Attentats à Paris: Qui étaient les victimes de France et d'ailleurs? (2/2)

PORTRAITS Ils étaient cuisiniers, patrons de bar, amateurs de musique et ils nous ont quittés vendredi 13 novembre au soir...

Fabrice Pouliquen

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Des fleurs déposées dans les trous laissés par les balles dans la vitrine du bar Le Carillon, dans le Xe arrondissement de Paris, touché par un attentat, le 15 novembre 2015
Des fleurs déposées dans les trous laissés par les balles dans la vitrine du bar Le Carillon, dans le Xe arrondissement de Paris, touché par un attentat, le 15 novembre 2015 — BERTRAND GUAY AFP
  • Thomas Duperron, 30 ans

Parisien originaire d’Alençon (Orne), Thomas s’occupait de la communication de la salle de concert parisienne La Maroquinerie. Spectateur au Bataclan, il est mort dimanche à l’hôpital de Percy-Clamart où il avait été transporté. « Nos pensées vont à sa famille, à ses proches ainsi qu’aux équipes de La Maroquinerie », a posté sur son site internet l’Ecole d’art et de culture (EAC), dont il était sorti diplômé en 2010.

 

  • Quentin Boulenger, 29 ans

Le jeune homme a trouvé la mort au Bataclan. Originaire de Reims (Marne), il était diplômé de l’école de commerce Audencia de Nantes (Loire-Atlantique),. Tout juste marié, il s’était installé dans le XVIIe arrondissement de Paris et travaillait comme responsable digital international au sein de L’Oréal. Il était arrivé à 23 ans dans le groupe de cosmétiques.

  • Chloé Boissinot, 25 ans

Originaire de Château-Larcher dans la Vienne, elle habitait depuis trois ans à Paris où elle tenait un commerce alimentaire. Elle et son petit ami Nicolas, blessé, étaient en train de dîner au restaurant Le Petit Cambodge lorsque les assaillants ont ouvert le feu. « Tu vas rester ma petite pour toujours, tu ne vieilliras pas, tu n’auras pas le cancer… », a témoigné sa mère sur Facebook dans un message bouleversant. Une amie de collège décrit Chloé comme une fille « timide et douce, qui rougissait facilement ».

  • Elodie Breuil, 23 ans

Elle se trouvait au Bataclan avec six de ses amis. Habitante de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), elle étudiait le design à Paris, à l’Ecole de Condé. Le magazine Time a suivi la longue attente de son frère avant la terrible nouvelle. « Tout ce que vous pouvez faire, c’est informer le monde entier de ces horribles choses que nous nous infligeons les uns aux autres », a déclaré son frère au journaliste du Time.

 

  • Ciprian Calciu, 32 ans

De nationalité roumaine, il est mort au restaurant La Belle Equipe, où il se trouvait avec sa compagne, Lacramioara Pop. Ils étaient parents d’un enfant âgé de 18 mois. Une messe à la mémoire de Ciprian a eu lieu ce week-end à Tulcea, ville de l’est de la Roumanie dont il était originaire, selon le quotidien Libertatea. Ciprian Calciu était arrivé en 2005 en France, à l’âge de 22 ans. Il travaillait dans la maintenance des ascenseurs. « Il aimait l’ambiance des cafés parisiens, les brasseries, l’échange. Il était “en mode intégration”, à la fois calme et avenant », raconte Yann Sennegon, un de ses collègues dans Le Monde. Il m’a appris énormément de choses car il était très fort en électronique, en électrique.»

  • Lacramioara Pop, 29 ans

C’était la compagne de Ciprian Calciu. Elle aussi a été abattue au restaurant La Belle équipe. De nationalité roumaine, elle travaillait comme serveuse dans un bar de la rue de Charonne. Elle avait un enfant de 18 mois mais aussi, selon les médias roumains, une fille de 11 ans.

 

 

  • Nicolas Catinat, 37 ans

Il est l’une des victimes du Bataclan où il assistait au concert des Eagles of Death Metal depuis la fosse. Artisan-menuisier, il habitait à Domont, dans l’Oise. Il a cherché à protéger ses amis en se plaçant en bouclier humain. « RIP Nicolas, tu es mort en héros pour sauver tes amis », a publié samedi sur Twitter l’une de ses connaissances.

