Periscope et Meerkat vont-ils révolutionner le sport en direct?

SPORT Les applications de retransmission en direct inquiètent les diffuseurs du monde entier...

Antoine Maes

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Des spectateurs d'un match de baseball se servent de leur téléphone pendant un match des Chicago Cubs, le 17 avril 2015.
Des spectateurs d'un match de baseball se servent de leur téléphone pendant un match des Chicago Cubs, le 17 avril 2015. — JONATHAN DANIEL / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Vous pouvez résilier vos abonnements à Canal + ou beIN Sport et même balancer votre télé à la poubelle. Enfin, vous pourrez peut-être dans un avenir pas si lointain: le développement des applications de retransmission en direct Meerkat et Periscope offre en effet de sacrées perspectives aux adeptes du sport en live (et des gros maux de tête aux diffuseurs). Déjà vent debout contre l'utilisation massive des Vines, les détenteurs de droits sur les compétitions sportives commencent à s'arracher les cheveux. 

Exemple le plus récent? le fameux «combat du siècle» entre Floyd mayweather Manny Pacquiao. Le combat entre les deux hommes a réuni jusqu'à 6.000 spectateurs sur certains streams de Periscope, affirme le site SiliconAngle. Un succès relatif qui a évidemment inspiré Dick Costolo, le PDG de Twitter, le propriétaire de Periscope.

 

De quoi faire enrager HBO et Showtime, les diffuseurs du combat, qui proposaient de leur côté un pay-per-view à... 100 dollars. Un des promoteurs du combat a d'ailleurs déjà annoncé son intention de porter plainte, relaie ESPN. Aux USA, l'utilisation de Periscope et Meerkat a déjà fait brainstormer mes services juridiques des grandes ligues. Au base-ball, la puissantce MLB a autorisé les fans à filmer les rencontres.

Selon son directeur de la communication, «aucun fan ne vient au match en pensant à retransmettre en direct ne serait-ce que la moitié d'une manche. Ils prennent des images de nos joueurs depuis longtemps, et nous devons autoriser cette activité». Réaction inverse en NHL, où les pontes du hockey ont interdit aux journalistes de se servir de Periscope ou Merkaat depuis la tribune de presse.

 

Et en Europe? Pour le moment, l'usage des deux apllications n'est pas encore aussi répandu. Mais la question ne devrait pas tarder à se poser. «Que le fan devienne un concurrent direct à Canal ou beIn Sport, je suis un peu sceptique, assure Boris Helleu, maître de conférences à l'université de Caen et spécialiste des stratégies digitales dans le sport. Ce qui fait l’intérêt d’un contenu en direct à la télé, c’est l’expertise du commentaire et la qualité de l’image». Sans oublier les limites technologiques du moment: durée de la batterie du smartphone, accès à la 4G des tribunes... N'empêche, les diffuseurs auraient tort de se borner à tenter d'endiguer le phénomène

Pourquoi la LFP n'aura pas tout de suite la peau des streamings illégaux

Les clubs pourraient ainsi tenter de développer leur propre format, à l'image de ce qu'a tenté l'OGC Nice. Tout en respectant leurs diffuseurs: «Ce qu'ils devraient tenter, c’est un live periscope des conférences d’après-match. Pour le moment, c'est à la radio ou sur Twitter, mais le truc filmé je ne l'ai pas vu encore», reprend Boris Helleu. Et si on oublie volontairement les contraintes légales, il y a de quoi rêver à une toute nouvelle façon de regarder du sport. «Là où ça peut être intéressant c’est qu’il y a un côté en immersion sur un spectacle qu’on ne peut pas nécessairement voir. Tu mets 20 gars dans un stade avec 20 points de vue différents, tu mets ça sur une plateforme où l’utilisateur peut choisir son angle de vue, et là tu as une super-expérience de téléspectateur». Evidemment ne rêvez pas, ce jour-là, ce sera payant.