Coupe du monde: Les phrases à lâcher pour montrer que vous êtes un vieux routier du foot féminin

FOOTBALL Parce que pour vous, l’équipe de France n’a pas commencé avec Laure Boulleau mais avec Marinette Pichon…

Julien Laloye

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Eugénie Le Sommer face à la Corée du Sud, le 21 juin 2015.
Eugénie Le Sommer face à la Corée du Sud, le 21 juin 2015. — Paul Chiasson/AP/SIPA

Nous sommes vendredi 26 juin 2015, il est bientôt 21h30 et vous venez tout juste de mettre la tapenade dans un petit bocal, à côté du saucisson. On sonne à la porte. Vos invités sont là, l’apéro est prêt, tout est réuni pour que vous passiez une bonne soirée devant France-Allemagne. Surtout qu’un quart-de-finale de Coupe du monde c’est pas tous les jours, et qu’en plus, « elles jouent vraiment vachement bien les filles ». Petit problème cependant : vous ne pipez rien au foot féminin et vous avez peur de sortir des énormités devant vos convives. Pas de panique, 20 minutes vous offre huit phrases à servir à votre audience pour faire croire à tout le monde que vous suiviez le foot féminin bien avant que celui-ci ne devienne populaire. Suivez le guide.

« Il veut pas baisser un peu le ton Denis Balibir là ? Moi j’ai vu du foot féminin commenté par Gilardi, je peux vous dire que c’était autre chose »

Le contexte : Si le foot féminin est depuis trop longtemps malmené par les agressions auditives de Denis Balbir ou Alexandre Delpérier, il fut un temps où regarder un match des Bleues était moins traumatisant que d’assister à un concert d’ACDC collé aux enceintes. C’était en 2002, quand Canal + avait les droits (et pour pas cher) et que Corinne Diacre qualifiait la France pour le Mondial dans le Chaudron. Le premier match des Bleues à la télé. Et ouais.

Quand la prononcer : Dès la prise d’antenne. C’est qu’elle porte loin la voix de Denis.

« Je suis bien content qu’on soit plus à l’époque où elles étaient obligées de se mettre à poil pour qu’on s’intéresse à elle »

Le contexte : Les spécialistes de la 25e heure n’ont peur de rien, surtout pas d’oser dire que le foot féminin c’est-tellement-plus-authentique-que-les garçons-et-puis-elles-ont-pas-besoin-de-se-mettre-en-soutif-pour-qu’on-les-regarde. Ben, oui, c’est ça. Et on peut savoir où ils étaient les pasionarias de Louisa Necib quand les Bleues posaient nues sur un calendrier avec le slogan « Faut-il en arriver là pour que vous veniez nous regarder jouer ? » ? A la plage ? Non parce que c’était en 2009, hein, pas il y a un siècle.

Quand la prononcer : Au premier gros plan sur Gaëtane Thiney, très à son avantage sur ledit calendrier

« Laura Georges, c’est une joueuse énorme en défense. Elle ferait une super paire avec Raphaël Varane. Meilleure que celle avec Koscielny en tout cas »

Le contexte : Laura Georges était déjà libéro et capitaine des Bleues que vous n’étiez pas née. En 2003, c’est déjà elle qui forme le duo défensif de l’équipe de France avec Corinne Diacre. 547 sélections plus tard, elle continue à faire la police derrière et n’a plus peur de rien. Même pas de Nasser-al-Khelaïfi, aligné dans une interview au Monde car il ne va pas voir les matchs des filles du PSG.

Quand la prononcer : Au bout d’un quart d’heure de jeu, quand tout le monde est rentré dans le match mais que l’ambiance est encore propice aux blagues. Accompagnée d’un rire gras de bon aloi, celle-ci devrait faite un carton.

