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« Moi, j'ai encore les boules »
Hugo PayenRecueilli par David Phelippeau- ©2008 20 minutes
Hugo Payen
Motard nantais (36 ans).
Quand avez-vous compris que le Dakar 2008 serait annulé pour des raisons de sécurité ?
Vendredi matin, de bonne heure, j'étais aux vérifications. Toute l'écurie Volkswagen était absente. C'était louche. Ce n'est pas le genre de la maison d'être en retard. Les journalistes présents colportaient également la rumeur. Enfin, on a su que les organisateurs nous convoquaient à midi...
L'annonce n'a donc pas été trop brutale...
Non. Mais l'ambiance était lourde pendant la conférence. C'était un deuil. Personne ne parlait, il n'y avait pas un bruit. On aurait dit les funérailles de Lady Di en Angleterre... Annuler le Dakar, c'était inimaginable !
Quelle a été votre réaction ?
Ce n'était pas de la colère, mais plus une grosse déception. J'ai pensé à mes partenaires et je me suis dit : « Putain, qu'est-ce que je vais leur dire ? » J'ai pensé à tous ceux qui m'ont aidé à préparer l'épreuve. J'ai un gars qui a passé plus de 200 heures sur la moto. C'était également son Dakar ! Et puis, moi, j'ai encore les boules. Je me lève le matin en me disant : « Où serais-je aujourd'hui ? » Et je reste devant la carte de l'épreuve...
Les partenaires ont-ils été solidaires ?
Oui, et heureusement car j'ai déjà perdu de l'argent (7 000 euros). Alors si en plus il avait fallu que je leur en rende, ça aurait été très dur ! Tout de suite, on a décidé de rebondir et de faire la Transorientale en juin entre Saint-Pétersbourg et Pékin. Je me suis inscrit aujourd'hui [hier]. C'est une belle nouvelle motivation !



















