«On va trouver la parade»
David Auradou, capitaine du Stade Français CASG Paris, est confiantPropos recueillis par Sébastien Bordas
David Auradou, capitaine du Stade Français CASG Paris
Comment allez-vous depuis votre opération de l’épaule, mardi dernier?
L’opération s’est bien passée, il n’y a plus qu’attendre maintenant ! Je vais être immobilisé trois semaines le temps de la cicatrisation, puis j’enchaînerai les phases de rééducation et de remise en forme. La blessure fait de toute façon partie de la vie d’un sportif de haut niveau. Après, il faut se montrer fort mentalement.
Quand espérez-vous retrouver le terrain?
L’objectif que je me suis mis en tête, c’est la demi-finale du Top 14, être au moins dans le groupe. Une opération de l’épaule, c’est trois mois, ça nous amène donc à la veille du match. Mais ce n’est pas en précipitant les choses que cela va aller mieux. D’autant que je commence à être habitué aux blessures (rires).
Quelques jours après votre blessure, Sylvain Marconnet s’est cassé le tibia en faisant du ski…
C’est terrible au vu des circonstances, c’est trop con… Contrairement à moi, sa saison est déjà finie. Mais lui a la Coupe du monde en tête. Ce n’est pas gagné d’avance, mais avec le mental qu’il a, il va tout faire pour y arriver. Il va pouvoir recourir dans 3 ou 4 mois, soit juste avant l’annonce du groupe pour le Mondial. Sylvain est indéboulonnable, il jouit d’un statut privilégié et je ne crois pas que Bernard Laporte puisse ne pas le retenir. Sa fraîcheur mentale et sa grosse envie compenseront le reste. Je reste très confiant.
Dimitri Szarzewski, Rodrigo Roncero et Rémy Martin n’ont également pas été épargnés. Avez-vous souvenir d’une telle série noire au Stade Français?
L’an passé, on avait parfois eu du mal à composer une équipe. Le seul souci, c’est qu’on a rarement eu autant de mecs qui se pètent sévèrement, il y avait davantage de blessures musculaires qui nécessitent quinze jours, trois semaines d’arrêt… Je pense qu’on peut relever le défi. Il faut juste que la série noire s’arrête à temps. Beaucoup de nos joueurs vont finir le Tournoi, notamment David (Skrela), qui serre les dents en ce moment. Croisons les doigts pour ce week-end.
Sur un plan personnel, vous réalisiez une belle saison. N’est-ce pas trop dur à encaisser?
Je suis très déçu d’être en stand-by pendant trois mois. J’ai été accablé pendant dix jours, mais j’ai repris du poil de la bête, il y a plus grave dans la vie. Pareil pour le groupe. Tout le monde a pris un coup sur la tête, mais je suis persuadé que les gars vont trouver les ressources mentales et physique, d’autres joueurs vont se révéler. On va trouver la parade.
La suspension de Mauro Bergasmasco tombe également au mauvais moment…
C’est complètement injuste pour Mauro, d’autant qu’on voit bien sur les images qu’il y va pour déblayer, pas pour coller un marron à son adversaire. Après, c’est vrai qu’il le touche à l’œil. On sanctionne le club à travers le joueur. Il n’y aucune logique, on ne devrait sanctionner un joueur que dans la compétition concernée. Fin 2005, le Stade Toulousain avait été privé de Fabien Pelous pendant de nombreuses semaines, alors qu’il avait fauté sous le maillot de l’équipe de France. Ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Alors, oui, dans le sens inverse, une suspension peut arranger le club. Mais là, on n’avait pas besoin de cela.
Le premier match amical le week-end dernier contre Clermont s’est plutôt mal passé (15-48)…
Il faut relativiser. On prend trois essais en huit minutes face à une équipe de Clermont qui était quasiment au complet, tandis que la nôtre était composée aux deux-tiers de jeunes. De plus, on venait d’enchaîner une grosse préparation physique. Ce match, comme celui de ce week-end contre Albi, vont toutefois nous servir dans l’optique de la reprise dans une semaine face à Bourgoin.
Comment le groupe appréhende-t-il l’après-Tournoi?
Les internationaux sortent d’une grande compétition, mais ils ont pu souffler car le Tournoi était moins dense que d’habitude. Après, vaut-il mieux ne pas couper et jouer à haut niveau ou couper complètement ? Je ne sais pas… En tout cas, on va retrouver certains joueurs en pleine forme, Pieter (De Villiers), Domi (Dominici), nos Italiens qui ont fait un super truc… Il s’agira de retrouver les automatismes car cela va faire pas loin de deux mois, depuis le match contre Toulouse, qu’on n’a pas été au complet.
Pour que vous rejouiez cette saison, il faudra que Paris se qualifie pour les demi-finales du Top 14. Les points d’avance pris avant la trêve pourraient s’avérer précieux…
C’est sûr qu’il vaut mieux être leader plutôt que dans la position du chasseur. D’ici-là, on va essayer de griller le moins de jokers possibles. Cela risque d’être difficile de jouer sur les deux tableaux, mais c’est ce qui fait la beauté de la compétition.
Le 1er avril, c’est le choc européen contre Leicester qui vous attend…
Ce quart de finale, on l’a coché depuis longtemps sur nos agendas. C’est Leicester, une équipe qu’on respecte plus que tout. C’est aussi notre bête noire, un environnement difficile… Mais cette Coupe d’Europe, on la veut depuis tellement longtemps qu’on va tout donner pour atteindre notre objectif.



















