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Les débats deviennent explosifs après le passage de la flamme olympique à Londres

Les débats deviennent explosifs après le passage de la flamme olympique à Londres

JOMême le président du Comité international olympique, discret jusqu’à présent..
20 minutes avec agence

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Au lendemain du passage mouvementé de la flamme olympique à Londres et quelques heures avant son périple parisien, les prises de position se multiplient dans le monde politique et sportif. La plus importante est dans doute celle du président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge. Il a appelé ce matin Pékin à une résolution pacifique de la crise au Tibet. «Quelle que soit la raison, la violence n'est pas compatible avec les valeurs de la flamme olympique ou des jeux Olympiques», a affirmé Jacques Rogge. Cette déclaration marque un revirement dans la politique du CIO qui avait jusqu’ici refusé de s’exprimer sur les troubles qui se sont déroulés au Tibet ces derniers mois.

Les Chinois, eux ne décolèrent pas. «Un petit nombre d'éléments favorables à l'indépendance du Tibet ont cherché à perturber la transmission de la flamme sacrée des Jeux olympiques à Londres», a déclaré un responsable chinois cité par l'agence de presse officielle Chine nouvelle. «Nous condamnons vivement ce vil comportement.»

Hier, lors du parcours de la flamme à Londres, au moins 35 personnes ont été arrêtées et le cordon de police qui entourait la flamme a dû la mettre à l'abri d'un bus à impériale pour empêcher une centaine de manifestants de s'en emparer.


Revivez cette journée mouvementée en vidéo :

Le monde sportif se divise

Certaines personnalités du monde olympique saluent pourtant encore ce matin le fait d’avoir attribué les JO à la Chine. Ainsi Jean-Claude Killy, membre français du CIO et président de la commission de coordination des Jeux Olympiques d'hiver de 2014 à Sotchi, a déclaré: «Le courage d'avoir attribué les Jeux à la Chine est une bénédiction, notamment pour les Tibétains. Une médiatisation pareille est spectaculaire. Les lumières sont allumées sur le Tibet.» Opposé au boycott, Jean-Claude Killy a affirmé que «la Chine est un pays qui connaît une vraie évolution et à mon avis, modestement, en direction de la démocratie. L'attribution des jeux à Pékin accélère le processus.» Même position pour l’Espagnol Juan Antonio Samaranch, ancien président du Comité international olympique. Dans une interview au quotidien espagnol «El Pais», il estime que la Chine - dont il a appuyé la candidature - «sera beaucoup plus ouverte» après les JO.

Contrairement à une opinion répandue dans le monde sportif, le quotidien «L’équipe» rappelle dans son édition de lundi son opposition initiale à l’attribution des Jeux à la Chine et regrette la solitude des sportifs face à cette décision et à ses conséquences. Une analyse partagée par l’ancien champion olympique de judo, David Douillet: «Jusqu'à maintenant, il n'y a que les athlètes qui sont montés au créneau. Il était temps que le CIO réagisse», a déclaré le champion, également président de la Commission des athlètes du CNOSF (Comité national olympique et sportif français).

Presse occidentale contre presse chinoise…

Dans les médias, le traitement du passage de la flamme en Europe est symptomatique de cette divergence d’opinions. Ainsi, tandis que certains médias officiels de la Chine se sont insurgés dans leur édition de lundi sur les «graves troubles» provoqués par «quelques indépendantistes tibétains» (l’autre moitié des médias chinois gardant purement et simplement le silence), l’ensemble de la presse britannique a qualifié les mêmes événements de «victoire des idéaux démocratiques».

Le débat s’anime également dans les colonnes de nos journaux ce matin. Sur la une de «Libération», les anneaux olympiques sont remplacés par des menottes, surmontées du titre «Libérez les JO». Le journal catholique «La Croix» se demande, lui, ce «que valent ces actions (contre la flamme), si les États ne font rien?»