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On vous raconte la vie des rares sportifs valides à Rio

Jeux paralympiques: Préjugés et vannes, on vous raconte la vie des rares sportifs valides à Rio

JEUX PARALYMPIQUESNon, il n’y a pas que des handicapés aux Paralympiques…
Romain Baheux

Romain Baheux

Avouez, on a un peu tous le même cliché en tête. , c’est une compétition où il y a des nageurs aveugles, des archers en fauteuil roulant et des sprinteurs amputés. Ce n’est pas faux , vous trouverez aussi un lot de valides dans les différentes délégations : barreur en aviron ou guide pour les malvoyants. Et franchement, ils donnent clairement envie de se mettre au handisport.

Les premiers pas

Soyons francs, aucun sportif valide ne s’imagine participer aux Jeux paralympiques au début de sa carrière. La plupart y viennent par un concours de circonstances ou par curiosité. « Au début, j’ai un peu rigolé quand on m’a dit que des aveugles jouaient au foot mais je me suis dit "pourquoi pas ?", raconte de cécifoot en 2012. Je suis venu à l’entraînement comme un touriste, et je me suis fait allumer. Franchement, ça te contrarie au début. »

Surtout, les valides doivent maîtriser les codes du monde du handicap. En minorité parmi les handicapés, ils surmontent petit à petit leur éventuel malaise. « Au début, tu évites certaines expressions comme "tu vois" ou "regarde" mais rapidement, tu vois qu’il ne faut pas trop se prendre la tête, malvoyants, médaillé d’or avec Assia El Hannouni sur la piste de Londres. Il n’y a pas de pitié à ressentir. Tu n’es pas là pour faire du social mais du sport. »

L’intégration

Pas de miracle, on ne s’improvise pas sportif paralympique, tout valide en bonne forme que vous soyez. Si leur niveau est parfois supérieur à celui de leurs partenaires, comme en athlétisme où les guides se doivent de courir plus vite que leur binome, un temps de rodage est parfois nécessaire, parfois liés à leurs préjugés sur la discipline.

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« J’avais tendance à beaucoup parler au début, pour replacer mes partenaires et leur donner des infos sur le match, décrit Jonathan Grangier. En fait, tu les saoules plus qu’autre chose et ils te le font rapidement comprendre. , tu dois aussi apprendre à ne plus regarder le visage de l’attaquant pour anticiper le tir. Ça ne sert à rien du tout. »

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occupe le rôle de barreur. Et se retrouve avec différents handicaps à gérer puisque l’embarcation est parfois composée d’aveugles et de paralysés des membres inférieurs. « Tu es obligé de prendre ça en compte, raconte à Rio. Ainsi, tu mets le malvoyant en tête du bateau pour le laisser imprimer le rythme. Tu es vraiment obligé de très bien te connaître, tu communiques énormément à bord. »

Le quotidien

« On est 24/24 ensemble, je voyais plus mes athlètes que ma copine. » le boulot de Gautier Simounet ne se limitait pas à la piste. « Mon travail, c’est aussi d’éviter qu’ils se blessent en se prenant un mur ou en trébuchant sur un trottoir. » « Tout vient naturellement, on se retrouve à aider le malvoyant s’il a besoin de descendre un escalier », poursuit Robin Le Barreau.

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Les coups de main sont souvent assortis de vannes. Le handicap devient rapidement un sujet de blagues chez les uns et les autres. « Moi, ils me vannaient quand ils me marquaient un but », se marre Jonathan Grangier. « Ils ne sont jamais parvenus à me dépasser sur la piste mais une fois, (athlète pourvu d’un seul bras) m’a battu à la Playstation, se souvient Gautier Simounet. Quand il te dit "j’ai pas de bras, mais je te bats", tu as très vite envie de disputer la revanche. » Et sans aucune pitié.