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Coupe du monde de ski: Worley-Rolland, les grandes blessées racontent leur galère

Coupe du monde de ski: Worley-Rolland, les grandes blessées racontent leur galère

BLESSURETessa Worley et Marion Rolland sont de retour après s’être gravement blessées au genou la saison dernière...
Nicolas Camus

Nicolas Camus

Début octobre, elle l’espérait fortement. Quelques jours plus tard, c’est une réalité. Tessa Worley sera bien au départ du premier slalom géant de la saison, samedi, à Solden. Victime d'une rupture du ligament croisé du genou droit juste avant les JO de Sotchi, il y a dix mois, la championne du monde 2013 est suffisamment remise pour fêter l’ouverture de la Coupe du monde sur les skis. Pour en arriver là, la Savoyarde a cravaché. Opération en janvier, rééducation jusqu’en avril, préparation physique jusqu’en juillet puis reprise du ski, petit à petit. Un processus long qui recèle au moins un avantage: «On apprend la patience, ce qui n’était pas vraiment mon point fort», en sourit-elle aujourd’hui.

Talent précoce, révélée en novembre 2008 lorsqu’elle remporte le géant d’Aspen à 19 ans, Tessa Worley a connu là le premier coup dur de sa carrière. «Ça avance toujours moins vite qu’on voudrait. On aimerait revenir en un claquement de doigt et ne pas avoir changé. Une blessure comme ça change l’athlète mais aussi la personne», raconte-t-elle. La skieuse du Grand-Bornand, qui «manquait parfois de sérénité» à l’approche des courses, va tenter de s’appuyer davantage sur ses qualités pures que sur sa confiance, valeur plus fluctuante.

«Le plus dur est de se réhabituer à la vitesse»

Lorsque l’on revient d’une telle blessure, on n'a pas fait le plus dur une fois remonté sur les skis. Loin de là. Autre revenante, Marion Rolland, qui s’est brisé le genou pour la troisième fois de sa carrière en septembre 2013, est malheureusement pour elle bien placée pour en parler. «Le ski, je l’ai en moi. J’ai la technique, la maturité, l’expérience, ça ne s’oublie pas. Le plus dur est de se réhabituer à la vitesse. Voir les portes qui arrivent très vite, au début, ce n’est pas facile. On perd très vite plein de petits repères», détaille la skieuse de 32 ans.

Pour retrouver ces sensations perdues, il faut procéder par étapes. «La première piste qu’on descend, on la fait doucement et tout habillée, pas en combinaison de course, explique la championne du monde de descente 2013. Et puis on avance pas à pas, de plus en plus vite. A la fin du stage [tout le mois de septembre, au Chili], je faisais comme les autres filles.» Marion Rolland a encore un peu de temps devant elle. La première course qui l’attend est prévue le 7 décembre, à Lake Louise. Tessa Worley, elle, va donc éprouver ses sensations dès ce week-end. «C’est tôt dans la saison, je n’ai pas vraiment d’objectif sur cette course car je ne serai pas à 100%, c’est évident. Mais ça va me servir dans ma reconstruction», est-elle persuadée. Apprendre la patience, encore et toujours.