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Michalak: «Le match a été à l’image de l’équipe, mais pas de son potentiel»

Michalak: «Le match a été à l’image de l’équipe, mais pas de son potentiel»

LOOSEAprès la défaite vendredi soir face aux Argentins, Fred Michalak, l'ouvreur français, décrypte pré-match, match et post-match. Réponses garanties sans langue de bois...
Recueilli par Stéphane ALLIES

Recueilli par Stéphane ALLIES

Ambiance morose de chez morose à la fin de cette consolante. Ecrasés par des Argentins redoutables et au bonheur intarissable, les Bleus ont aussi joué profil bas au moment de rencontrer la presse après le match. Hormis Nallet, Mas, Poux, Skrela, Elissalde (voir ci-contre) et Fred Michalak, les joueurs ont rejoint leur bus sitôt la douche terminée et une bière dans la cornet. De ceux-là, l’ouvreur toulousain, en partance pour l’Afrique du Sud, fut de loin le plus loquace et disponible, sans l’amertume que pouvait ressentir son capitaine Ibanez. Et sans langue de bois.


Quel est votre premier sentiment à la sortie de cette Coupe du monde?

Disons que je suis sorti KO, au propre comme au figuré. Evitez-moi les questions sur l’ambiance dans les vestiaires, je ne me souviens de quasiment rien. J’étais dans un trou noir, complètement KO… Sur le match, disons que ce fut à l’image de la semaine qu’on vient de passer. Bien triste. En première mi-temps, on commence plutôt pas mal, avec de bonnes intentions, mais on ne concrétise pas. On a essayé de jouer debout et de s’amuser. Comme d’hab, on a eu beaucoup de sorties de balle retardées et là, on s’est énervé… Mais bon, nos gros s’énervent, parce que c’est énervant! Et les non-dits, ou plutôt les non-sifflets, de l’arbitre se transforment vite en frustration.


[A ce moment débarque dans la pièce une sarabande furieuse et déjantée de joueurs argentins, bières à la main et poste de radio à fond. Fred Michalak s’interrompt et s’énerve, tout en contenant d’un geste de la main Lionel Nallet, prêt à emplâtrer le Puma le plus proche. Puis, après avoir embrassé Hernandez, Hasan et Ledesma, revient vers les journalistes…]


Ils vous énervent ces Argentins?

Ils sont roublards, malins et nous font déjouer comme personne. Et comme à chaque fois face à eux, on est les mauvais de l’histoire. Ils sont tout le temps sur le fil, à la limite, comme à l’instant. Mais j’ai un grand respect pour eux, voire de l’admiration. Ces joueurs ont un mérite incroyable, en autogestion depuis quatre ans. Je n’éprouve aucune rancœur envers eux, ce n’est pas mon style de comportement.


Comment avez-vous vécu cette dernière semaine?

Quand tu perds une demi-finale, encore plus comme on l’a perdu, tu as juste envie que ça se finisse le plus vite possible. Alors, ça a été super dur, c’est vrai. Et puis mes déclarations ont été mal interprétées . Mais je n’ai voulu manqué de respect à personne. J’ai juste dit ce que je pensais, car il me semble que vu le contexte, chacun doit faire avancer le débat et préparer l’avenir.


Certains avaient annoncé du «champagne», qu’avez-vous pensé du jeu proposé ce soir?

Pour bien jouer à la main, il faut être habitué. Il y avait des coups simples à jouer, des occasions simples à conclure. Mais on ne l’a pas fait, car on a plus les automatismes ensemble pour les mener à bien. Le match est à l’image de l’équipe, mais pas de son potentiel. Dans ce groupe, il y a des individualités énormes. Mais il y a eu des belles choses au début et on a mouillé le maillot. Seulement, les Argentins étaient bien plus forts et en confiance que nous. Il faut continuer à travailler. Après, peut-être qu’avec le nouveau coach vont s’imposer de nouvelles visions du jeu. Cet échec doit nous faire avancer. Et nous faire apprendre.


Comment vous voyez la suite, personnellement?

D’abord, on a deux soirées prévues entre joueurs. Donc deux mines. C’est la base des bases. Ensuite va vite arriver mon départ pour l’Afrique du Sud. Il me tarde d’y être, de découvrir un nouvel univers, un nouveau championnat, une nouvelle préparation physique. Et puis passer à autre chose, surtout. Ca va me faire du bien, un an loin de la France. Mais soyez sûr que je vais tout faire pour revenir en équipe de France. Vous croyez que j’ai envie de finir ma carrière en Bleu sur un match qui frise la bagarre générale!

Jean-Baptiste Elissalde, on vous sent assez las ?
Pff, on mérite d’être derrière les Argentins. Il n’y a rien à redire. C’est une défaite qui fait mal en terme de fierté comme en terme de jeu. Pourtant, je ne pense pas qu’on ait commis d’écarts ou que l’on se soit relâché, mais on n’a pas réussi à surmonter le mal de tête de la semaine. Moi, je n’y étais pas, durant ces six jours. Quand tu annonces que tu veux être champion du monde et que tu joues la troisième place, l’histoire cassée. On avait notre objectif derrière nous. Et quand en face, tu as des mecs qui sont encore dans une histoire extraordinaire, ça donne ça… Peut-être qu’on a manqué de caractère, mais c’est vraiment très dur dans nos têtes…