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«En vacances», Guingamp peut-il empêcher Paris d'être champion ?

«En vacances», Guingamp peut-il empêcher Paris d'être champion ?

FOOTBALLTrouble-fêtes, alors qu'ils n'avaient plus rien à jouer...
Paul Arrivé

Paul Arrivé

Les Lyonnais n'attendent que ça. Cette frappe moisie de Claudio Beauvue dans les arrêts de jeu contrée par la cuisse de Marquinhos. Le contre-pied est aussi parfait que le coup réalisé par les Guingampais. Venus en touristes visiter la capitale, les Bretons repartent avec dans leurs bagages trois points et les larmes éternelles de Nasser, laissant échapper ses rêves de troisième titre consécutif. Paris martyrisé, c’est une autoroute vers le titre de champion de France pour les Rhodaniens, glané à la dernière journée sur la pelouse de Rennes grâce au goal-average.

Rouen, cauchemar des Nantais

Un scénario improbable certes, mais que l'histoire du championnat de France ne nous empêche pas de totalement écarter. Saison 1977-1978: à deux journées de la fin, les champions de France en titre nantais sont à la lutte avec Monaco pour conserver leur bien. Sur la route des Nantais, Rouen, dernier, en perdition cette année-là et assuré depuis plusieurs semaines de poursuivre son existence à l'échelon inférieur. «C'était sans doute leur meilleur match de la saison, se souvient Bruno Baronchelli, titulaire avec le FC Nantes ce jour-là. Ils se sont battus comme des fous, ont bien défendu… Ils ont tout fait pour qu'on ne marque pas.» Un 0-0 sans conséquence pour les locaux, mais qui condamne quasiment les Canaris à la deuxième place.

En 1999 aussi, avant de s'incliner face à Bordeaux dans les arrêts de jeu, le PSG avait retourné Marseille au Parc. Empêchant ainsi les Olympiens de garder leur destin en main.



Les intérêts personnels entrent en compte

«Même quand on n'a plus rien à jouer, on reste des professionnels, assure Olivier Thomas, qui a fait vivre avec Troyes le même cauchemar aux Lensois à quatre journées de la fin en 2002 (perte du titre lors de la dernière journée à Lyon). Et quand on est maintenu, qu'on a atteint l'objectif du club, les intérêts personnels entrent en compte. Ça peut aussi dépendre de l'évolution du score au fil du match, mais si l'on prend l'exemple de Guingamp à Paris, une bonne performance des joueurs sur le départ peut être très valorisante. On n'avait rien contre Lens, mais c'est bien de montrer de quoi on est capable contre une équipe qui va être championne». Ou qui aurait pu l'être, du coup.

«Paris, c'est un match particulier pour tous les joueurs du championnat, estimait l'entraîneur de Guingamp Jocelyn Gourvennec jeudi. Aller jouer au Parc c'est toujours un moment important. Il y a toujours l'appréhension de prendre un bouillon mais on se prépare à faire un match sympa à jouer.» Invaincus à domicile cette saison, il y a quand même peu de chance de voir les Parisiens sombrer... Mais l'expérience de Bruno Baronchelli incite le PSG à la prudence: «On n'a pas abordé notre match d'une manière différente par rapport à d'habitude. Mais au fil de la rencontre on a commencé à douter parce qu'on n'y arrivait pas. Le terrain aussi n'était pas fameux... C'est un très mauvais souvenir». Et si Guingamp était le Rouen de 2015?