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« La tension est montée d'un cran »

« La tension est montée d'un cran »

Raphaël Ibanez
Recueilli par Jérôme Capton-  ©2007 20 minutes

Recueilli par Jérôme Capton- ©2007 20 minutes

Raphaël Ibanez

Capitaine de l'équipe de France.

Avez-vous le sentiment

que la Coupe du monde

a commencé avec l'annonce du groupe des 22 pour affronter l'Argentine ?

Depuis cette annonce, la tension est montée d'un cran, c'est naturel. Il y a presque de l'excitation. Ce match contre l'Argentine va être extraordinaire à jouer. Ça donne des frissons à tous les joueurs, mais ce sont de bons frissons, une vraie envie d'en découdre. On le sent déjà dans les regards et dans les entraînements.

Comment le groupe a-t-il réagi à ce choix ?

Vingt-deux joueurs ont été annoncés. C'est un moment toujours un peu délicat pour un groupe très soudé depuis le début de la préparation. Les huit joueurs qui n'ont pas été retenus méritent autant que les autres d'être sur la feuille de match. Donc par rapport à eux, nous nous devons d'être responsables et performants.

Pour les huit joueurs

qui ne sont pas retenus,

c'est un coup très rude...

Ce n'est pas un coup de poignard pour les huit concernés, mais c'est difficile à accepter car on s'entraîne toujours très dur pour être le meilleur. Pensons aussi à ceux qui ne sont pas dans le groupe des trente, qui ont échoué à quelques matchs de la sélection... Il y a probablement aussi des millions de Français qui aimeraient porter ce maillot lors du match d'ouverture d'une Coupe du monde dans notre pays.

Neuf joueurs retenus vendredi contre l'Argentine avaient joué, et perdu, la demi-finale en 2003 contre l'Angleterre.

Le sélectionneur a misé sur l'expérience...

Il n'y a pas de rapport avec ce match, cela remonte déjà à quatre ans. Les vingt-deux se connaissent très bien, on sait quelles sont nos forces et nos faiblesses. Et dans les moments difficiles, car je sais qu'il y en aura, j'espère qu'on montrera une vraie solidarité, une vraie cohésion pour surmonter les épreuves, avec l'appui du public.

La tension ne risque-t-elle pas de crisper l'équipe de France ?

Ce sera une grande fête pour les amoureux du rugby, mais également pour le grand public. Et nous savons qu'il y a une vraie attente autour de ce match. Pour nous, il faut rester concentré sur ce qui n'est finalement qu'une rencontre de rugby. Ce sera quatre-vingts minutes face à des

adversaires qui sont redoutables.

Justement, quelles sont

les qualités des Argentins ?

On va avoir affaire à des joueurs très puissants, une première ligne très compacte. Ils ont Juan Hernandez, un gars redoutable et exceptionnel, qui peut faire basculer un match à lui tout seul. Mais si on peut les comparer à des félins, ce sont quand même de gros pumas (sourire). Des félins capables de porter le ballon, de s'organiser dans l'axe du terrain avec des joueurs physiquement très au point. Pour les avants, ça nous promet un très gros combat.