 

  • Baptiste Chevreau, 24 ans

Lui aussi est tombé sous les balles au Bataclan. Jeune guitariste, passionné de musique, il était le petit-fils de la chanteuse Anne Sylvestre. Celle-ci lui avait d’ailleurs dédié une chanson à sa naissance, rapporte Libération. « Il y a longtemps Baptiste, mais qui s’en souvient/Quand le vent n’était pas triste, y avait des moulins/Sur le sommet des collines, on pouvait les voir/Tourner pour faire la farine du matin au soir... », dit la chanson. Après une enfance passée à Tonnerre (Yonne), il s’était installé à Paris il y a cinq ans.

  • Anne Cornet, 29 ans

Originaire de Houdlémont (Meurthe-et-Moselle), la jeune femme a été tuée au Bataclan avec son mari Pierre-Yves Guyomard, avec lequel elle résidait à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Tous deux étaient « pleins de vie et d’espérance », a raconté sur Facebook le maire de Saint-Germain-en-Laye, Emmanuel Lamy, qui les a mariés en mai 2013. Après des études de musicologie à Metz, la jeune femme brune aux yeux bleu clair, originaire de Meurthe-et-Moselle, travaillait comme auxiliaire de puériculture dans une crèche de Chatou, dans les Yvelines, retrace Libération. Son mari est également décédé dans l’attentat.

  • Precilia Correia, 35 ans

Une autre victime du Bataclan. Elle était venue assister au concert avec son petit ami, Manu Perez. Portugaise ayant grandi à Asnières (Hauts-de-Seine), elle était employée depuis de nombreuses années à la Fnac-La Défense, où elle était aussi déléguée CFDT du personnel et élue au comité d’établissement. Elle était fan de rock, de photo, de snowboard et de cuisine. « C’était une personnalité radieuse. Elle avait du répondant et ne se laissait pas marcher sur les pieds », dit d’elle une syndicaliste de l’établissement.

  • Anne-Laure Arruebo, 36 ans

Originaire de Quint-Fonsegrives, dans la banlieue de Toulouse, elle travaillait à la direction générale des Douanes à Montreuil (Seine-Saint-Denis) comme inspectrice. Après avoir gravi les marches, elle était devenue responsable du contrôle des valises diplomatiques. Elle est morte alors qu’elle partageait un verre entre amis à la terrasse de la Belle Equipe, tout comme sa collègue et amie, Cécile Coudon Peccadeau de l’Isle. Elle « aimait la littérature, les concerts, les arts, les spectacles…, rapporte son oncle interrogé par La Dépêche du Midi. Nous lui offrions toujours le prix Médicis ! Nous l’aimions et la voyions souvent, notamment à Noël car notre famille se réunit souvent pour ces fêtes. »

  • Cécile Coudon Peccadeau de l’Isle, 37 ans

Comme son amie Anne-Laure Arruebo, Cécile Coudon Peccadeau était inspectrice à la direction générale des Douanes à Montreuil (Seine-Saint-Denis) . Au moment des attentats, elles prenaient toutes deux un verre avec d’autres amis au bar La Belle Equipe. Originaire de saint-Nazaire, où ses parents résident encore, elle avait deux soeurs. « Elle aimait les arts, le cinéma, la peinture, le théâtre, raconte un proche cité dans L’Echo de la presqu’île, un média de la région de Saint-Nazaire. Elle était curieuse et créative. C’était une personne profondément généreuse et qui aimait les autres […] De par son sourire, son rire, son regard et sa voix, elle était un rayon de soleil pour chacun d’entre nous. »

  • Marie-Aimée Dalloz, 34 ans

Elle est morte sous les balles alors qu’elle se trouvait à la terrasse de la Belle Equipe. Cette Parisienne travaillait au sein de la société financière Amundi. Elle était mère d’une enfant de 13 ans, raconte le site Internet Aufeminin.com.

 

 

  • Nicolas Degenhardt, 37 ans

Ce Manceau d’origine est mort rue de la Fontaine-au-Roi (XIe arrondissement). Il vivait à Paris depuis une bonne quinzaine d’années où il donnait des cours de yoga, raconte le site Internet du Maine Libre. Il avait une fille de bientôt sept ans. « Tu étais un homme courageux et humble comme il en existe peu. Tu étais digne, simple, sincère, modeste, généreux, vrai, drôle, sur qui on pouvait comptait quoi qu’il arrive », lui rend hommage un ami sur Facebook.

