Jason Robinson: «Notre jeu ne repose pas uniquement sur nos avants et sur Wilkinson»
INTERVIEW – Face à la France, l’arrière anglais fêtera sa 50e sélection avec le XV de la Rose…Propos recueillis par Gil Baudu
Il y a trois semaines, on pensait sa carrière internationale terminée. Face à l’Afrique du Sud (36-0), Jason Robinson avait été victime d’un claquage à la cuisse droite. Trois matchs plus tard, l’arrière du XV de la Rose est de retour à son meilleur niveau. Face à la France, il fêtera ainsi sa 50e cape internationale. Un anniversaire qu’il entend célébrer par une qualification pour sa deuxième finale de Coupe du monde consécutive.
Quels sentiments vous animent à l’aube de disputer face à la France votre 50e match international?
C’est génial de jouer dans une équipe qui monte en puissance. Depuis la victoire face à l’Australie, nous avons en effet pris confiance en nous. Samedi dernier, il fallait des gars costauds pour gagner. Ce sera également le cas face à la France.
Etes-vous totalement remis de votre blessure?
Je me sens en pleine possession de mes moyens. J’ai beau avoir 33ans, je ne me suis jamais senti aussi bien.
Votre capitaine, Phil Vickery, dit que la rencontre se jouera essentiellement devant. Partagez-vous cet avis?
Partiellement. Je pense effectivement que la bataille des packs sera déterminante. Si on la remporte, on pourra aussi envoyer du jeu, accélérer de l’arrière et perforer la défense française. Mais ceux qui croient que notre jeu repose uniquement sur nos avants et le pied de Jonny (Wilkinson) risquent d’être surpris…
Selon vous, quel est le point faible de l’équipe de France?
Devant, elle est très bien armée. Mais derrière, je pense que l’inexpérience de Beauxis à l’ouverture et de Traille à l’arrière peut leur jouer des tours. Certes, ces deux joueurs possèdent de gros coups de pied. Mais je suis persuadé qu’en les mettant sous pression, ils finiront par craquer. Et puis je pense que la France a dû laisser beaucoup d’énergie face aux Blacks. Ils risquent sans doute de connaître une petite baisse de régime.
Quelles similitudes faites-vous entre l’Angleterre 2003, championne du monde il y a quatre ans, et celle qui jouera samedi?
Après notre titre mondial, on a connu énormément de difficultés, dues en grande partie aux blessures de nos joueurs cadres. C’était un mal pour un bien. Aujourd’hui, nous sommes plus complets et mieux armés qu’il y a quatre ans. Et je crois sincèrement qu’on peut remporter une deuxième fois la Coupe du monde. Ce serait un exploit : aucune équipe n’y est jusqu’ici parvenue.



















