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«Ce sont des pénibles, en mêlée, les Irlandais»

«Ce sont des pénibles, en mêlée, les Irlandais»

INTERVIEW 20Minutes.fr – Olivier Milloud, pilier gauche tricolore, revient sur le travail de l’ombre des avants français et sur leur brillante prestation…
Recueilli par Stéphane ALLIÈS

Recueilli par Stéphane ALLIÈS

Olivier Milloud a été l’un des artisans de l’ombre de la victoire tricolore contre l’Irlande. Le pilier gauche du XV de France revient sur la performance des avants français, les mains dans le camboui des tâches ingrates. Dans l’empire du “Devant”.


Vos coéquipiers de l’arrière ne tarissent pas d’éloges sur le travail des gros…

C’est vrai qu’on a été performants sur certains secteurs du jeu, même si on n’a pas été assez bons lors des mêlées fermées, et j’en suis responsable. Faut dire que ce sont des pénibles, les Irlandais en mêlée. Ça pose les mains au sol, ça pousse en travers, c’est rugueux… On en gagne une ou deux au final, mais on sent qu’ils s’étaient préparé à filouter tout le match. Sur les ballons portés, on a réussi à rectifier le tir après la pause, car on était trop large en première mi-temps, les mecs s’infiltraient trop dans nos mauls pour qu’on puisse bien avancer. Alors on a resserré. Quant aux touches, on a beaucoup joué sur Bonnaire. On n’est pas cons, autant éviter leurs deux grands deuxième lignes. C’est Jean-Ba Elissalde et Julien qui ont réglé les annonces… Enfin bref, ça a bien tourné… Vous savez, nous on écoute et on applique.


Dans les regroupements, par rapport au match face aux Argentins qui vous avaient pourri la vie, c’était comment?

Ça n’avait rien à voir, mais c’est surtout nous qui n’avions rien à voir avec le match d’ouverture. On a pris le match par le bon bout et on a été volontaire et agressifs sur les déblayages. Il faut dire aussi que les Irlandais ne mettaient que les mains quand les Pumas mettaient la tête, les pieds, les genoux… Cela dit, ils ont fait un paquet de fautes au sol et au ras des regroupements. S’ils n’en font pas autant, le début de match n’est pas le même et on marque un essai beaucoup plus tôt. Au lieu de ça, c’était hors-jeu sur hors-jeu. Et on a pris les points au pied.


Le coaching dans le 5 de devant semble avoir été plus décisif que lors du match d’ouverture…

Je ne suis pas d’accord. C’est le contexte qui est différent. Là, on était devant au score. Eux, ils étaient sous la menace d’un carton jaune pour fautes à répétition et ils économisaient leur défense. C’est quand même plus favorable… Et ça change beaucoup de choses dans le comportement des entrants.


Vous pensez que les Irlandais peuvent battre les Argentins dimanche prochain?

Oh, les Irlandais, ce ne sont pas des fantômes non plus! On a senti qu’ils avaient envie. Ils s’encourageaient. Et puis ils ont l’habitude de jouer ensemble, ils font quasiment tous partie du Munster. Devant, ils peuvent les emmerder. Et ça commence toujours devant. Moi, sincèrement, je les vois gagner.


Et pour ce qui est de la France contre la Géorgie?

On les connaît plutôt bien. Moi, j’en ai un à Bourgoin. Un pilier, avec qui je me coltine souvent à l’entraînement (grand sourire)… Devant, ça devrait être épais.