 

  • Elsa Delplace, 35 ans

Elle était venue au concert des Eagles of Death Metal avec sa mère Patricia San Martin, 61 ans, et son fils de 5 ans. Seul le garçonnet a survécu. La jeune femme était formatrice dans un centre de formation d’apprentis parisien.

« Elsa était une personne joyeuse qui gardait toujours le sourire aux lèvres, même dans les moments difficiles, décrit Sihem Souid, l’une de ses amies, sur le site Internet du Point. Elsa s’est toujours souciée du bien-être des autres. Elle était engagée dans le monde associatif, culturel et artistique. Elle jouait brillamment du violoncelle. Elle était toujours vent debout contre toutes les formes d’injustice. Je pense que c’est peut-être aussi dû à son histoire familiale : sa mère, chilienne, a fui la dictature de Pinochet. »

  • Patricia San Martin, 61 ans

La mère d’Elsa Deplace, morte aussi ce vendredi 13 novembre. Patricia San Martin était fonctionnaire à la mairie de Sevran (Seine-Saint-Denis). Cette militante de la CGT originaire du Chili, nièce de l'ambassadeur chilien au Mexique, s'était réfugiée en France dans les années 1970 pour fuir la dictature du général Pinochet. Elle est tombée sous les balles des djihadistes au Bataclan.

 

 

  • Vincent Detoc, 38 ans

Il est mort au Bataclan. Cet architecte, père de deux enfants de 7 et 9 ans, était un fan de musique, guitariste amateur. Il habitait à Gentilly (Val-d’Oise) où il était très investi dans la vie de son quartier du Plateau.

Thomas, un ami d’adolescence, se souvient de Dust, le groupe qu’ils avaient formé, de leur passion pour Cure, Noir désir ou des années gothiques au lycée Mistral à Fresnes (Val-de-Marne), relate Le Parisien.

  • Emmanuel Bonnet, 47 ans

Il habitait de la Chapelle-en-Serval, dans l’Oise. Ce père de famille était vendredi au Bataclan avec l’un de ses enfants. « Le fils a réussi à quitter la salle, il ne trouvait pas son père mais était persuadé qu’il s’était lui aussi échappé », a raconté le maire de la commune Daniel Dray au Courrier Picard. Employé de la RATP, il avait partagé la veille du concert sur sa page Facebook un lien du groupe « Les athées en action » citant Jacques Prévert avec une photo du poète : « La théologie c’est simple comme dieu et dieu font trois. »

  • Manuel Colaco Dias, 63 ans

C’est la seule victime du Stade France. Ce Portugais qui vivait depuis 45 ans en France, a péri alors qu’il se trouvait à l’extérieur de l’enceinte sportive. Chauffeur de car, il attendait un petit groupe de supporters qu’il avait conduits au match France-Allemagne depuis Reims, rapporte l’Union. Marié et père de deux enfants, il habitait à Cormontreuil, dans la Marne et travaillait depuis 20 ans pour l’entreprise rémoise Regnault Autocars, filiale du groupe Partir Ensemble.

« Passionné de foot, tu me racontais souvent cet été 1966 de ton enfance lorsqu’après une heure de marche, tu avais découvert dans le petit écran noir et blanc au café du village voisin un Portugal-Angleterre qui allait changer ta vie, raconte son fils lors d’un hommage dans l’émission de Canal + J + 1. C’était un sport qui te faisait vibrer, qui t’émouvait, te faisait pleurer même parfois mais occupait ton esprit à chaque instant. Tu avais connu les heures de gloire du Stade de Reims. Par -5°, -10° tu restais fidèle dans les gradins. »

  • Lucie Dietrich, 37 ans

Elle est tombée lors de la fusillade survenue rue de la Fontaine-au-Roi. Créatrice de bijoux, infographiste, maquettiste et diplômée en stratégie digitale, elle avait récemment travaillé pour le journal L’Etudiant. « C’était une femme indépendante et généreuse, joyeuse, et d’une grande créativité. Lucie aimait les voyages, ses nombreux amis, et sa ville, Paris », ont indiqué ses frères et soeur à l’AFP.

