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Parcours de la torche olympique: San Francisco va-t-elle s’enflammer?

Parcours de la torche olympique: San Francisco va-t-elle s’enflammer?

FLAMME OLYMPIQUE – Le symbole des JO doit effectuer son parcours dans San Francisco mercredi. Le CIO et la Chine craignent plus que jamais que son passage soit une nouvelle fois perturbé par des manifestants…
Avec agence

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Après Londres et Paris, la flamme olympique va découvrir mercredi l’Amérique en se frayant un passage à travers les rues de San Francisco, sous haute surveillance. Les autorités craignent en effet des incidents à l’image de ce qui s’est passé en Europe. D’autant qu’un tiers des 7 millions d’habitants de San Francisco est d’origine asiatique. Le quartier hautement symbolique de Chinatown a ainsi déjà été exclu du trajet prévu. Un trajet qui n’existe plus qu’en théorie. «L'itinéraire n'est pas fixé. Il continuera de changer tout le temps jusqu'à ce que la flamme soit passée», a prévenu le maire Gavin Newsom qui a mis en place une très forte présence policière sur le parcours depuis qu’il a vu les images de Paris et de Londres.

Plusieurs organisations ont d'ores et déjà annoncé leur intention de manifester. La plupart d'entre elles affichent la volonté de le faire sans perturber l'évènement mais elles soulignent aussi l'impossibilité de contrôler des initiatives individuelles. Save Darfur Coalition, Amnesty International ou Students for Tibet ont ainsi appelé leurs militants à ne pas tenter de barrer le parcours, mais «nous ne pouvons pas arrêter un individu qui veut le faire», a estimé Thupten Tsering, l'un des coordinateurs de Students for Tibet en Californie. Lundi, trois militants pro-Tibet étaient parvenus à se hisser sur des haubans du Golden Gate et à y déployer des banderoles.

La flamme continuera son tour du monde

Le CIO doit se réunir aujourd’hui à Pékin, alors que la rumeur avait pris de l’ampleur mardi dans la journée, sur un éventuel arrêt du parcours de la flamme olympique. Interrogé sur France 3, Jacques Rogge, le président du Comité international olympique (CIO) a déclaré ne pas l’envisager: «Il n'y a pas de discussion dans ce sens-là.»

Jacques Rogge est également sorti de sa réserve en s’exprimant pour la première fois mardi sur les événements du Tibet. «Nous avons exprimé très clairement aux Chinois que la violence n'était pas compatible ni avec la tenue des Jeux Olympiques, ni avec l'esprit olympique. Ils le savent très bien», a-t-il affirmé. Par contre le président du CIO s’est montré plus circonspect à l’égard des sportifs qui exprimeront leurs opinions personnelles lors des Jeux: «Si nous ouvrons la boîte de Pandore, si nous laissons tout le monde affirmer ses convictions politiques, à ce moment-là, nous allons tuer les Jeux olympiques.»

Les Chinois craignent des «sabotages»

Les autorités chinoises semblent, elles, très mal prendre les manifestations qui accompagnent le passage de la flamme, comme le prouve la terminologie employée par le régime. Mercredi matin, la Chine a ainsi affirmé s'attendre à des «actes de sabotage» de la part des «indépendantistes» tibétains lors du passage de la flamme olympique au Tibet. Diplomatie oblige, les autorités ont été beaucoup plus mesurées avec la France et Londres. Certains journaux pékinois ont néanmoins évoqué l’incompétence de la police française. Ce sont pourtant les hommes de Pékin en survêtements bleu et blanc chargés de surveiller la flamme qui sont contestés à travers le monde. Sebastian Coe, l'organisateur des JO de Londres de 2012, les a traîtés de voyous et l'Australie vient d'annoncer qu'elle souhaitait se passer de leurs services.

Avant d’arriver à Pékin au mois de juin, la flamme olympique doit couvrir une distance record dans l'histoire des JO: 137.000 km à travers 19 pays, plus la Chine. Après San Francisco, la flamme est attendue à Buenos Aires, au Pakistan, en Inde, en Indonésie, en Australie, au Japon et à Hong Kong.