Fifa: Gianni Infantino président, et maintenant?

FOOTBALL Le nouvel homme fort du football mondial a un immense chantier devant lui...

N.C.

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Gianni Infantino quelques minutes après son élection à la tête de la Fifa, le 26 février 2016.
Gianni Infantino quelques minutes après son élection à la tête de la Fifa, le 26 février 2016. — Ennio Leanza/AP/SIPA

Quand il se retrouvera enfin seul, sûrement très tard, vendredi soir, Gianni Infantino sera peut-être pris l’espace d’une seconde d’un immense vertige. Elu président de la Fifa en battant largement le Cheikh Salman au deuxième tour de vote (115 voix contre 88), l’ancien bras droit de Michel Platini à l’UEFA a désormais une immense responsabilité entre ses mains : restaurer l’image de la Fédération internationale, dévastée par neuf mois de chaos intégral. Le plus dur commence donc pour l’Italo-Suisse de 45 ans. Comment va-t-il s’y prendre pour remettre la Fifa en ordre de marche ?

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Déjà, il va appliquer les réformes adoptées

Infantino a été un membre influent du comité des réformes mis en place en vue de cette élection. Il est donc bien placé pour savoir que les appliquer constitue la base du renouveau de la Fifa. Les principales nouveautés adoptées vendredi sont la limitation à trois mandats de quatre ans pour le président de la Fifa et tous les autres hauts responsables, la séparation des fonctions politiques et de management, la mise en place de « contrôles d’intégrité poussés » pour chaque membre élu du Conseil de la Fifa, la publication des revenus du président de la Fifa et le renforcement de la présence des femmes dans la gouvernance. Tout ceci pour un fonctionnement plus transparent.

Il va pousser pour faire passer ses propres idées 

Cela va de pair avec la transparence. Le candidat Infantino indiquait vouloir « revenir aux bases du football » et élargir la palette des fédérations intéressées par les affaires de la Fifa. Sa première idée, symbolique, est d’augmenter le nombre de participants à la Coupe du monde. Oubliez les tournois planétaires à 32, le Mondial pourrait accueillir 40 nations à l’avenir, avec une compétition organisée dans plusieurs pays.

Surtout, le désormais ex-secrétaire général de l’UEFA prône une meilleure redistribution des richesses générées par le sport le plus populaire du monde. Il a ainsi promis aux fédérations de leur reverser 25 % des revenus de la Fifa. Et de leur donner les moyens de mettre en place des programmes de développement, à hauteur de 5 millions d’euros par fédération nationale pour une période de quatre ans.

Au-delà des textes, la morale

Faire adopter des réformes, c’est bien. Mais Infantino sera aussi et surtout attendu sur sa posture de président. Pour le grand public, la Fifa des années Blatter est le royaume des petits arrangements entre amis. Le travail de moralisation est gigantesque. D’autant qu’il sera probablement ébranlé de temps à autre par les poursuites judiciaires héritées des dernières années. Et si une seule nouvelle affaire fait surface pendant son mandat, tout le crédit « nouveau départ » accordé à la Fifa avec cette élection sera remis à zéro.