 

 

  • Elif Dogan, 26 ans

Cette Belge d’origine turque travaillait dans une société d’informatique en Belgique. Installée à Paris depuis quatre mois, tout près du Bataclan, elle est décédée dans la salle de spectacles sous les balles des terroristes, comme son compagnon Milko Jozic.

« On se disait que notre fille vivait dans un endroit sûr. On craignait des actions en Turquie et c’est dans une des plus grandes métropoles du monde qu’on l’a perdue », a déploré son père, Kemal Dogan, retourné vivre en Turquie il y a quelques mois.

  • Fabrice Dubois, 46 ans

Ce concepteur rédacteur se trouvait au milieu de la fosse du Bataclan lorsque les tueurs ont fait irruption. Il était venu au concert avec quelques amis. Marié, père de deux enfants de 11 et 13 ans, il était surnommé le « gentil géant » en raison de ses 2 mètres.

« Il en imposait tout de suite quand il entrait quelque part… », se souvient, dans les colonnes du Monde, Valérie Hénaff, présidente de Publicis Conseil où Fabrice travaillait depuis onze ans. Sa blague favorite du moment ? Lancer « Salut mec » avec la voix d’Eddy Murphy lorsqu’il arrivait au boulot. Toujours dans le Monde, sa sœur aînée, Nathalie, le décrit comme « un vrai publicitaire ». « Comme tous les mecs de la pub, il adorait les gadgets, les T-shirts, les séries américaines, les BD, les dessins animés… Pas un hasard s’ils ont utilisé les Simpsons dans la pub Renault… »

  • Romain Dunet, 25 ans

Un grand fan de musique, de ukulélé et de chant, est mort au Bataclan. Enseignant d'anglais dans un ensemble scolaire parisien, il était également membre d'un groupe de musique. Ses proches ont ouvert une page d'hommage sur Facebook, «pour témoigner de son intelligence et de sa gentillesse, de son engagement dans ses passions et de son dévouement pour ses élèves».

 

 

  • Justine Dupont, 34 ans

Elle était responsable de la résidence sociale Sainte-Cécile, dans le 20e arrondissement parisien, pour l'association Parme. Elle est décédée rue de Charonne, près du bar La Belle Equipe. 

  • Romain Feuillade, 31 ans

Il était sur la terrasse de La Belle équipe lorsqu'il est tombé sous les balles des assaillants. Le jeune homme, marié, était originaire de Gilly-sur-Isère (Savoie) et s'était installé à Paris pour devenir comédien. Il tenait un restaurant dans le XIe arrondissement, Les Cent kilos, avec un associé. «C'était un garçon d'une profonde gentillesse, doté d'un puissant sens de l'humour. Souriant, généreux, humble, bienveillant. Un exemple d'homme, le meilleur. Un ami dévoué», a témoigné l'un de ses amis dans Libération.

 

  • Grégory Fosse, 28 ans

Il est l'une des victimes du Bataclan. Ce Parisien originaire de Gambais (Yvelines) était programmateur musical pour la chaîne D17. Même s’il habitait Paris, il revenait souvent dans le village pour rendre visite à ses parents ou encore à ses amis, rapporte Le Parisien.

« Nous sommes dans un village et de fait tout le monde se connaît, a réagi le maire de Gambais, sur le site Internet de la commune. Les gens sont choqués et effondrés d’autant que les parents de Grégory, qui sont agents immobiliers, vivent à Gambais depuis plus de 20 ans ».

  • Christophe Foultier, 39 ans

Lui aussi assisté au concert des Eagles of Death Metal vendredi 13 novembre. Ce directeur artistique, père de deux enfants âgés de 2 et 6 ans était passionné de rock. Il est décrit comme «simple, honnête et sincère» par ses amis sur Facebook. Il était domicilié à Courbevoie (Hauts-de-Seine) dans le quartier Charras.

 

 

 

  • Julien Galisson, 32 ans

Ce jeune Nantais, passionné de musique et de voyages, est mort au Bataclan. Selon le journal Presse Océan, il s'était rendu au concert avec une amie qu'il a protégée de son corps. Ses amis le surnommaient « l'homme au chapeau ». Ce trentenaire enjoué était célibataire et sans enfant. 

