Crash en Argentine: Avec Camille Muffat, «on sentait qu’il ne pouvait rien nous arriver»

INTERVIEW Mylène Lazare a partagé des relais et remporté des médailles avec la championne olympique…

Propos recueillis par R.B.

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Les Françaises Coralie Balmy, Mylène Lazare, Charlotte Bonnet et Camille Muffat aux Mondiauxï, en 2013 à Barcelone
Les Françaises Coralie Balmy, Mylène Lazare, Charlotte Bonnet et Camille Muffat aux Mondiauxï, en 2013 à Barcelone — Michael Sohn/AP/SIPA

Camille, «je la connais depuis 2005», à l'époque des championnats de France où elle s’était révélée en battant, à 15 ans, la grande Laure Manaudou. Mylène Lazare, ancienne nageuse reconvertie en coach à Saint-Raphaël, a partagé de nombreux relais avec Camille Muffat, décédée lundi soir dans un accident d’hélicoptère en Argentine. Avec à la clé, une médaille de bronze en 4x200 mètres aux Jeux olympiques de Londres. «Avec Camille, on sentait qu’il ne pouvait rien nous arriver», se souvient-elle.

Vous avez beaucoup côtoyé Camille Muffat lors des Jeux olympiques de Londres, où elle a connu son apogée (trois médailles, dont l’or sur 400 mètres). Quels souvenirs en avez-vous?

Elle était impressionnante de détermination. Elle savait ce qu’elle faisait et où elle allait. Elle donnait l'impression de maîtriser, c’en était presque troublant. On était tous impressionnés. On était tellement heureux d’avoir partagé sa victoire sur le 400 mètres, surtout que c’était au début des jeux. Elle a vraiment lancé l’équipe de France. Elle paraissait tellement forte.

Comment était-elle dans une équipe de relais?

Elle dégageait beaucoup de sérénité. Avec elle, on sentait qu’il ne pouvait rien nous arriver et que ça allait bien se passer. Elle était sûre d’elle, sûre de nous. C’était agréable de se sentir forte comme ça derrière le plot. Ce n’était pas forcément celle qui parlait le plus, mais elle avait cette force.

Quelle trace laissera-t-elle dans l’histoire de la natation?

Elle était une nageuse extraordinaire bien sûr, mais si elle a eu tant de résultats c’est grâce à son tempérament. C’était une battante, une gagnante, une dingue de travail. On a l’impression qu’elle était imbattable, toujours sûre d’elle. Même à l’entraînement elle allait vite, elle était très forte.

Comment vivait-elle sa nouvelle vie de retraitée?

Je prenais de ses nouvelles auprès de Charlotte Bonnet qui était très proche d’elle. Elle était heureuse depuis qu’elle a arrêté, épanouie dans cette nouvelle vie, elle prenait le temps de faire des choses qu’elle n’avait pas le temps de faire avant. Elle était prête à profiter de la vie. Ce drame qui arrive si soudainement… On est sous le choc. C’est si soudain... On n'arrive pas à comprendre, ni à imaginer qu’elle n'est plus là.