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VIDEO. Télévision: Pourra-t-on bientôt voir les matchs avec les yeux des joueurs?

VIDEO. Télévision: Pourra-t-on bientôt voir les matchs avec les yeux des joueurs?

SPORTDe plus en plus de dispositifs mettent les spectateurs au coeur du jeu…
Antoine Maes

Antoine Maes

A moins d’être un fin connaisseur des start-up espagnoles, vous n’avez sans doute jamais entendu parler de FirstV1sion. Et pourtant, le dispositif développé par cette société catalane vous donnera un aperçu de ce à quoi ressembleront prochainement vos dimanches soirs dans le canapé et devant le foot. Grâce à une mini-caméra insérée dans une combinaison, vous pourrez désormais «avoir la vision subjective des sports par ceux qui y jouent, ce qui n’est pas possible pour le moment», indique leur site internet. Un test grandeur nature sur des joueurs de Cordoue (D2) donne d’ailleurs déjà un aperçu.



Ce genre de dispositif, s’il fait encore un peu tanguer l’estomac, confirme la tendance à «l’inside» des retransmissions: «Les on-board en F1, ça fait quand même 15 ans que ça existe», souligne François-Charles Bideaux, directeur de la production du pôle sport de Canal+. Pionnière dans ce domaine, la chaîne cryptée a bien compris l’intérêt pour son téléspectateur. «Ça apporte émotion, dynamisme, spectacle, action. Quand vous êtes à 3 ou 4 mètres des joueurs, c’est encore une autre impression. Vous éprouvez la puissance, la violence, l’engagement, vous êtes saisi par le son d’un tacle», décrit Bideaux.

«Le gros point noir, c’est la paranoïa des joueurs et des entraîneurs»

Selon lui, «on n’est même pas aux balbutiements» de cette nouvelle façon de filmer le sport en direct. Technologiquement d’abord, puisqu’il faudrait pouvoir s’assurer d’une qualité d’image supérieure. Mais surtout moralement. «Le gros point noir, c’est la paranoïa des joueurs et des entraîneurs. Au foot, il y a un vocabulaire grossier entre joueurs ou même vis-à-vis des arbitres. Pour l’instant c’est toléré, et si ça devenait public ce serait intolérable. On se heurte à la bonne image que les acteurs veulent présenter au public», reprend François-Charles Bideaux. Le basket a passé un cap en acceptant le week-end dernier de faire porter un micro à deux joueurs lors de Pau-Asvel: «Peut être que les deux joueurs ont fait attention, mais on n’a pas filtré».

Car avant d’espérer voir avec les yeux du joueur, il faudra commencer par entendre avec ses oreilles. «Petit à petit on gagne comme ça, reprend Bideaux. Au lieu d’avoir un sport de sourd-muet on aura toute la dimension sonore qui sera restituée. D’ailleurs ça révolutionnera profondément le commentaire. Il y a des voix qui disent qu’on désacralise. Mais savoir ce qu’ils pensent, sortir de la langue de bois, éprouver comment ça se passe et comment ils pensent, ces effets de vérité, c’est toujours une vertu». A un moment donné, le plus simple pour le spectateur serait quand même de reprendre le foot.