Coupe du monde 2018: Postes doublés, Payet oublié, Rabiot sanctionné, les explications de DD sur ses principaux choix

FOOTBALL Le sélectionneur a livré une liste des 23 surprenante à certains égards…

N.C et J.L.
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Payet et Deschamps, un couple qui traverse des heures difficiles.
Payet et Deschamps, un couple qui traverse des heures difficiles. — FRANCK FIFE / AFP

Il a observé, analysé, discuté de longues heures avec son staff, et puis tranché. Didier Deschamps a levé le voile sur sa liste, ce jeudi. Après avoir divulgué les noms lors du 20 Heures de TF1, il est venu s’expliquer sur ses choix en conférence de presse.

La construction de la liste. Deschamps le répète depuis qu’il est en poste, il ne choisit pas les 23 meilleurs mais les 23 qui « pourront aller le plus loin ensemble ». Et puis il a, comme à son habitude, doublé tous les postes pour pouvoir jouer en 4-4-2 comme en 4-3-3, ses deux schémas de base. « Je veux qu’on soit capable d’évoluer dans différents systèmes, avec des associations différentes », a-t-il dit. C’est en attaque que ça a été le plus compliqué de choisir. « Fékir se rapproche du profil de Griezmann, derrière Giroud on a Mbappé que je considère comme un attaquant axial. C’est dans cette position qu’il a marqué en Russie ». Et voilà pourquoi Lacazette n’y est pas, par exemple.

Les choix forts. Leur présence est méritée au vu de leur saison, mais elle était loin d’être gagnée. Fekir et Thauvin seront du Mondial. Le Marseillais, notamment, aurait pu payer sa mauvaise habitude d’être discret quand le niveau s’élève et de n’avoir encore rien montré en Bleu. « Non ce n’est pas un pari, a tranché DD. Il a un profil spécifique sur son côté droit, et puis son caractère et son attitude dans le groupe sont exceptionnels. » Hernandez a lui été préféré à Digne. « Je l’avais pris en mars, ce n’était pas pour rien », a justifié le sélectionneur, qui a beaucoup aimé son match mercredi.

Rendez-vous le 4 juin. DD a choisi d’appeler Benjamin Mendy, qui se remet juste d’une grave blessure, et Sidibé, dont la présence était compromise. « ll y a un risque, a-t-il concédé. On va essayer d’avoir plus de certitudes pendant la préparation. » Le sélectionneur devra donner sa liste définitive le 4 juin à midi. Si ces deux joueurs n’ont pas montré de garanties, ou si un autre se blesse, il pourra piocher parmi les 11 réservistes, à qui il a demandé de se tenir prêt, même s’ils ne viendront pas à Clairefontaine.

Des absents de marque. C’est toujours la même histoire, mais ce coup-ci, franchement, il y en a quelques-uns qui ont dû tomber de l’armoire. Payet, évidemment, mais il devait le voir venir depuis qu’il a senti sa cuisse grincer à nouveau en finale de la Ligue Europa. Lacazette, un peu, mais l’attaquant d’Arsenal sait depuis longtemps que son profil ne fait pas lever Deschamps la nuit.

En revanche, Lucas Digne et Rabiot ont dû avoir un haut-le-cœur. L’arrière-gauche parisien était là en 2014 et en 2016 sans qu’on sache pourquoi, et maintenant qu’il avait enfin réussi à convaincre, il se retrouve écarté au profit de Lucas Hernandez, au nom « d’un profil différent », comprendre plus défensif. Pour Rabiot, il y a une certaine forme de logique : le milieu parisien n’a ébloui personne en bleu, et il n’a jamais mis de bonne volonté à jouer sentinelle : « Ses prestations en sélection ne sont pas du même niveau que celles qu’il peut avoir en club », a résumé le sélectionneur. Cristallin.