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Les Blacks obscurs objets de désir

Les Blacks obscurs objets de désir

RUGBY – Après Umaga, voici Kelleher, Oliver, Mauger… Les Néo-Zélandais arrivent en masse en Europe. Le pourquoi du comment…

C’est une déferlante de fougères argentées qui s’abat sur le championnat de France de rugby et, dans une moindre mesure, dans celui d’Angleterre. Après l’épisode Tana Umaga à Toulon cette année, la saison prochaine de Top 14 devrait un fort parfum de Nouvelle-Zélande. Ce qui ne va pas sans poser un certain nombre de question.


Quelles sont les stars blacks que l’on va voir à la télé en décembre 2007?

On en est déjà certain: le demi de mêlée Byron Kelleher à signé à Agen, le talonneur Anton Oliver à Toulon et l’ouvreur Aaron Mauger à Leicester. Pourraient les imiter Doug Howlett, Luke Mac Allister, Ali Williams, Nick Evans et Sitiveni Sivivatu. Ainsi que Tana Umaga, qui pourrait faire son retour sur la rade toulonnaise en tant qu’entraîneur.

A la lecture de ces noms, l’on se rend compte que ce ne sont plus les pré-retraités qui viennent, mais bel et bien des titulaires internationaux, qui font d’ailleurs une croix sur leur sélection en choisissant de quitter leur pays.


Pourquoi ce choix de l’exil?

Trois raisons principales: la prochaine Coupe du monde est dans quatre ans, la stabilité familiale et professionnelle, l’argent.

Ces joueurs ayant déjà connu des heures glorieuses dans leur pays en club et espérant empocher un titre mondial en septembre, ils trouvent un intérêt sportif à se tester dans l’hémisphère Nord. Un choix qui leur offre en outre une stabilité familiale, dont ils sont privés dans le Sud, tournées + Super 14 + Tri Nations obligent. Une parenthèse d’environ 4 mois hors de leurs foyers qui n’a plus lieu d’être en Europe. Et si, en plus, on effectue une plus-value, c’est encore mieux. Le salaire moyen d’un international all-black est de 180.000 euros brut annuels, 250.000 pour les meilleurs. Hors, Kelleher empochera à Agen 480.000 euros brut, Oliver 340.000 à Toulon et Mauger 360.000 à Leicester…

Est-ce positif pour le championnat de France?

Oui, car le Néo-Z s’intègre très bien à l’étranger. Preuve en est l’expérience Umaga à Toulon. Arrivé pour huit matchs, il a transformé une pâle de deuxième division en machine de guerre aux portes de l’élite, réalisant au-delà du réel les plus belles promesses, en marquant quatre essais décisifs en quatre matchs et en redéfinissant le jeu de la ligne arrière à sa main. De plus, voir des stars telles que Kelleher ou Oliver en France, surtout juste après la Coupe du monde, pourrait augmenter la dynamique ovale et remplir davantage les stades.


Est-ce dramatique pour le championnat de France?

Oui aussi, car l’Hexagone pourrait connaître le même sort que l’Angleterre qui, à force de faire venir en masse des étrangers, se retrouvent avec une équipe nationale à la ramasse. Prémisses inquiétantes, l’absence de relève dans le XV de France à certains postes (dans la mêlée surtout, où Argentins, Italiens, Roumains, Géorgiens et autres Sudafricains squattent en force le Top 14). Notre système de formation n’est pas encore apte à supporter la concurrence, face à la profusion de vocations du Sud où, selon l’entraîneur adjoint des Blacks Steve Hansen cité dans «L’Equipe», l’on part «du principe que pour un poste il faut former quatre joueurs: un pour nous, un pour le marché anglais, un pour la France et un pour le Japon».


Dernier motif d’inquiétude, soulevé par Serge Blanco, toujours dans «L’Equipe», une certaine dérive «façon foot» de la gestion de club: «Je ne suis pas du tout heureux de ce qui commence à se tramer. Je vois des salaires qui ne sont pas forcément mérités. On récompense avant d’avoir des résultats», explique le président de la Ligue professionnelle de rugby. Et de suggérer «un système où il y aurait un salaire, plus des primes d’objectifs», sans quoi «des clubs risquent de se mettre en danger financièrement».


Pourra-t-on un jour assister au haka à Mont-de-Marsan, Bayonne ou Bourgoin?


Faut pas rêver non plus. Mais si on est fan de haka, on peut toujours se remémorer ces grands moments en vidéo… version traditionnelle…



… ou version encore plus barbare…