VIDEO. Attentats à Paris: Le récit du stadier qui a repoussé l'un des kamikazes

TERRORISME Salim, 42 ans, raconte comment il a empêché Bilal Hadfi d'entrer dans le Stade de France, le vendredi 13 novembre...

N.C.

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De nombreux spectateurs s'étaient massés sur les pelouses à l'issue du match, le vendredi 13 novembre 2015.
De nombreux spectateurs s'étaient massés sur les pelouses à l'issue du match, le vendredi 13 novembre 2015. — Michel Euler/AP/SIPA

Salim, 42 ans, est agent de sécurité depuis dix ans. Le 13 novembre, soir des attaques terroristes qui ont frappé Paris, il était employé au Stade de France. Et, sans s’en rendre compte sur le moment, il a joué un rôle majeur dans ces événements. Il assure en effet avoir empêché d’entrer dans le stade Bilal Hadfi, l’un des kamikazes qui s’est ensuite fait exploser rue de la Cokerie.

Le jeune homme s’est présenté vers 20 h 15, essayant de passer en même temps qu’un autre spectateur car il n’avait pas de billet. Salim lui a alors dit qu’il ne pouvait pas entrer. « Il m’a dit : "J’appelle quelqu’un pour avoir un billet". Je lui ai dit : "D’accord, mais patientez sur le côté". Il est resté au moins cinq minutes à côté de moi, à regarder comment se passait la circulation des personnes. J’ai fini par le décaler, en faisant comprendre à mon collègue qu’il fallait faire attention à lui. Là il [Bilal Hadfi] a vu que je le surveillais, alors il s’est dispatché dans la foule », a-t-il raconté mardi à la chaîne américaine NBC.

Pendant le match, Salim se trouve à l’extérieur du stade. Il entend une première détonation, puis une deuxième. Il « comprend alors que c’est sérieux », comme il le raconte à L’Express, et file vers la porte d’où est venue l’explosion. Il porte assistance à ses collègues touchés, ne pensant « à aucun moment à un kamikaze ».

Il l’apprendra peu après. Le lendemain, la police lui soumet des photos des terroristes. « C’est là que j’ai reconnu le jeune homme que j’ai empêché d’entrer », reprend-il. Personne ne sait ce qui se serait passé s’il ne l’avait pas fait. Il y a des questions, comme ça, qu’il vaut mieux ne pas trop se poser.