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La petite mort d'un «working class hero»

La petite mort d'un «working class hero»

FOOTBALL – Robbie Fowler a disputé dimanche son dernier match à Anfield Road, l'antre de son club de toujours, Liverpool. Hommage en images...
Stéphane Alliès

Stéphane Alliès

Un dernier match à l'image d'une carrière. Pour ses adieux au public de Liverpool, Robbie Fowler a connu la triste ironie d'être remplacé à quelques minutes du terme de la rencontre opposant les Reds à Charlton. L'ovation a rapidement laissé place à la déception, le remplaçant de Fowler usurpait sans le vouloir un dénouement rêvé par tout un stade, transformant un penalty obtenu dans les arrêts de jeu. Qu'importe, le kop d'Anfield pouvait fêter son héros.



«Mighty Robby» tire donc sa révérence, après 14 ans d'une carrière tumultueuse, entre buts de génie et dérapages contrôlés. Une carrière entamée et terminée à Liverpool, après une parenthèse de six saisons à Leeds (2001-03) et Manchester City (2003-05). L'infidélité aux Reds ne pouvait être le fait de Fowler, mais plutôt de l'entraîneur d'alors, tant le lien qui l'unit à son club formateur et à ses supporters s'impose comme un exemple d'amour du maillot dans un football moderne de plus en plus dénué de ce type de valeurs. «Il n'y a qu'un seul Robbie Fowler», comme aime à le chanter les supporters des Reds.



L'amour du public des rives de la Mersey pour sa petite frappe d'attaquant remonte au soutien que ce dernier avait publiquement affiché à la grande grêve des dockers de Liverpool en 1995, arborant deux ans plus tard sur son t-shirt un message de soutien aux 500 personnes licenciées.



Proche de la classe ouvrière, Fowler le fils d'ouvrier se verra excuser par ses fans tous ses excès. Comme ce jour de 1999, où il célébra un pénalty marqué contre Everton en sniffant la ligne de but, pour répondre aux rumeurs répandue par les supporters de l'autre club de Liverpool sur une supposée addiction à la cocaïne.



C'était ça Fowler. Un mec avec une tête d'ivrogne et un corps un peu grassouillet, mais capable de planter des buts plus incroyables les uns que les autres. Et de les fêter comme un vrai «Scouser», par exemple en sautant sur un steward qui neutralise l'un de ses fans.



Provocateur, le public liverpudlian retiendra aussi son côté espiègle et roublard, qui verra le lutin de la Mersey malaxer les couilles du défenseur mexicain du PSV Eindhoven, Carlos Salcido. Ce dernier déclara après le match qu'il «s'y prenait mieux que sa femme».



Aussi, quand Robbie Fowler annonce son retour à Liverpool, le kop d'Anfield se remet à l'ouvrage et pond un nouveau chant. Après «we are living in a Robbie Fowler's house» (sur l'air du «Yellow Submarine» des Beatles, un clin d'œil aux investissements immobiliers de l'attaquant prodige dans les quartiers populaires ). Cette fois-ci, c'est «Fowley's back».



Puis vient le grand jour, en février 2006, celui du retour de Dieu au pays.



Ce lundi, Liverpool est en deuil. Son fils prodige ne portera plus le maillot rouge. Il ne reste plus que le souvenir des 183 buts (sur 224 au total) marqués par Fowler avec son club natal. Pour pleurer un peu de ce foot anglais qu'on aime tant et qui s'en est allé un peu plus dimanche.


En version courte, ça pouvait donner un enchaînement supersonique comme ça:



En version longue, ça donne cinq minutes de plaisir et, désormais, de nostalgie.