« Henry et Trezeguet c’étais pas mal, mais chez les filles on a une attaquante qui a un Titi dans chaque pied. Marie-Laure Délie. 60 buts en 90 matchs »

Le contexte : L’avant-centre du PSG a vécu une saison difficile et elle s’est fait éclipser par Eugénie Le Sommer, monstrueuse depuis le début de la compétition. Soit. Mais la grande buteuse (oui ça sonne pas terrible, on sait) des Bleues c’est elle. 61 pions en 91 matchs, et pas tous moches en plus, comme les deux derniers contre la Corée. Qui dit mieux ? Nobody.

Quand la prononcer : De préférence 5/10 minutes avant l’ouverture du score des Bleues sur un coup de caboche de Marie-Laure. Votre cote sera au plus haut. Profitez-en pour conclure avec la jolie brune du canapé, ça ne va peut-être pas durer.

« Si on va au bout de ce mondial, le titre, il sera un peu pour Mémé Jacquet »

Le contexte : Aime Jacquet n’est pas seulement l’homme qui a roulé sur le Brésil avec Stéphane Guivarc’h en pointe et Christian Karembeu au milieu un soir de grâce de l’an 98. Cette même année, « Mémé », convaincu du potentiel du foot féminin, autorise les filles à utiliser les installations de Clairefontaine pour accélérer leur progression. Il est d’ailleurs venu leur faire un petit coucou avant leur départ pour le Canada.

Quand la prononcer : A la mi-temps, quand la France mène 1-0 et que les demi-finales sont tout près. Attention, tout de même, cette référence à la préhistoire pourrait griller vos chances avec la fameuse brune du canapé, si vous n’avez encore rien tenté.

« Cette occasion ratée, ça pue les regrets. Comme le peno de Bussaglia face au Japon. J’en chiale encore… »

Le contexte : L’équipe de France joue bien au foot, c’est un fait, mais les vrais savent qu’elle manque aussi cruellement de réalisme dans les gros matchs. Lors des JO 2012, par exemple, les Bleues marchent sur le Japon mais manquent salement le pénalty de l’égalisation en fin de match. Avant de rater une bonne quinzaine d’occazes toutes faites contre le Canada dans le match pour la médaille de bronze.

Quand la prononcer : Après le sixième face-à-face raté par Elodie Thomis alors qu’on a toujours qu’un but d’avance, vers la 70e. On peut considérer que c’est le bon moment.

« Si seulement on avait la gardienne américaine, on aurait déjà deux titres de championnes du monde »

Le contexte : Ce n’est pas qu’on aime s’acharner, mais il faut bien avouer que le poste le plus faible du foot féminin reste de très loin celui de gardienne. Sarah Bouhaddi, la portière (oups c'est pas beau non plus) de l’OL, ne rassure pas toujours sa défense, à l’image de sa boulette face à la Colombie. Tout le contraire de Hope Solo : quand l’Américaine ne bat pas son mari ou ne se masturbe pas devant la caméra, elle est la meilleure gardienne du monde.

Quand la prononcer : Quand Bouhaddi va rater sa sortie sur une balle aérienne et offrir l’égalisation à Alexandra Popp. Dommage, il ne restait que dix minutes.

« Le foot chez les filles, c’est un sport qui se joue à onze et à la fin c’est les Allemandes qui gagnent »

Le contexte : Figurez-vous que la Mannschafte ne nous réussit pas beaucoup mieux que la Mannschaft. On parle quand même de la référence absolue chez les filles. Deux Coupes du monde (2003-2007), les quatre derniers championnats d’Europe (2001, 2005, 2009, 2013) et les trois dernières Ligues des champions (L’OL et le PSG en pleurent encore), le palmarès des teutones est Kolossal. Surtout comparé au nôtre.

Quand la prononcer : A la 85e, quand l’Allemagne nous plantera un contre assassin pour l’emporter 2-1 après avoir passé tout le match dans ses 40 mètres. A part sur un corner. Et sur un contre, donc. Une belle manière d’étaler votre immense culture footballistique à la face de votre salon, avant d’aller pleurer discrètement sur votre doudou, petit être sensible que vous êtes.