Euroligue: «Partout où l’on va aller, le nom de Limoges parle aux gens», estime Jean-Marc Dupraz, coach du CSP
BASKET•Le CSP retrouve la Coupe d’Europe qu’il a gagné, il y a 21 ans…B.V.
Eux aussi seront «à jamais les premiers». Seul vainqueur français de l’histoire de l’Euroligue de basket, en 1993 et quelques semaines avant la victoire de l’Olympique de Marseille en Ligue des champions de foot, Limoges retrouve après près de quatorze ans d’absence la grande Coupe d’Europe. Jeune joueur du CSP à l’époque, Jean-Marc Dupraz est désormais le coach du champion de France. Il raconte pour 20 Minutes ses souvenirs et les ambitions de son équipe avant de se déplacer jeudi chez le Maccabi Tel-Aviv, champion en titre.
Sentez-vous dans la ville une attente particulière avec ce retour en Euroligue?
Bien entendu. Il y a beaucoup d’effervescence autour de ce premier match et notamment au niveau des médias, on a pas mal de demandes. Je remarque une vraie similitude entre les deux époques dans l’engouement à l’intérieur même du club et en dehors. On le ressentira certainement encore plus lors du premier match à domicile.
Vous aviez 19 ans lors de l’épopée de 93. Quels souvenirs en gardez-vous?
C’est vrai que j’étais jeune et que ça semble loin, mais les gens m’en parlent régulièrement. Dans l’esprit des gens, ce n’est pas si loin que ça. J’ai des souvenirs de l’enchaînement des déplacements et des matchs de très haut niveau. Et le final four à Athènes aussi. Tant en termes d’organisation que de niveau de jeu sur le terrain on touchait au meilleur.
Didier Deschamps disait avant le quart de finale de Coupe du monde face à l’Allemagne qu’il ne voulait pas montrer à ses joueurs les images des matchs de 82. Avez-vous montré celles de 93 à vos joueurs?
Ca a été fait par le club lors de la présentation de l’équipe à nos partenaires, aux élus et aux collectivités territoriales. On a fait une grande soirée où un clip a été projeté avec toute l’histoire du club, les joueurs ont pu voir notamment certaines images de cette époque-là. Je pense que c’était important de le faire, car ça fait partie de l’identité du club. Certains joueurs français connaissent, mais pas les étrangers, ça le permet de savoir qu’ils font partie d’une place forte du basket français, ça les met dans l’ambiance.
Le statut de Limoges a changé, vous n’arrivez pas vraiment avec l’étiquette d’un champion d’Europe…
Non, mais je pense que partout où on va aller, comme à Tel-Aviv, le nom de Limoges parle aux gens. Comme on se souvient ici des grands clubs qui sont passés il y a 20 ans.
Que peut espérer le CSP aujourd’hui en Euroligue?
On s’est fixé un objectif, je ne peux pas vous dire si on va l’atteindre mais on va s’en donner les moyens. On veut accéder au Top16, ça fait maintenant sept ans qu’un club français n’a pas réussi à le faire. Ce n’est pas une limite infranchissable. Après, quand on regarde les budgets des clubs en Europe et en Euroligue, il y a deux niveaux de différences. Le budget des clubs français est entre 5 et 7 millions d’euros, les clubs comme le CSKA Moscou ou Tel-Aviv ont entre 25 et 30. Ça ne fait pas tout mais c’est évidemment le nerf de la guerre.
Vous n’étiez pas non plus favoris en 93… Peut-on rêver aujourd’hui du même exploit?
Limoges était effectivement le petit poucet et personne ne l’imaginait remporter le titre, on avait créé la sensation devant des grands clubs comme le Benetton Trévise ou le Real Madrid. Après, en tant que coach et compétiteur, on se doit d’avoir envie de faire du mieux possible. La réalité fait que… encore une fois, les budgets ne sont pas les mêmes, ce qui ne nous empêche pas d’être un minimum optimiste et ambitieux.
On ne vous fera pas dire que vous allez la gagner…
Non, mais je ne dirais pas non plus qu’on ne va pas la gagner! (rires). Notre objectif, c’est le Top16. Ensuite, on verra.



















