JO 2018: «Ça libère vraiment quelque chose»… Avec l’argent, Pinturault se déleste d’un énorme poids

JEUX OLYMPIQUES Alexis Pinturault n'a pas craqué sous le poids des attentes. Costaud, le gaillard...

William Pereira

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Alexis Pinturault a décroché l'argent sur le super-combiné
Alexis Pinturault a décroché l'argent sur le super-combiné — Christophe Ena/AP/SIPA

De l’un de nos envoyés spéciaux, à Pyeongchang,

Les zones mixtes en presse écrite sont rarement des grands moments de spontanéité humaine. Avant de nous atteindre, Alexis Pinturault avait déjà parlé à 178 télés, 36 radios, pris place sur le podium de la cérémonie des fleurs et uriné dans un bocal sous une tente pour le contrôle anti-dopage. Pour autant et même si ce n’était pas l’effusion du siècle, le médaillé d'argent olympique du combiné alpin avait la banane et envie de parler. Il en avait besoin, même. On le comprend. Comme on l’avait expliqué un peu plus tôt, Pintu jouait gros sur le dernier combiné alpin des Jeux olympiques - qui sera absent dès les JO 2022.

« J’étais bien. Stressé, bien entendu, mais bien. Notamment avant la descente ou j’étais plus stressé qu’avant le slalom parce que c’était une journée délicate avec le vent, le parcours rabaissé la descente pour éviter les gros sauts. C’était une situation assez difficile à gérer vis-à-vis de tout ça, du temps et de l’atmosphère. Évidemment qu’il y a une part de stress, on est aux JO, je savais que j’étais un gros candidat à la médaille donc il fallait gérer et faire la part des choses dans le sens où il fallait rester concentrer sur ce que j’avais à faire, resté concentré sur l’aspect technique et ne pas penser à autre chose. »

Et donc oublier son dernier mois janvier inquiétant, ses résultats décevants dans sa discipline favorite. Penser aux baleines d'Okinawa​, à la rigueur. « Les baleines, ça a l’air d’être le bon plan. C’était quelque chose que je n’avais jamais fait. C’est ressourçant. Janvier c’est un mois qui met la tête au fond du saut. Donc c’était bien pour moi de sortir de ce contexte et de voir autre chose », a-t-il analysé.

La tête légère pour le Géant

Ce qui est sûr, c’est que la Pinture est désormais rassuré. Il n’a pas failli lors d’un événement majeur comme cela a été si souvent le cas. Fabien Saguez, DTN : « Alexis, il est très heureux parce qu’enfin il revient aux affaires. Ça fait quelques semaines que c’était difficile, tout le monde l’a vu et je pense que ça va lui faire un bien fou. » Il n’y a qu’à voir la manière dont il est tombé dans les bras de Martin Hager, l’entraîneur personnel débauché par son sponsor, pour comprendre son soulagement.

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« L’émotion, elle est inquantifiable. Bien sûr, moi j’ai encore une très belle cartouche qui est le géant mais automatiquement quand on arrive aux Jeux et qu’on a déjà une médaille sur la première épreuve, je pense que ça libère vraiment quelque chose, bien sûr faut pas oublier les fondamentaux et bien skier. Mais bon voilà, moi j’en ai une alors que d’autres n’en ont pas quoi, si on peut dire les choses comme ça. »

On peut dire les choses comme ça, oui. Et on peut aussi dire qu’on a envie de voir le skieur de 26 ans aller chercher une autre médaille olympique, pour se détendre encore un peu plus, et pourquoi pas lancer une dynamique qui lui permettrait d’être enfin régulier. Il a commencé par le bronze, aujourd’hui l’argent. La prochaine sera logiquement d’or. On peut rêver, non ?