 

 

 

  • Suzon Garrigues, 21 ans

Elle est l’une des plus jeunes victimes du Bataclan. Elle était étudiante en troisième année de licence de lettres modernes appliquées à l'Université Paris-Sorbonne. «Elle laisse à ses camarades le souvenir de la plus généreuse, la plus altruiste, la plus drôle des amies, et aussi d'une inconditionnelle et fidèle admiratrice de Zola», a dit d'elle le président de l'université, Barthélémy Jobert.

Avant le début du concert, Suzon, venue au concert avec son jeune frère, qui a survécu, envoie un SMS à une amie : «On aurait bien bu une bière avec toi ! Mais le Bataclan ne fait que des demis, je suis deg !» Originaire de Paris, Suzon « détestait les conflits, l’agressivité et elle prenait toujours le temps d’écouter sa famille et ses amis», racontent ses proches dans Libération

  • Mayeul Gaubert, 30 ans

Originaire de Saône-et-Loire, ce juriste travaillait depuis cinq ans pour l'organisme de formation continue Cegos, où il était décrit comme «drôle, discret, efficace, très professionnel». Il est mort des suites de ses blessures au Bataclan. Sa page Facebook affichait en portrait «Je suis Charlie». Il avait prévu de se marier prochainement avec sa compagne, rapporte le Journal de Saône-et-Loire.

 

 

  • Salah Emad el-Gebaly, 28 ans

Une autre victime tombée au Bataclan. Cet Egyptien, originaire de la ville de Garbya (nord), habitait à Paris depuis quelques années. Il venait de se marier en Egypte, où réside sa femme. Son oncle est fleuriste dans le 20e arrondissement, précise L’Express.

  • Véronique Geoffroy de Bourgies, 54 ans

Cette ancienne collaboratrice du Figaro Madame était mère de deux enfants adoptés à Madagascar. Elle se trouvait en compagnie de plusieurs amis à la terrasse du restaurant La Belle Equipe au moment des attaques. Mariée au photographe Stéphane de Bourgies, qui a annoncé son décès sur Facebook, elle avait abandonné sa carrière de journaliste il y a un an pour se consacrer à une association humanitaire qu'elle avait créée en 2004.

  • Pierre-Yves Guyomard, 43 ans

Ingénieur du son, il était aussi professeur en sonorisation à l'Institut supérieur des techniques du son (ISTS) à Paris. Il a été tué au Bataclan avec sa femme Anne Cornet. «Il était l'un des meilleurs enseignants que j'ai jamais eus et il avait beaucoup à partager avec ses étudiants et à leur donner», a écrit sur Facebook un de ses étudiants. «Il avait réussi à me faire aimer la sonorisation», témoigne un autre étudiant. Un collègue, Jean-Yves Leloup, évoque un professeur «apprécié par ses étudiants»

 

  • Stéphane Hache, 52 ans

Il était chez lui, dans son studio situé au 1er étage juste en face de la sortie de secours du Bataclan, la fenêtre ouverte, quand il a été touché d'une balle dans le dos. Ce maître d'hôtel était revenu depuis peu à Paris, après quelques mois passés dans le sud et aux Sables d'Olonne, chez ses parents.

Un collègue qui l'a côtoyé régulièrement pendant une vingtaine d'années se souvient d'une «personne distinguée, avec de la classe, les chaussures toujours cirées, le petit foulard, un monsieur». «Il aimait toutes les musiques des années 40, 50, 60, on l'appelait Sinatra de temps en temps», a-t-il confié à l'AFP.

  • Olivier Hauducoeur, 44 ans

Banquier, il était diplômé de l'Ecole nationale supérieure d'Ingénieurs de Caen. Il travaillait depuis 2006 au sein du groupe BNP Paribas. Ce coureur amateur était depuis un an employé de la société française de location automobile longue durée Arval, filiale du groupe bancaire, rapporte Ouest-France. Son passe-temps était la course à pied. Il est mort au Bataclan.

 

  • Frédéric Henninot, 45 ans

Père de deux enfants, il travaillait pour la Banque de France depuis 16 ans. Il exerçait à Cergy depuis 2006 où il était responsable du pôle relations extérieures.

« Je le connaissais bien. J’ai appris ça samedi. C’était un garçon très gentil. Il n’a pas mérité ça ! », a réagi une de ses collègues dans Le Parisien. Frédéric Henninot était père de deux enfants.

