Formule 1: Jules Bianchi, un accident qui aurait dû être évité?

AUTOMOBILE  Le pilote français se trouve en soins intensifs après un grave accident lors du Grand Prix du Japon…

J.L.

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La voiture de Jules Bianchi après son accident au Japon, le 5 octobre 2014.
La voiture de Jules Bianchi après son accident au Japon, le 5 octobre 2014. — PIXATHLON/SIPA

«Le véhicule de dépannage était en train d’évacuer ma voiture et tout s’est précipité, je me tenais debout juste à côté au moment du crash…Je ne veux pas en dire plus, j’espère juste que Jules est entre de bonnes mains.» Les mots sont d’Adrian Sutil, et ils suffisent à traduire l’éffroi qui a gagné le paddock après le terrible accident de Jules Bianchi lors du Grand Prix de Suzuka. Le pilote allemand était à quelques mètres à peine, quand la Marussia du Français est allé heurter de plein fouet une grue dépanneuse, présente sur la piste pour évacuer la voiture de l’Allemand.

Opéré d’un hématome au cerveau

Inanimé, le Français de 25 ans a été immédiatement transporté à l’hôpital Mie General de Yokkaichi, à environ 20 km du circuit de Suzuka, où il a été opéré d’un «grave hématome à la tête», a indiqué son père Philippe, précisant qu’il faudrait «attendre 24h avant d’en savoir plus» sur les chances de survie de Jules Bianchi. Transféré aux soins intensifs sans avoir besoin d'une assistance respiratoire, le Français aurait dû être intubé pendant la nuit à cause de nouveaux saignements et pourrait se faire réopérer rapidement, selon des informations de RMC. Le monde de la F1, qui avait perdu l’habitude de ces heures d’angoisse, a tenu à manifester son soutien au Français.

Certains, comme Felipe Massa, se sont même rendus à l’hôpital pour assister à l’opération, et revenir sur les circonstances du drame.  «Je tiens à dire que cette course était dangereuse, a expliqué le Brésilien, en faisant référence à l’arrivée du typhon Phanfone sur les côtés japonaises. Je criais déjà à la radio cinq tours avant la voiture de sécurité qu’il y avait trop d’eau en piste.» Sauf que la Fédération internationale avait refusé d’avancer la course de quatre heures, comme l’idée lui en avait été suggérée la veille. Patrick Tambay, ancien pilote de F1, regrettait lui sur RMC l’utilisation de grues de dépannage sur le circuit.

«Il y avait trop d’eau en piste»

«Laisser une voiture dans le bac à sable n’est certes pas une bonne chose, mais il va falloir trouver un autre système. On a fait des progrès sur les circuits. Mais là, il y avait un tracteur qui se baladait sur la piste et c’est inacceptable». La fédération internationale n’a pas rebondi sur la polémique dans un communiqué publié en fin de journée au Japon. Ce dernier promettait «de nouvelles informations dés que possible». En espérant qu’elles soient rassurantes pour Jules Bianchi.