PSG: C’est quoi au juste le «pastorisme», le culte dédié à Javier Pastore?

FOOTBALL Le milieu de terrain argentin, enfin régulier après des mois de hauts et de bas, a toujours pu compter sur une communauté de croyants le soutenant…

Antoine Maes
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Le milieu de terrain du PSG Javier Pastore, le 25 octobre 2014 contre Bordeaux au Parc des Princes.
Le milieu de terrain du PSG Javier Pastore, le 25 octobre 2014 contre Bordeaux au Parc des Princes. — FRANCK FIFE / AFP

«J’ai toujours pensé que Javier faisait du bon boulot. Il a été critiqué de manière trop agressive pour des motifs pas forcément liés au foot». Salvatore Sirigu ne le sait peut-être pas, mais il a toutes les caractéristiques d’un «pastoriste». Un quoi? Un fidèle de Javier Pastore, priant pour ses titularisations et chantant les louanges de l’Argentin. Et qui fait donc la promotion d’un culte particulièrement développé sur les réseaux sociaux: le «pastorisme». Antoine, étudiant à Londres de 22 ans, créateur du compte Twitter @Pastorisme, explique son rôle d'apôtre d'«El Flaco».

Le pastorisme est un romantisme. Si le romantisme est la «volonté d'explorer toutes les possibilités de l'art afin d'exprimer ses états d'âme», en quoi Javier Pastore serait sa déclinaison footballistique? «C’est un mot qu’on a plaqué sur lui. Mais il a une intelligence dans le jeu différente de celle d’un Lucas ou d’un Lavezzi. Il a l’élégance, la classe, un truc qui va toucher certaines personnes», tente d’expliquer Antoine. Qui a développé ce qu’il refuse tout de même d’appeler un concept «grâce» aux critiques envers le joueur parisien. «Si on regarde comment il était traité dans les médias et par les supporters, il y avait une in-objectivité vraiment flagrante. Du coup, les réactions complètement disproportionnés d’amour envers lui sont venues pour contrebalancer les critiques».

 

Le pastorisme est un anachronisme. Alors que Messi et Cristiano Ronaldo dominent le football mondial, adorer Javier Pastore est une forme de nostalgie. «Sa façon de se mouvoir sur le terrain, c’est un peu à l’ancienne, décrit Antoine. Ça contraste avec Messi et Ronaldo, leurs 40 buts par saison, la dictature du nombre de buts, en gros. Pastore, c’est un moyen de dire que le foot c’est aussi des gens sur un terrain qui font rêver et pas parce qu’il a marqué tant de buts, ou qu’il a fait tant de passes. Il est moins machine».

 

Le pastorisme est un snobisme. Le grand plaisir de l’adepte du «pastorisme» est aussi son isolement (de plus en plus relatif) dans le monde du foot. Snob, le «pastoriste»? «Peut être un peu. Dans le sens où Pastore c’est le mec qui n’est pas mainstream de base. C’est vrai pour tout, la musique, les arts. C’est le côté hipster du foot», reprend Antoine. Qui prend donc un malin plaisir à défendre son idole envers et contre tous. «Il va être clivant. Quelqu’un qui ne l’aime pas, je vais dire qu’il ne connaît pas le foot. Quand il a fait sa roulette à Metz, je savais très bien qu’il allait tenter un truc sale. Ce qui m’a énervé, c’est ceux qui faisaient comme s’ils étaient étonnés».

 

Revoir le geste technique de Pastore contre Metz dans ce zap sport: