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Pourquoi Alexis Pinturault n’a pas le droit de se planter à Pyeongchang

JO 2018: Entraîneur perso, épreuve favorite et baleines... Pourquoi Alexis Pinturault n’a pas le droit à l'erreur

JEUX OLYMPIQUESLe Français est le favori de l'épreuve du super-combiné...
William Pereira

William Pereira

De notre envoyé spécial à Pyeongchang (Corée du Sud),

N’ayons pas peur de le dire : Alexis Pinturault réalise pour le moment une saison en deçà des attentes en ski alpin. Le skieur polyvalent français abordera le combiné des Jeux olympiques de Pyeongchang - si le vent le veut bien - avec seulement deux succès en Coupe du monde cet hiver, sur le Géant de Val d’Isère et le super-combiné de Bormio. Soit autant qu’avant sa médaille de bronze à Sotchi, c’est vrai.

Mais on ne peut pas s’empêcher de reste méfiant, car la star de l’alpin en France n’a toujours pas réussi à soigner sa légendaire irrégularité, celle qui fait de lui le plus grand cauchemar des parieurs sportifs (avec l’Olympique lyonnais). C’est ballot. Car cette année plus que jamais, Pinturault est attendu au tournant, et un flop à Pyeongchang fera à n’en pas douter couler l’encre sur la neige sud-coréenne. On vous explique pourquoi.

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>> Parce que le super combiné est sa discipline favorite

Certes, il n’a paradoxalement jamais gagné sur super-combiné lors des grands rendez-vous comme les championnats du monde ou les Jeux olympiques, mais si l’on décrète qu’il ne faut plus rien attendre de la « Pinture » sur cette épreuve, qu’en sera-t-il par exemple sur le géant, où la concurrence est monstrueuse cette année ? Pour ceux qui nous taxeraient de vouloir lui mettre la pression, sachez que le Français de 26 ans est d’accord avec nous. Sur le super-combiné, « l’objectif, c’est l’or ». On ne peut pas reprocher au garçon de se cacher.

>> Parce que tous les moyens ont été mis en œuvre par la FFS pour qu’il soit au top cette année

Après être passé au travers des Mondiaux de Saint-Moritz, en 2017, Alexis Pinturault avait pointé du doigt des problèmes structurels au sein de l’équipe de ski alpin français comme l’une des sources de ses malheurs. « C’est vrai que ça s’était mal passé mais ce n’était pas sportif, ce n’était pas technique, c’était plutôt tout ce qui gravitait autour… », se justifiait-il, en octobre, à l’occasion de la présentation de la délégation olympique française à Paris.

Pour faire court, le skieur alpin souhaitait plus de flexibilité pour ajuster son emploi du temps en fonction de ses contraintes médiatiques/publicitaires et la possibilité de faire un travail individuel, un peu façon Lindsey Vonn. Autre chantier, la séparation des skieurs polyvalents et des slalomeurs au sein de l’équipe de France. Autant d’exigences qui ont été respectées par la fédé française avant le début de la saison.

« « Cette année on est parti sur quelque chose de totalement de nouveau, la fédé a mis en place une nouvelle structure donc on repart sur des nouvelles bases. […] Maintenant, il y a une plus grande flexibilité pour être plus facilement détaché de ces groupes. Ça s’est ressenti en pré-saison par exemple, quand Victor [Muffat-Jendet] doit faire du slalom et que tous les autres doivent faire du géant, c’est beaucoup plus facile à faire maintenant. » »

>> Parce que son sponsor a sorti le grand jeu en lui offrant un préparateur physique

Martin Hager, de son nom. « Hager, qui est rémunéré par mon partenaire, a été présent neuf semaines sur 11 avec moi [pendant la préparation physique]. Parfois il me passait le programme à distance et je suivais les consignes mais la plupart du temps il est avec moi. Soit chez moi soit en Autriche avec Red Bull. » Pour le moment, la plus-value apportée par ce renfort au sein du staff de Pinturault reste à démontrer. Pour ne pas s’attirer les foudres du sponsor, ou tout simplement le remercier, claquer une nouvelle victoire olympique serait une bonne idée.

>> Parce que Marcel Hirscher a dit que Pinturault ferait une grosse saison

C’était dans les colonnes de L’Equipe, à l’époque où on pensait que la saison de l’Autrichien était foutue à cause d’une fracture de la malléole, et que l’année de ski alpin serait serrée et passionnante. Un grand coup de bluff d’Hirscher qui en avait profité pour mettre un gros coup de pression sur la Pinture. « Alexis Pinturault va gagner le classement général, je le sens et je le souhaite. C’est un fantastique skieur », avait dit le petit filou. Et d’ajouter : « vous, les médias français, êtes parfois durs avec lui » Pas faux. Mais on s’engage à être gentils quand il ira nous claquer une ou deux belles médailles dans le sport roi de ces JO d’hiver. On n’est jamais plus sévère qu’avec les meilleurs. Surtout quand Hirscher nous garantit au début de l’hiver que « cette fois ça peut être son année » (même si on le connaît, le Marcel, il fait ça tous les ans pour embêter not’bon vieil Alexis).

>> Parce qu’il s’est ressourcé au Japon avant les JO

Et qu’il est tout frais mentalement, grâce à ça. Voilà ce qu’il nous disait, sur son escapade nippone la semaine passée. « Le but, c’était d’abord de récupérer, de profiter un peu de la plage même s’il ne faisait pas très chaud. J’ai trempé les jambes dans l’eau… Il faisait 15 degrés dehors et l’eau était à 16 degrés… je suis allé voir pour la première fois des baleines… C’était la saison des baleines. C’était ressourçant de pouvoir faire et voir autre chose. Je voulais aussi remettre un peu de jus physiquement sur des petites journées pour arriver à Pyeongchang au meilleur de ma forme. »

Un beau moment face à la nature 🐳😁

Posted by Alexis Pinturault on Friday, February 2, 2018

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En Corée du Sud, et en dépit des conditions glaciales, c’est à corps perdu et pas seulement avec les jambes que Pinturault devra se jeter dans le grand bain. Car pour lui, les JO commenceront par le super-combiné. Pression.