PSG-Monaco: Et si c'était (presque) la naissance d'un Real-Barça à la française ?
FOOTBALL•Le PSG a enfin trouvé à qui parler...Aymeric Le Gall
L'essentiel
- La France a longtemps craint que le PSG ferait cavalier seul en tête de L1
- L’AS Monaco semble mûre pour venir concurrencer fortement les Parisiens
- Reste à savoir si les Monégasques pourront regarder Paris les yeux dans les yeux sur le long terme
L’arrivée de QSI à la tête du PSG à l’été 2011 avait fait naître pas mal d’interrogations. On se demandait si le suspense pour la course au titre n’était pas définitivement mort et enterré pour les vingt ans à venir. Et puis les Russes sont arrivés à Monaco, clamant haut et fort leur ambition de concurrencer au plus vite le monstre parisien et on a fini par se rassurer.
Il aura pourtant fallu attendre jusqu’à cette saison pour assister à un vrai duel. Voir ces deux équipes se tirer la bourre sur tous les tableaux, un peu à l’image de ce qui peut se faire en Espagne entre le Barça et le Real, nous amène à nous poser cette question : et si le PSG avait définitivement trouvé un adversaire à sa mesure ? Et si ce duel allait faire briller, au-delà même de nos frontières, la réputation d’une Ligue 1 qui en a tant besoin ?
Real-Barça, là-haut, tout là-haut
Sur la comparaison avec le Real et le Barça, évacuons tout de suite: la passion entourant la rivalité entre le PSG et Monaco n’atteindra jamais celle que l’on peut voir entre les deux grands d’Espagne. Monaco ne connaît pas une ferveur populaire similaire à celle du club parisien.
aEt puis, historiquement, il est impossible, limite insultant, de comparer le duel français à celui, électrisant, bouillant, charnel, qui règne de l’autre côté des Pyrénées. « La passion est liée à la notoriété d’un match, relève Omar Da Fonseca, consultant BeIN SPORTS. Et c’est vrai que sur ce plan-là, Monaco n’est pas encore au niveau des meilleurs clubs européens. » Pas grave. Ce n’est pas tellement ça qui nous intéresse.
La Ligue 1 leur dit merci
Ce dont on parle, c’est ce qui se dégage de cette saison, cette sensation qu’une rivalité sportive digne de ce nom est en train de naître. « Sportivement ça peut faire sens en effet, concède Ludovic Lestrelin, sociologue du sport et maître de conférences à l’Université de Caen. Mais pour comparer ça à Real-Barça, il manque l’histoire, la culture, la sociologie. »
« L’opposition PSG-Monaco est plus de l’ordre de Barça-Atlético que de Barça-Real. A savoir qu’il y a effectivement une rivalité sportive, mais ça s’arrête là », explique de son côté Vincent Chaudel, expert sport au cabinet Wavestone. Et c’est déjà pas mal. Car si jusque-là, les Monégasques avaient réussi de très belles saisons sur le plan national depuis leur retour en L1, jamais ils n’étaient parvenus à jouer le corps à corps avec Paris sur la durée (9, 12 et 31 points d’écart entre les deux équipes sur les trois dernières saisons…). Jusqu’à cette saison, donc.
De quoi relancer un peu la côte de notre championnat ? « Il est très clair qu’une rivalité sportive PSG-Monaco c’est très bon pour le foot français pour vendre le produit Ligue 1, à la fois en France mais aussi à l’international, affirme le sociologue. Donc oui, PSG-Monaco, c’est très bon parce qu’on peut raconter une histoire, construire une opposition, faire du story-telling. »
Peut-être les Marseillais parviendront-ils à se mêler à la bagarre dans les années à venir -c’est le sens dunouveau projet olympien mené par Franck McCourt et c’est aussi ce que tout le monde souhaite- mais en attendant, on prend ce qu'on a.
Monaco a réveillé la bête
Cette saison, les Monégasques sont montés si haut qu’ils ont été jusqu’à piquer l’orgueil de Parisiens, que l’on pensait pourtant imperturbables. Agacé à la veille de la finale de la coupe de la Ligue par des journalistes qui laissaient entendre que Monaco était en passe de devenir le club n°1 en France, Kevin Trapp avait tiqué : « Tout le monde nous dit qu’on n’a pas gagné contre Monaco… Mais on a l’habitude de jouer les gros matchs. On veut démontrer sur le terrain qu’on est la meilleure équipe française. »
Et c'est grosso modo la même chose dans la bouche d'Unai Emery, qui, à défaut d'avoir pu se mesurer sur la durée aux grands d'Europe, a toujours été enthousiaste à l'idée de se farcir les Monégasques.
Autre exemple, lors du dernier rassemblement de l’équipe de France, fin mars, le Parisien Presnel Kimpembe s’était fait un peu taquiner par les Monégasques Mendy, Sidibé et Mbappé. De retour dans son club, le défenseur avait répondu avec le sourire… mais aussi une vraie motivation au fond de lui.
« « Ils aiment bien narguer les gens. Mais on a montré qu’on était présents en finale de Coupe de la Ligue, j’espère qu’on va leur montrer encore en championnat et en Coupe de France. » »
Voilà: une bonne rivalité, ça commence là. Et si on ne peut dire quel visage aura l’effectif monégasque au départ de la prochaine saison – les dirigeants de l’ASM n’ont jamais caché leur stratégie financière sur le marché des transferts –, on sent quand même qu’un truc aussi solide que sympa est en train de naître au sommet de notre Ligue 1. Il suffisait juste de patienter un peu.


