 

 

  • Pierre-Antoine Henry, 36 ans

Il est décédé sous les balles des assaillants dans la salle du Bataclan. Père de deux enfants, ce fan de rock, inconditionnel du groupe Pearl Jam, était ingénieur et vivait en région parisienne. «Le premier mot qui me vient à l'esprit quand je pense à lui, c'est sa gentillesse», a indiqué à l'AFP l'un de ses proches.

«C’était un fils et un père merveilleux, plein de douceur et de tendresse pour sa femme et ses enfants, de gentillesse pour chacun de ses proches. Et il avait beaucoup d’humour pince-sans-rire aussi, raconte sa mère, Nicole Crémon dans Libération. Nous partagions l’amour des voyages et de la photographie. Pierre-Antoine était un globe-trotter curieux du monde, proche et lointain.»

  • Raphaël Hilz, 28 ans

Né en Bavière, en Allemagne, il était architecte et avait été embauché dans le cabinet de Renzo Piano à Paris. Vendredi soir, il était allé dîner au Petit Cambodge avec deux collègues, blessés lors de l'attaque.

 

 

 

  • Mohamed Amine Ibnolmobarak, 28 ans.

Marocain, il était architecte encadrant à l'Ecole nationale supérieure d'architecture Paris-Malaquais. Il était «engagé, intellectuel, créatif», selon l'un de ses anciens professeurs interrogé par Libération. Il avait aussi été dans sa jeunesse un champion de natation. «Cet été encore, on l’avait vu, radieux à son mariage au Maroc, témoigne sa cousine dans les colonnes de Jeune Afrique. C’était un garçon aimé de tous, avec une vraie personnalité et des valeurs».

Il a été tué alors qu'il se trouvait au bar Le Carillon avec sa femme, qu'il avait épousée cet été. Cette dernière, gravement blessée, «a subi trois opérations chirurgicales» mais «ses jours ne seraient plus en danger», a confié un proche à l'AFP.

  • Nathalie Jardin, 31 ans

Régisseuse lumières au Bataclan, Nathalie Jardin était originaire de Marcq-en-Baroeul (Nord).  La jeune femme avait auparavant travaillé pour Marcel et son orchestre, les Fatals Picards. Sur une page Facebook créée en sa mémoire, on voit une jeune femme blonde en tenue de plongée avec trois étoiles tatouées à l'avant-bras gauche.

«Nath, tu me disais que Foo Fighters et Byffy Clyro c'était des groupes qui chantaient comme des pédés, je cherchais des arguments et au final je n'en cherche plus», a écrit sur cette page, Lou Sirkis, fille d'un membre du groupe Indochine. «Tu m'as prise sous ton aile pendant deux semaines au Bataclan pour les lumières et c'était génial.»

  • Marion Jouanneau, 24 ans

«C'était une jeune femme très, très douce», dit d'elle une proche. Son compagnon, un kinésithérapeute qui a réussi à échapper au massacre, a multiplié les avis de recherche pendant le week-end, postant et repostant sur les réseaux sociaux un souriant portrait d'une jeune femme aux cheveux blonds cendrés. Il a fini par annoncer sur Twitter lundi: «Marion est morte». Ils habitaient Chartres (Eure-et-Loir). Marion s’apprêtait à reprendre ses études et à partir à New York (États-Unis), rapporte L’Echo Républicain. 

 

  • Milko Jozic, 47 ans

De nationalité belge, cet ingénieur souriant, père d'une jeune femme de 22 ans, habitait avec sa nouvelle compagne Elif Dogan, également de nationalité belge, elle aussi décédée, dans la rue du Bataclan où ils s'étaient installés il y a quatre mois. «Je me dis simplement que le monde est complètement pourri. C'est surtout pour ma fille que c'est dur, on se sent paumées», a confié son ex-épouse au quotidien belge La Dernière Heure.

 

 

  • Jean-Jacques Kircheim, 44 ans

Il est tombé sous les balles du Bataclan, la salle où il avait embrassé pour la première fois sa compagne. Fan d'Eagles of Death Metal, il avait déjà vu le groupe au Trianon deux mois plus tôt, et voulait y retourner avec ses trois meilleurs amis. Cet employé de l'opérateur Free «aimait le rock, les fêtes avec ses copains de toujours, Faustine, les voyages, les Etats-Unis, la Californie», a expliqué l'une de ses proches à l'AFP. Il avait grandi à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) avant de gagner Paris, précise Le Monde qui lui consacre un portrait.

