Roland-Garros: «Jouer Rafa sur le Chatrier, ça serait le défi ultime», rêve Lucas Pouille

INTERVIEW Lucas Pouille entre en lice dimanche, et son Roland-Garros idéal ressemble à ça…

Propos recueillis par Julien Laloye

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Lucas Pouille, en mode revers
Lucas Pouille, en mode revers — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

Débarquer à Roland-Garros avec seulement trois succès sur terre battue (dont deux en Coupe Davis) dans le sac et rester serein malgré tout, c’est possible. Surtout si on s’appelle Lucas Pouille. Le Français aborde la deuxième levée du grand chelem avec peu de références en compétition mais de bonnes sensations. « Je me sens bien à l’entraînement, donc voilà. A Rome c’était mieux même si je suis tombé sur un très bon Kyle Edmund [défaite au 2e tour en trois manches]. Mais je me sens très bien et prêt à commencer », a-t-il confié à 20 Minutes.

Et ce n’est pas la pression inhérente à son statut de numéro un français qui semble le perturber plus que cela (« la pression sera identique par rapport aux autres années. Je pense pas que l’attente soit différente »). Du coup, on a profité de la bonne humeur et de l’optimisme du bonhomme pour lui demander de nous dresser le portrait de son Roland idéal, celui où il soulèverait la coupe des Mousquetaires au troisième dimanche. Quitte à la jouer « verre à moitié plein », autant aller au bout des choses, non ?

Le court idéal pour ta victoire à Roland ?

A n’importe quel tour, le Philippe-Chatrier. Parce que pour moi il y a une atmosphère particulière, même si sur tous les courts il y a une super ambiance. Mais pour moi, rentrer sur ce court c’est la plus belle chose qui soit à Roland.

Souvent les Français préfèrent le Lenglen, Richard Gasquet par exemple, parce qu’il trouve que le public est plus près…

Ouais, mais le Chatrier aussi il est chaud et puis le court en lui-même, je le préfère. La taille joue peut-être, le court est plus grand et c’est aussi sur ce court que j’ai vu les plus grands matchs.

Si tu devais en citer un parmi ces grands matchs ?

Déjà, c’est là que j’ai vu toutes les victoires de Rafa à Roland, et puis le fameux match de Polo (Paul-Henri Mathieu) contre lui c’était sur ce court et sur cette rencontre il se passe quelque chose d’incroyable.

Une température idéale ?

Quand il fait 25 degrés sur ce tournoi, c’est parfait. Quand il commence à faire très chaud c’est vrai que c’est dur de respirer. Donc un petit 25 degrés ensoleillé c’est super.

Parfois c’est un peu électrique, il va pleuvoir, ça se charge. Contre Ramos l’année dernière c’était un peu comme ça…

Oui, l’air était humide, il avait plu le matin. Le court était gras donc t’es un peu dans la bataille parce qu’il fait humide, t’es trempé, la balle part moins et donc c’est parti pour un long match.

Lucas Pouille
Lucas Pouille - Adidas

Un adversaire ?

Jouer Rafa sur le Chatrier, ça serait forcément le défi ultime.

Ça fait pas peur un peu, Rafa sur le central ?

Non, ça fait pas peur et au contraire c’est le défi que tous les joueurs veulent relever.

A quelle heure dans la journée ?

Quand il y a du monde. Pas à midi, pas à 13h… Vers 15h, 16h. 15h30 c’est parfait. Le temps de pouvoir le finir dans la journée quand même et le temps que les gens arrivent en tribunes.

Un coup gagnant pour sauver une balle de match ?

Un passing bout de course, comme ça les gens se lèvent.

Et un coup gagnant pour la balle de match en ta faveur ?

Un ace. Comme ça t’as pas à jouer le coup derrière (il sourit).

Ton tableau de rêve pour gagner Roland-Garros ?

Il y a pas de tableau de rêve, tous les joueurs sont durs à battre. Je regarde jamais le tableau, en tout cas pas plus loin que le joueur que je vais jouer. Je regarde pas « si tu gagnes tu le joues lui, si tu vas en quarts tu affronteras lui ». Les journalistes font ça, oui. Il peut se passer tellement de choses, la tête de série numéro une peut rencontrer la tête de série numéro quatre en quarts… Mais avant ça, il y a quelques matchs à gagner.

Tu as demandé à jouer dimanche, c’est pour une raison particulière ?

Non, si ce n’est que j’estime que c’est le premier jour du tournoi et que c’est dimanche donc les gens viendront pour voir des matchs. Et puis aussi car je sais, je suis quasiment sûr que je vais jouer ce jour-là donc je pourrai adapter ma préparation en fonction de ce jour-là.

Il y a un chant d’encouragement que tu aimes entendre à Roland ?

(Il réfléchit) Je n’en ai pas un en particulier. J’aime bien quand tout le public se met à crier mon nom et est debout pour m’encourager au taquet. Et je préfère quand les gens crient mon prénom que mon nom.

Qui dans ton box pour voir ta victoire à Roland-Garros ?

L’entraîneur, c’est inévitable parce qu’il est là quoi qu’il arrive, et ma famille.

Quelle personnalité dans les tribunes pour assister à ta victoire ?

Stephen Curry, ça me permettrait peut-être de le rencontrer. Pour le moment il est un peu occupé mais faut faire attention parce que ça peut se terminer. Et sinon Leonardo Di Caprio parce que c’est mon acteur préféré. Bradley Cooper, je sais qu’il était là l’année dernière mais je ne l’ai pas vu.

Et Nicole Kidman, ça t’a rien fait ?

J’étais plus là. Elle était venue pour la finale je crois.

Non, elle était là un peu avant aussi…

Non mais un peu avant j’étais plus là non plus (il se marre).

Tony Estanguet et une fan
Tony Estanguet et une fan - David Niviere/SIPA

Un commentateur pour commenter ton match. Pour commenter ton passing gagnant ?

(Il hésite) Plutôt Thibaut Le Rol.

Une célébration quand t’auras battu Rafa en cinq sets à Roland ?

Ça va te décevoir mais je ne prépare pas mes célébrations. Je me dis pas « si je gagne ce match je vais tirer la langue ou m’allonger par terre », c’est pas un truc que je prévois. Certains joueurs le font mais moi je n’ai pas encore ça. La dernière fois contre Rafa à l’US Open j’ai tiré la langue. Ça vient naturellement, ça vient du contexte. C’est sûr que si tu finis sur une volée plongeante ou si tu finis sur un passing, une faute ou même une double faute de l’autre c’est pas la même célébration donc c’est quelque chose qui vient pour moi instinctivement.

Une chanson avant de rentrer sur le court ?

Je suis pas vraiment quelqu’un qui écoute sa musique avec le casque au taquet. Après, j’aime bien écouter Guns & Roses, un des groupes que j’adore. Mais plus en Coupe Davis, il y a l’enceinte dans le vestiaire, je m’échauffe et en avant !

Si tu devais choisir un selfie en cas de victoire à Roland, avec qui ?

Toujours avec Stephen Curry et Leonardo Di Caprio.