Mondial 98: «Ma vie a basculé avec ce match», Zidane revient sur France-Brésil

FOOTBALL Double buteur face au Brésil, l'ancien numéro 10 des Bleus s'est confié à L'Equipe à l'occasion des 20 ans de cette victoire historique...

N.C. avec AFP
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Zinédine Zidane, coach du Real Madrid, le 6 mai 2018.
Zinédine Zidane, coach du Real Madrid, le 6 mai 2018. — Manu Fernandez/AP/SIPA

Marquer un doublé en finale de Coupe du monde... Le rêve de tous les gosses qui aiment le foot, lui l'a réalisé. « C’est sûr que ma vie a basculé avec ce match (France-Brésil, 3-0). Je suis devenu le joueur qui a marqué l’histoire du football français », a confié Zinédine Zidane dans un entretien à L'Equipe jeudi, à l’occasion des 20 ans du sacre de l’équipe de France lors du Mondial 1998.

Interrogé pour savoir s’il avait mesuré immédiatement l’impact que pouvait avoir son doublé en finale de la Coupe du monde 1998 sur la suite de sa carrière, « Zizou » a répondu : « Je ne le sais pas à ce moment-là. Mais c’est sûr que ma vie a basculé avec ce match. Je suis devenu le joueur qui a marqué l’histoire du football français. C’est vrai, il faut se le dire. Les gens ont changé avec moi, leurs regards, je le ressentais à chaque fois que je croisais quelqu’un. C’était vraiment beau… »


Après un début de tournoi décevant marqué par une exclusion en phase de poules contre l’Arabie Saoudite, le N.10 est entré dans la légende du foot français en se montrant décisif au meilleur moment pour battre le tenant du titre brésilien, et offrir à l’équipe de France le premier sacre mondial de son histoire.

« Les jours avant la finale, Aimé Jacquet a mis l’accent sur les corners : "Zizou, je sais que le jeu de tête n’est pas obligatoirement ton point fort mais ce Brésilien il fait 1,70 m (Roberto Carlos, 1,68 m), celui-là, à peine plus (Leonardo, 1,75 m), donc je te garantis que si tu y vas avec conviction tu peux faire quelque chose". Et ça s’est passé comme ça. Manu (Petit) tire le premier corner de la droite, Youri (Djorkaeff) le deuxième, de la gauche, et je me suis retrouvé à chaque fois seul ou avec l’avantage de la taille », s’est remémoré « ZZ ».

« Dommage de ne pas avoir surfé sur cet élan »

Qu’a-t-il ressenti au moment de marquer ces deux buts historiques ? « Sur le premier but, je sens une forme de tension, je ne suis pas obligatoirement content, d’ailleurs, ça se voit, je ne souris pas », raconte-t-il. « Par contre, sur le deuxième, je me libère. C’est une joie énorme. Je me dis : "Ah ouais, tu as marqué en finale et, en plus, deux buts. Il y a 2-0, il reste cinq minutes avant la mi-temps, c’est pas mal engagé cette histoire." »

Symbole de la France « black-blanc-beur » triomphante, Zidane a regretté que l’élan populaire suscité à l’époque n’a pas été suivi d’effets plus concrets « à tous les niveaux » de la société.


« Ce qui a été dommage à tous les niveaux, c’est de ne pas avoir surfé sur cet élan sincère, de ne pas avoir profité de cette Coupe du monde, de cet engouement des gens, de ce mélange car là on pouvait parler de ça ! », a-t-il déploré. « On n’avait jamais vu ça avant à part lors de la Libération (en 1945) mais ce n’était pas vraiment la même chose… Là on parle d’un événement sportif qui amène des gens à faire la fête dans la rue avec n’importe quelle personne, on n’a pas su profiter de tout cela ».

« Quand je dis à tous les niveaux, je pense à l'équipe de France, à toutes les sélections, à la fédération, c’est là qu’il fallait enfoncer le clou. Il fallait en profiter pour faire grandir notre football », a-t-il ajouté.