JO 2018: Une bidouille pour sauver les pieds de Fourcade, Bescond qui regarde la course aux toilettes... La folle nuit du biathlon français

BIATHLON On vous raconte tout ça vu des coulisses, en trois anecdotes...

Jean Saint-Marc

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Gros champion, gros câlin.

Gros champion, gros câlin. — F. Fife / AFP

  • Martin Fourcade en or, Anaïs Bescond en bronze : après des débuts difficiles, le biathlon rapporte ses premières médailles à la France, ce lundi. 
  • Les biathlètes ont connu une soirée très mouvementée, et se sont toujours croisés. 
  • On vous la raconte, de la zone mixte du site d'Alpensia au club France, siège de la délégation française.

De notre envoyé spécial à Pyeongchang (Corée du Sud),

Elle s’échappe avec un petit sourire d’excuse ! « Allez, bonne nuit ! » Il est 00h15, Anaïs Bescond quitte le club France discrètement. L’individuelle approche, elle ne peut assister à la fête de médaille de Perrine Laffont, qui, à l’étage, est en train d’offrir une douche de champagne aux huiles du sport Français venues la féliciter.

Il est 00h15, Anaïs Bescond s’échappe et Martin Fourcade approche. Les deux biathlètes se sont toujours croisés, tout au long de cette folle soirée (ici en Corée) qu’on vous raconte, en coulisses.

>> Anaïs Bescond sur la mauvaise marche du podium. Ça a échappé à pas mal d’observateurs. Mais pas aux proches d’Anaïs Bescond, présents à Pyeongchang. « Ils m’ont dit qu’il y avait eu un cafouillage à la cérémonie des fleurs, a-t-elle confié à 20 Minutes. J’ai fait ce qu’on m’a dit et je me suis retrouvée du mauvais côté du podium, sur la deuxième place ! » Pour ceux qui n’ont rien suivi, c’est bien le bronze (de la poursuite) qu’elle a autour du cou.

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Elle est hilare en nous racontant cette anecdote – les émotions de la soirée la font rire et pas pleurer, tant mieux, tant mieux. Car Anaïs Bescond a vécu la soirée la plus dingue de sa vie, « j’ai du mal à croire que des émotions aussi fortes, ça puisse exister dans la vraie vie. Avoir un enfant, peut-être ? »

>> Et pendant la course de Martin Fourcade ? « J’étais en train de faire pipi quand il a franchi la ligne ! » « C’est compliqué de tout vivre en même temps, on ne peut pas être partout » : Fabien Saguez, DTN du ski Français, nous avait prévenus. Anaïs Bescond confirme. Quand on a demandé à la biathlète normande si elle avait pu voir la course incroyable de Martin Fourcade et son titre olympique, on s’attendait à tout, sauf à ça.

« C’est un tourbillon ! Les interviews, le protocole, le contrôle antidopage… J’ai mis le doigt dans l’engrenage et je me suis laissée emporter. J’ai vite fait suivi la course de Martin depuis le contrôle antidopage. Il y avait la télé, j’ai regardé comme ça entre deux… (Silence). Je crois que j’étais en train de faire pipi quand il a passé la ligne ! »

>> La bidouille anti-froid des attachés de presse de Martin Fourcade. L’image de la soirée, c’est Martin Fourcade qui passe la ligne, le drapeau à la main. 21h32, à notre montre. Et peu avant 23 heures, il était encore en zone mixte. Et il avait froid aux pieds, collés à la neige. Son attaché de presse a eu une idée brillante : isoler les pieds en or du Catalan avec un bout de polystyrène, chouré à une télé slovaque. Ça a apparemment fonctionné.

Il était quand même éreinté quand il s’est pointé au club France, pour les derniers directs, à 2 heures du matin heure locale. « Je suis sous perfusion (sic) de l’énergie de mes proches. » Anaïs Bescond, elle, dormait sans doute déjà.