Coupe du monde de rugby: Jamie Cudmore promet «un gros câlin à Morgan Parra» pendant France-Canada

RUGBY Le deuxième ligne canadien, qui joue dans le Top 14, affronte les Bleus jeudi...

Propos recueillis par Romain Baheux

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Jamie Cudmore affrontera la France avec le Canada.
Jamie Cudmore affrontera la France avec le Canada. — DR

De notre envoyé spécial à Croydon (Angleterre),

Parler de rugby canadien sans évoquer Jamie Cudmore, c’est comme zapper la Joconde lors d’une visite du Louvre. Pour sa quatrième Coupe du monde avec les Canucks, le massif deuxième ligne de 37 ans s’offre jeudi des retrouvailles avec des Bleus qu’il connaît par coeur pour fréquenter le Top 14 et la France depuis 2003 à Grenoble puis à Clermont. Entretien baguette, accent et plaquage.

Morgan Parra a annoncé que vous ne lui feriez rien jeudi soir. Pouvez-vous le confirmer ?

Oh, on va jouer à fond notre jeu contre les Bleus, sans calculer. Moi, si j’arrive à attraper le petit sur un de ses ballons, je me ferais un plaisir de lui faire un bon gros câlin (rires). Il le mérite bien.

C’est lequel le plus difficile à plaquer chez nous ?

Il y a déjà Wesley [Fofana] c’est sûr, mais aussi Noa [Nakaitaci]. A Clermont, on le surnomme « The Ghost » [le fantôme]. Tu penses l’avoir et le faire tomber et tu le vois ressortir de l’autre côté avec le ballon dans une main. C’est frustrant pour un défenseur d’avoir un joueur comme lui à gérer.

C’est quoi pour vous le French Flair ?

C’est quand une équipe réussit tout ce qu’elle tente. On n’en voit plus beaucoup avec l’évolution de ce sport et les défenses difficiles à dépasser. Parfois, tu vois d’un coup les Français enchaîner des passes et aller à l’essai, et là tu te dis que c’est ça. Nous, ça arrive aussi d’en faire. On a une équipe composée de pas mal de joueurs qui viennent du rugby à VII donc on ne sait pas gérer tranquillement, on est obligés de toujours jouer à fond.

Franchement, vous n’en avez pas marre des clichés sur les Canadiens ?

C’est surtout toujours pareil depuis que je vis en France. On me parle des crêpes au sirop d’érable, des bûcherons et des mecs qui portent une chemise à carreaux. Ah oui, on me demande aussi pourquoi je n’ai pas d’accent québecois quand je parle français. Ben, tout simplement parce que je parle anglais à la base et que mon accent est donc anglo-saxon. Nous, on n’a pas trop de clichés sur vous. Bon, il y a quand même l’image du type sur son vélo avec sa baguette dans son petit panier.

Vous êtes producteur de vin en France en plus d’être un rugbyman. Votre rouge, on doit le prendre avec quel plat franchouillard ?

Sans hésiter, je vous conseille de partir sur un morceau de fromage d’Auvergne pour accompagner le verre. Allez, je dirai un morceau de Saint-Nectaire ou de Bleu d’Auvergne.

Allez soyons honnêtes, on mange mieux en France ou au Canada ?

Ah, c’est très difficile de répondre à ça. Chez moi à Vancouver, tu as quand même des supers restaurants avec le saumon de la côte ouest qui est le meilleur au monde. Maintenant sur l’ensemble, il faut bien dire que c’est la France. Je connais certaines auberges en Auvergne où l’on met la barre très haut.

Quel est l’expression de stade la plus sympa du rugby français ?

J’adore « dégoupiller », je trouve que le mot sonne bien. J’aime bien aussi quand les gens lâchent un « depuis le débuuuuuuuuuuut » après une faute. Pour moi, ça évoque les vieux au bord du terrain qui passent leur match à râler sur l’arbitre.

C’est vrai que les Français sont de grands râleurs ?

Ah oui, vous aimez bien ça. Nous, on est faciles à vivre et on ne se prend pas trop la tête. Vous, vous faites les choses que l’on vous demande mais il faudra toujours lâcher une petite phrase avant pour montrer que vous n’êtes pas contents. Mais ça va, car vous finissez quand même par le faire (rires).