, leurs parcours sont contrastés. Citons le «président», Laurent Blanc, qui a su imposer son management aux Girondins et les emmener en haut du classement, ainsi que Pablo Correa, entraîneur dont la passion a poussé les Nancéiens jusqu'au bord du podium de la Ligue 1. A noter également la réussite de Franck Dumas, 10e avec Caen. De l’autre côté du miroir, Frédéric Hantz, obligé de démissionner du FC Sochaux dès le mois de décembre et Jean-Marc Furlan, qui descend avec Strasbourg.
Racisme et prétoires
L’un des points noirs de la saison où le supporter moyen a plus entendu parler de la commission de discipline de la LFP que de ciseaux retournés. Banderole raciste à Bastia, affaire Ouaddou à Metz, banderole du Stade de France (même si cela concernait la Coupe de la Ligue et non le championnat), récriminations de Nancy contre Bordeaux, interdictions de stades, etc. Faudra-t-il dorénavant devenir juriste pour comprendre les subtilités du championnat de France?
L'éternelle rengaine du niveau de jeu
Comme tous les ans, les observateurs se sont gaussés du niveau de jeu faiblard de notre championnat. Au vu des piètres performances de nos clubs en Coupe d’Europe, difficile de prétendre le contraire. L’OM s’est toutefois fait sortir de l’UEFA par le Zenit, vainqueur de la compétition et Lyon par Manchester, l’un des finalistes de la ligue des champions (contre Chelsea, mercredi 21 mai, un match à suivre évidemment en live comme-à-la-maison sur 20minutes.fr). Et même si la peur de perdre est une valeur bien partagée par les clubs français, la deuxième moitié du championnat a réservé aux supporters de beaux matchs, parfois haletants (43 buts sur la dernière journée) avec un niveau homogène qui n’est pas celui des cadors européens, mais qui n’est pas non plus totalement honteux au vu des moyens des clubs. Et si on arrêtait de comparer Nancy-Rennes à Arsenal-Liverpool?


















