Cinq sportifs professionnels, ils ont changé de nationalité pour continuer leur carrière

TOUS SPORTS Comme la championne de Taekwendo Marlène Harnois, passée de la France au Canada, ces athlètes représentent un autre pays du jour au lendemain…

B.V.

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"+Si tu veux rester en France, tu te maries ou tu dégages+: voilà ce qu'on m'a dit", a déclaré Marlène Harnois qui s'est mariée en juin 2006, a obtenu la nationalité française en avril 2008 et a divorcé en 2009.
"+Si tu veux rester en France, tu te maries ou tu dégages+: voilà ce qu'on m'a dit", a déclaré Marlène Harnois qui s'est mariée en juin 2006, a obtenu la nationalité française en avril 2008 et a divorcé en 2009. — Alberto Pizzoli AFP

Médaille d'argent olympique de taekwondo en 2012 pour la France, Marlène Harnois, suspendue 2 ans par sa fédération après ses accusations de harcèlement, combattra pour son pays d'origine, le Canada, mi-novembre aux Championnats du Commonwealth. Comme elle, plusieurs sportifs ont décidé à un moment dans leur carrière de changer de nationalité pour poursuivre leur passion. En voici quelques exemples.

Alfredo Di Stefano - Footballeur argentin de naissance, a connu des sélections avec l'Argentine, la Colombie et l'Espagne

L'Argentin Di Stefano avec le Real Madrid, en 1960 - Robert Hallam / Rex Fea/REX/SIPA


L'un des meilleurs joueurs du XXe siècle a connu une trajectoire internationale très mouvementée. Argentin né à Buenos Aires en 1926, il participe avec son pays aux championnat sud-américain en 1947. Deux ans plus tard, il part incognito vers la Colombie, avec qui il connaitra une poignée de sélections, non homologuées par la Fifa en raison de la suspension de la Fédération colombienne. Après son transfert au Real Madrid, en 1955, il obtient la nationalité espagnole et jouera 31 rencontres avec la Roja pour 23 buts.

Navratilova - Tenniswomen tchèque de naissance, devenue américaine

Martina Navratilova âgée de 36 ans, en 1993 - Robert Hallam / Rex Fea/REX/SIPA

Celle qui est encore considérée aujourd'hui comme la plus grande tenniswoman de tous les temps a fui son pays, la République Tchèque, à l'âge de 18 ans car sa fédération ne la laissait pas s'aligner sur le circuit américain. Arrivée en 1975 aux Etats-Unis, elle obtient la nationalité améraicaine six ans plus tard.

Bernard Lagat - Athlète de demi-fond kényan, naturalisé américain

Bernard Lagat aux Mondiaux d'Athletisme en Pologne, en 2014 - Matt Dunham/AP/SIPA

C'est pour participer aux Jeux Olympiques d'Athènes que Bernard Lagat a décidé de ne plus représenter les couleurs du Kénya. Le spécialiste du 1500 mètres, deux fois champion du monde, a annoncé en mars 2005 qu'il n'a pas pu courir pour le Kenya à Athènes parce qu'il avait été naturalisé américain trois mois avant les Jeux. La loi Kényane stipulant que tout individu de plus de 21 ans décidant de changer de pays perd automatiquement sa nationalité kényanne, il a été obligé de courir pour l'Oncle Sam aux JO puis tout le reste de sa carrière.

Rory Kockott -  Rugbyman sud-Africain de naissance, sélectionné avec le XV de France

Rory Kockott à l'entraînement avec l'équipe de France, en octobrre 2014 - Christophe Ena/AP/SIPA

Comme de nombreux rugbyman du XV de France avant lui, Rory Kockott n'est pas né français. Mais son pays d'origine - l'Afrique du Sud - ne lui ayant jamais donné sa chance en sélection, le demi de mêlée de Castres peut désormais jouer avec le XV tricolore. Avant lui, de nombreux autres joueurs comme Peter de Villiers, Tony Marsh ou Bernard le Roux ont connu le même destin

Diego Costa - Football brésilien de naissance, désormais attaquant de l'équipe de l'Espagne

Diego Costa sous le maillot du Brésil (à gauche) en 2013 puis de l'Espagne en 2014 - Yves Logghe/AP/SIPA

C'est sans doute le plus polémique de tous. Brésilien de naissance, Diego Costa joue avec son pays deux matchs amicaux en mars 2013 face à l'Italie et la Russie. comme ces matchs ne sont pas officiels, Diego Costa n'est pas bloqué par le Brésil et peut encore choisir une de répresenter une autre sélection. Joueur de l'Atletico Madrid depuis 2007, il devient citoyen espagnol en juillet 2013 et décide alors, en prévision de la Coupe du monde 2014, de devenir l'avant-centre de la Roja. Vexé, le Brésil a chercher à lui retirer la nationalité auriverde.