  • Nathalie Lauraine, 39 ans

Cette Franco-Russe, mère de trois enfants, a été tuée au Bataclan. Son mari, présent à ses côtés au concert, a été blessé.«Nous étions dans une salle au moment où les terroristes sont entrés et ont commencé à tirer. Nous sommes tombés sur le sol et n'avons pas bougé pendant une heure et demie, parce que ceux qui bougeaient ont été tués. Quand la police a pris le bâtiment d'assaut, je me suis levé comme un robot et je suis parti. C'est ainsi que je l'ai perdue», a raconté ce dernier, pour le site Internet Spoutniknews. 

  • Gilles Leclerc, 32 ans

Encore une victime de l’attaque au Bataclan. Le jeune homme était fleuriste dans la boutique de sa mère, à Saint-Leu-la-Forêt (Val-d'Oise), au nord de Paris. Quelques minutes avant le concert, le jeune homme barbu, fan de rock, de tatouages et des Etats-Unis, avait publié un selfie sur les réseaux sociaux: il y apparaissait, avec sa compagne, Marianne, une bière à la main, devant la scène, depuis la fosse qui commençait à se remplir. Lorsque les premiers tirs ont fusé, il a projeté son amie par terre qui, en rampant, est parvenue à s'enfuir.

 

  • Claire Maîtrot-Tapprest, 23 ans

Elle était étudiante à l'école de commerce de Reims (Neoma), d'où était diplômée une autre victime, Marie Lausch. Originaire de région parisienne, elle était inscrite depuis 2011 dans cette école en plus d’un double cursus philosophie à l’université de Champagne-Ardenne. Elle a été tuée au Bataclan. 

 

 

  • Isabelle Merlin, 44 ans

Ingénieure pour Continental à Rambouillet (Yvelines), elle était aussi élève à l'école de musique et de chant L'Académie du XIIIe à Paris. «Elle était toujours présente, sympa, marrante», a confié le directeur de l'établissement au Parisien. Elle a été tuée au Bataclan.

 

 

 

  • Christophe Mutez, 48 ans

Il était au Bataclan lorsqu'il s'est fait abattre. Ce Parisien originaire du Loiret était consultant chez l'éditeur de logiciels Pros France. «C'était quelqu'un d'extrêmement efficace, pédagogue et très apprécié par son entourage professionnel», a confié une de ses collègues à l'AFP.

  • Bertrand Navarret, 37 ans

Selon le journal La Dépêche du Midi, il avait grandi à Tarbes, où son père est notaire. Il vivait à Capbreton, sur la côte landaise. Il était charpentier. « Il aimait la vie, la bonne bouffe, la fête, les potes, les voyages, la musique, le surf, les pins et le rugby », réagissent ses amis. A Paris, Bertrand était juste de passage pour quelques jours: il est mort au Bataclan. 

 

  • Christopher Neuet-Shalter, 39 ans

Il est tombé sous les balles du Bataclan, où il s'était rendu avec son meilleur ami. Consultant formateur en marketing numérique, il vivait à Clichy (Hauts-de-Seine) avec sa compagne et leur fille de 11 ans. «C'était mon samouraï. Il était drôle, avec beaucoup d'esprit. Et dès que vous prononciez le prénom de sa fille, son regard bleu s'illuminait», a expliqué sa compagne au Parisien.

 

  • Manu Perez, 40 ans

Comme Thomas Ayad et Marie, victimes également des attaques terroristes, Manu Perez il travaillait pour Universal Music. Il était directeur artistique chez Polydor. Ce père de famille a posté sur Facebook quelques minutes avant sa mort une vidéo prise dans la fosse du Bataclan, intitulée «Il y a ceux qui y sont et qui ne sont pas». Sa mémoire a été saluée sur Twitter par plusieurs artistes dont il s'était occupé.

 

 

  • Anna Petard Lieffrig, 27 ans

Elle a été tuée alors qu'elle dînait à la terrasse du Petit Cambodge avec sa soeur Marion, décédée également, a indiqué à l'AFP le maire de Chailles (Loir-et-Cher), Yves Crosnier-Courtin, où leurs parents tiennent une boucherie. Graphiste de profession, Anna «était venue retrouver sa soeur ce week-end-là et elles avaient envoyé un message à leurs parents pour leur dire que la vie était belle, qu'elles étaient contentes de se retrouver».

 

  • Marion Petard Lieffrig, 24 ans

La sœur d’Anna donc. Elle avait 24 ans. Elle était musicienne et étudiante en première année du master franco-italien de musicologie à l'Université Paris-Sorbonne, selon un message du président de l'université, Barthélémy Jobert. Elle était, selon lui, passionnée par les voyages musicaux en Méditerranée.La jeune femme venait de rentrer d'une année d'Erasmus à Barcelone et s'apprêtait à effectuer sa deuxième année de master à Palerme (Italie).

  • Franck Pitiot, 33 ans

Mort au Bataclan. Ses amis, sans nouvelles, avaient lancé des avis de recherches sur les réseaux sociaux pendant trois jours, avant que sa mort ne soit annoncée. Le jeune homme, originaire de Meudon (hauts-de-Seine), avait fait des études d'ingénieur dans le BTP à Nancy. «C'était un mec d'une grande ouverture d'esprit, altruiste. Il aimait voyager avec son sac à dos, cuisiner. Et il le faisait divinement bien», a expliqué l'une de ses proches à l'AFP.

 

 

  • Richard Rammant, 53 ans

Il est mort au Bataclan en protégeant sa femme, Marie-Do, qui a survécu. Il s'est couché sur elle et a reçu plusieurs balles mortelles. Ce fan de rock et de motos Harley-Davidson était parisien mais toujours attaché à sa région natale du Lot, où il était bénévole dans un festival de blues. Il était également membre d’un club de motards, le Showtime Riders HDC qui prône «le respect, la fraternité et la solidarité comme un mode de vie».

 

 

  • Matthieu de Rorthais, 32 ans

Il est mort dans l'attaque du Bataclan. Son père et sa soeur lui ont rendu hommage sur Facebook, cette dernière saluant la mémoire de son grand frère, «la plus belle étoile du ciel». Passionné de musique, il habitait Le Perreux (Val-de-Marne) et était disquaire à la Fnac Rosny. Selon Le Parisien, le jeune homme avait surmonté un cancer avec courage. De nombreuses personnes lui ont rendu hommage sur Facebook, évoquant un « homme gentil, doux, sensible ».

 

  • Estelle Rouat, 25 ans

Elle enseignait l'anglais en région parisienne, au au collège Gay Lussac de Colombes (Hauts-de-Seine). « C’était son premier poste, explique le directeur académique des Hauts-de-Seine, Philippe Wuillamier, dans Le Parisien. Cette jeune femme était entrée dans ce métier avec passion. » Originaire de Concarneau, dans le Finistère, la jeune femme, décrite comme «discrète» et dotée «de très grandes qualités» par un proche, est décédée au Bataclan, où elle s'était rendue avec un ami, qui a été blessé à la jambe.

 

  • Thibault Rousse Lacordaire, 36 ans

Tué au Bataclan. Contrôleur financier depuis treize ans à la branche française du fonds de capital-risque américain Colony Capital, après des études d'économie et de gestion, il était également bénévole au Relais Frémicourt, une association parisienne visant à apporter une aide aux personnes démunies. Il voulait faire du volontariat en mettant ses compétences au service d'organisations à but non lucratif.

 

 

  • Maud Serrault, 37 ans

Elle était depuis trois ans en charge du marketing et de la communication de la filiale française de la chaîne hôtelière Best Western. Diplômée du Celsa, cette jeune mariée avait auparavant travaillé chez Renault, Intermarché, puis chez Hammerson. «C'était une jeune femme pétillante, brillante et aimante», a dit d'elle Olivier Cohn, directeur général de Best Western France. Selon Libération, son mari était avec elle au Bataclan, et a échappé au massacre.

 

 

Et aussi...

Parmi les 129 victimes figurent aussi un Parisien d'une trentaine d'année, dont la famille ne souhaite pas rendre le nom public. Il est mort au Bataclan. Figure également une Suédoise d'une vingtaine d'années, tombée elle-aussi au Bataclan. Elle était originaire du centre du pays, selon les autorités de Stockholm, qui ne souhaitent pas donner de renseignements supplémentaires.

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