Du coup de boule à Materazzi au banc du Real, comment Zinedine Zidane s’est transformé en entraîneur

FOOTBALL Depuis sa retraite sportive en 2006, Zidane s’est petit à petit rapproché du banc...

Bertrand Volpilhac et Guilhem Richaud

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Avant de prendre les commandes de l'équipe première, Zidane a été l'adjoint d'Ancelotti et a entraîné la réserve.
Avant de prendre les commandes de l'équipe première, Zidane a été l'adjoint d'Ancelotti et a entraîné la réserve. — PEDRO ARMESTRE / AFP

On a l’impression que c’était encore hier que, tout penaud, il s’excusait sur le plateau du 20 heures de TF1 pour son coup de boule à Materazzi. Le rêve d’une sortie par la plus belle des portes avec une deuxième Coupe du monde envolé, Zidane prenait sa retraite à 34 ans. Près de dix ans plus tard, le revoici d’un coup en pleine lumière, sur le banc du Real Madrid. Une drôle de reconversion pour ceux qui l’imaginaient à l’époque trop introverti pour un tel rôle, mais à laquelle il a su se préparer.

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Le recul (2006-2010)

Après sa longue carrière de joueur et sa fin en eau de boudin, Zinedine Zidane préfère prendre un peu de recul. Il limite ses apparitions médiatiques et se contente de la vie « habituelle » d’une ex-star du football en enchaînant les galas et matchs de charité (Danone Cup, Match against poverty, etc.). Mais content de sa vie en Espagne, il reste vivre à Madrid, et continue de représenter le Real, dont il est le meilleur ambassadeur. Il participe notamment grandement à la venue de Karim Benzema en 2009, le guide et le conseille. Il facilite d’ailleurs l’intégration de celui qui a depuis battu son record de buts avec le club. En parallèle, il prend cause pour le Qatar dans l’organisation de la Coupe du monde 2022, et participe à une grande campagne de lobbying qui aboutit à la victoire de l’Emirat en 2010. Il aurait reçu un chèque de 15 millions de dollars pour son implication.

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La formation (2010-2012)

Après quatre ans de pause, Zidane décide de devenir coach. Il s’inscrit au Centre de droit et d’économie du sport de Limoges où il passe ses diplômes un à un. D’abord son brevet d’Etat premier degré, et ensuite son diplôme d’entraîneur de football et celui de manager général de club sportif professionnel. Il obtient également les équivalences européennes pour coacher ailleurs qu’en France. En 2010, Laurent Blanc fait également appel à lui pour passer du temps avec les Bleus à Clairefontaine.

Les premières responsabilités (2013-2016)

Avant même de valider son diplôme de manager en janvier 2014, Zizou s’est formé aux côtés d’un des plus grands. A l’été 2013, alors que Carlo Ancelotti débarque au Real, Florentino Perez décide d’imposer le Français comme adjoint. Entre les deux hommes, le courant passe et la saison se termine par une victoire en Ligue des champions. La dixième pour le club, celle après laquelle le Real court depuis 2002 et le but de… Zidane contre le Bayer Leverkusen. La bonne entente de l’ex numéro 10 avec Ronaldo, Benzema et les tauliers du groupe madrilène a beaucoup joué dans l’obtention de ce titre.

« A ce moment, il a changé sa manière de parler, analyse Jean-Pierre Karaquillo, fondateur du Centre de droit et d’économie du sport de Limoges, là ou Zizou a passé sa formation de manager. C’est n’est plus le même bonhomme. Il communique beaucoup mieux. Il parle beaucoup plus qu’on ne croit. Il a eu un déclic. » Qui aurait pensé il y a cinq ans, qu’il se mettrait autant en avant pour défendre Benzema dans l’affaire de la sextape ? A la tête de la Castilla, l’équipe réserve des Merengue depuis deux saisons, le Français a également appris à gérer les relations avec la presse. Alors qu’il n’en est pas obligé, il s’impose de participer à toutes les conférences de presse, pour s’entraîner avant le grand jour. Le grand jour est arrivé. Et pour Zizou, le plus dur commence.