PSG-Chelsea: «David Luiz est sincère, et il l’était déjà il y a quinze ans», raconte Felipe Saad

FOOTBALL Le défenseur de Caen évoque son ami du PSG, David Luiz, qu’il a retrouvé le week-end dernier…

Antoine Maes

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Felipe Saad et David Luiz, le samedi 14 février, au Parc des Princes.
Felipe Saad et David Luiz, le samedi 14 février, au Parc des Princes. — Capture d'écran Twitter Felipe Saad

Le timing n’était peut-être pas parfait, mais Felipe Saad ne s’attendait certainement pas à autant de commentaires railleurs. Samedi, quelques minutes après le match nul de Caen chez le PSG (2-2), le joueur normand a posté une photo sur Twitter avec son compatriote David Luiz. La grimace de l’ancien joueur de Chelsea n’a pas plu à certains internautes supporters du PSG. Saad voulait juste «rendre hommage à un mec que j’ai connu il y a quinze ans et qui n’a pas changé d’un poil. Il a joué le jeu pour notre amitié, ce n’est pas qu’il se foutait du match». Alors que David Luiz retrouvera son ancien club de Chelsea mardi, son compatriote raconte les débuts de celui qui ne portait pas encore les bouclettes.

 

Comment vous êtes-vous rencontré avec David Luiz?

J’étais au centre de formation du Vitoria Bahia lorsqu'il est arrivé en 2001. Il est de 1987, moi je suis de 1983. Quand il est arrivé, il avait 13 ou 14 ans, moi 18. On s’est côtoyé là-bas, et puis on a perdu contact complètement pendant quinze ans, on ne s’est plus vus. Même avec les réseaux sociaux, c’est un peu compliqué de le contacter, vu qu’il a 2 millions d’abonnés. Je n’ai pas osé… Et puis samedi, il était remplaçant, moi aussi. Lui faisait des passes longues et moi mon toro, et à un moment donné, mon ballon part de leur côté. Il me fait coucou et me dit «Ouais Saad, on se parle après!» Il savait que j’étais parti du pays, mais il ne savait pas exactement où. Il était surpris: "Je ne savais pas que t’étais là depuis longtemps."»

On le connaît très bien aujourd’hui, mais David Luiz à 13 ou 14 ans, il était comment?

Physiquement, il avait la tête rasée, je m’en souviens bien. Et il avait le physique de… je ne sais pas, Matuidi! Il était tout fin. Mais ça a été hyper vite pour lui. Il est de Diadema, c’est juste à coté de Santos, chez moi. Je suis parti à Salvador de Bahia, à 2.000km. On est parti pour essayer de trouver une nouvelle chance, et ça a marché pour tous les deux. Bon, chacun à son niveau bien sûr. Est-ce qu’on voyait qu’il deviendrait un futur grand? Non, c’est difficile, mais on voyait qu’il avait tout pour percer. Parfois, tu vois certains joueurs qui sont anodins, et puis il y a d’autres qualités qui entrent en jeu. C’était déjà un très bon défenseur, il était déjà fort, mais on ne pouvait pas prédire qu’il allait devenir un des meilleurs du monde.

Il a aussi l’image de quelqu’un de cool, qui blague souvent, qui fait des grimaces. Il était déjà comme ça?

Ce n’est pas du simulé. Certains joueurs, ou même des acteurs, font ça un peu pour l’image, ils sont conseillés par des boîtes de gestion de l’image. Lui non, ça se voit que c’est naturel. Par exemple, il adore les enfants, et ce n’est pas parce qu’il veut montrer une bonne image de lui, c’est quelque chose de sincère, il était comme ça il y a quinze ans. Et il n’avait pas de raison de changer parce qu’il avait une image à gérer.

C’est quoi son image au Brésil?

Il est parti très tôt du mais il est connu parce que forcément, physiquement c’est un personnage. Mais la Coupe du monde a permis aux gens de connaître son côté passionné. Il a joué avec le cœur, les tripes. Même si on a pris le 7-1, il ne s’est jamais caché, il a parlé après le match, il a présenté ses excuses. Là c’est pareil: c’était lui qui parlait, ce n’était pas pour une gestion d’image. Et ça, les gens le voient. Ils ne sont pas bêtes les Brésiliens, ils savent que c’était sincère.