JO 2016: C'est quoi cette histoire de thérapie par les ventouses, Michael Phelps?

NATATION Si vous vous demandiez ce qu’étaient ces espaces ronds…

B.V.

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Michael Phelps à Rio
Michael Phelps à Rio — Lee Jin-man/AP/SIPA

Il n’en avait pas vraiment eu besoin pour gagner ses 18 premières, mais Michael Phelps a sorti une botte secrète pour remporter une nouvelle médaille d’or dimanche soir à Rio. Le nageur américain a en effet beaucoup fait parler de lui pour sa course dingue dans le relais dimanche soir, mais aussi pour ces grosses taches rouges qu’il arborait dans le dos. Les restes d’une séance de « cupping », ou thérapie par les ventouses en Français.

Thanks @arschmitty for my cupping today!!! #mpswim #mp 📷 @chasekalisz

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« C’est une technique de pose de ventouse en des points précis du corps qui permettent de soulager les maux, aider à traiter les douleurs, les fatigues, le stress et les gênes de type insomnies, présente Nassima Oum Rayan, représentante du Comité national de recherche et de soins par ventouses (CNRSV). C’est tiré de la médecine traditionnelle chinoise, mais les Indiens ou les musulmans (hijama) l’utilisent aussi. »

Capture d'écran du site du CNRSV
Capture d'écran du site du CNRSV - Capture d'écran

L’idée : on chauffe des verres posés contre la peau pour vider tout l’air à l’intérieur et créer une sorte d’aspiration du sang à cet endroit. D’où les marques rondes, qui restent en général trois ou quatre jours.

Dans le cadre des sportifs de haut-niveau, la ventousothérapie peut apporter une « action anti-fatigue, anti-stress et bénéfique pour la circulation veino-lympathique, ce qui renforce le système immunitaire », poursuit la naturopathe. Phelps n’est évidemment pas le premier à l’utiliser. Aux Jeux de 2008, des athlètes chinois avaient eu recours à cette technique. A Rio, plusieurs athlètes de la délégation américaines sont apparus eux aussi « scarifiés », comme le gymnaste Alex Naddour. Interrogé par USA Today, il raconte :

« C’est mieux que tous les autres traitements que j’ai fait. Ça a été mon secret pour rester en bonne santé toute l’année. Ça m’a sauvé de nombreuses blessures. »

Plusieurs stars hollywoodiennes comme Jennifer Anniston et Gwyneth Paltrow ont aussi « cuppé ». Bref, ça prend. D’ailleurs, selon le Guardian, la recherche « cupping » a augmenté de 2100 % dimanche soir après la course de Phelps.

Jennifer Anniston et les ventouses
Jennifer Anniston et les ventouses - Capture d'écran

Reste que les effets médicaux de la ventousothérapie ne sont pas encore reconnus dans la médecine traditionnelle. Nassima Oum Rayan avoue se battre « pour qu’il y ait une reconnaissance des différentes techniques de médecines ». « Ça n’intéresse pas grand-monde, les lobbys pharmaceutiques ont un pouvoir important, souffle-t-elle. Mais ça ne saurait tarder et bientôt les ventouses feront leur entrée dans le milieu hospitalier, comme l’hypnose a pu le faire. »

Du côté des fédérations de naturopathes, on reste malgré tout encore prudent. « Pour l’instant, ça reste un outil parmi tant d’autres, explique-t-on du côté de l’association canadienne RITMA. On sait qu’il y a de plus en plus de formations sérieuses là-dessus, menées par des professionnels de santé comme des ostéopathes reconnus. Donc on regarde ça avec intérêt. »

Et sinon, pour finir, question pas si con : ça fait mal ? Plutôt non selon les professionnels du métier. Mais vu la tronche tirée par Michael Phelps dans une vidéo de promotion au moment de se faire ventouser, on peut penser le contraire. Encore plus quand on voit la légende de la photo publiée par la nageuse Natalie Coughlin sur Instagram. « Je me marre tellement ça fait mal. Ça va laisser une marque. » La marque des champions olympiques ?

Gee, I hope my #GoldenGoggles dress is open-backed.

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