«Entre 400 et 500 morts subites de sportifs par an en France»

INTERVIEW Pour Xavier Jouven, épidémiologiste de l'Inserm, la mort subite au ne touche pas que les sportifs de haut niveau, loin de là...

Propos recueillis par Pierre Koetschet

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Puerta taclé pendant un match contre Getafe en juin 2003
Puerta taclé pendant un match contre Getafe en juin 2003 — Reuters/Sergio Perez
Après le décès d’Antonio Puerta à Valence, et de Chaswe Nsofwa en Israël, Xavier Jouven, épidémiologiste de l'Inserm revient sur les morts subites de sportifs qui ne touchent pas que les athlètes de haut niveau.
 
Deux footballeurs viennent d’être foudroyés en plein match. Est-ce que ce sont des faits courants?

Oui, cela arrive plus souvent qu’on ne le croit. Évidemment, quand cela touche des footballeurs pendant un match télévisé, c’est très médiatisé, mais ces morts subites ne touchent pas uniquement les sportifs de haut niveau. Nous estimons que 400 et 500 personnes sont victimes chaque année de mort subite dans le cadre d’une activité sportive. C’est beaucoup et cela touche tout le monde, sauf les femmes.
 
N’est-ce pas aussi lié au dopage?

Le dopage favorise cela. La plupart des produits dopants sont connus  pour augmenter le risque de mort subite, mais cela ne veut pas dire que Puerta était dopé. Il y a de très nombreux cas de mort subite sans dopage. Apparemment, Puerta souffrait de dysplasie ventriculaire droite arythmogène. C’est une pathologie génétique qui n’est pas liée au dopage.
 
Mais il était dans un grand club, avec un suivi médical poussé. Comment les médecins ont-ils pu passer à côté?

C’est très difficile à détecter, surtout quand la pathologie est encore à un stade très précoce. Par ailleurs, les médecins font sans doute des examens plus poussés quand les joueurs sont recrutés que quand ils sont déjà au club. Cela peut expliquer que la pathologie de Johan Radet, qui était depuis de nombreuses années à Auxerre, ait été détectée lors de son transfert à Strasbourg.