Ne vous inquiétez pas pour la Fifa, elle n'a jamais gagné autant d'argent
FOOTBALL•L'institution dirigée par Sepp Blatter a dévoilé son bilan financier...A.M. avec AFP
On ne s'inquiétait pas vraiment de la santé financière de la Fifa. Et on avait bien raison. Vendredi, l'institution a présenté son bilan pour la période 2011-2014. Effort louable, elle a même envoyé Markus Kattner, son directeur financier, venir s'expliquer. Le chiffre global à retenir? En trois ans l'instance dirigée par Sepp Blatter a réalisé un bénéfice de 314 millions d'euros. On parle bien de bénéfices: le chiffre d'affaires total se monte lui à 5,3 milliards d'euros. Evidemment, il y a de quoi afficher un très, très large sourire.
En parlant du président lui-même, il est toujours impossible de connaître son salaire comme patron, «simplement parce que contrairement à une entreprise cotée en Bourse, nous n'y sommes pas obligés», explique Markus Kattner. Tout juste sait-on que de 2011 à 2014, les dépenses de personnel se sont élevées à 368 millions d'euros. Par ailleurs, n'ayez pas l'esprit trop mal tourné, la Fifa paie bien des impôts («aux alentours de 13%» selon le DAF), malgré son statut d'association, qui plus est domiciliée en Suisse.
Alors pourquoi ça ne ressemble pas à ça, le siège de la Fifa?
Parce qu'elle en dépense beaucoup, de l'argent:
- Les deux tiers de l'argent vont au foot: 72% de l'argent dépensé est « investi directement dans le football ». Ainsi, sur les 2 milliards consacrés au Mondial 2014, 442 millions ont été reversés aux 32 équipes. De plus, sur la période, la Fifa a dépensé un peu plus d'1 milliard de dollars dans des programmes de développement du football, chacune des 209 fédérations affiliées recevant une part.
- Un fonds de 93 millions d'euros pour le Brésil, pour «garantir l'héritage» du Mondial au Brésil. Environ 60% de cet argent ira au «financement d'infrastructures et 15% au développement du football féminin», explique Cyril Loisel, directeur des programmes de développement de la Fifa, précisant que les dépenses sont strictement contrôlées et soumises à des audits.
Et puis il reste enfin le petit bas de laine, celui qu'on utilise qu'en cas de coup dur (comme allonger la sauce pour les grands clubs européens quand on leur fait impose le Mondial 2022 au Qatar). La Fifa est aujourd'hui assise sur des réserves de 1,4 milliard d'euros. «On critiquait M. Blatter quand nous n'avions pas de réserves et on le critique maintenant qu'elles sont élevées...», répond Markus Kattner.



















