Coupe Davis : Pourquoi les Bleus peuvent partir confiants contre la Suisse

TENNIS La victoire facile face à la République tchèque a renforcé la cote des Bleus avant la finale rêvée contre Federer et Wawrinka…

Julien Laloye

— 

Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet, le 14 septembre 2014 à Roland-Garros.
Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet, le 14 septembre 2014 à Roland-Garros. — Henri Collot/SIPA

Pour être honnête, on l’avait cochée depuis le tirage au sort. Une finale France-Suisse face à la légende Federer, le tout à domicile, dans une sorte de remake lointain du France-USA de 1991. Qui dit mieux pour une finale de Coupe Davis ? Personne, surtout que la façon dont l’équipe de France a roulé sur les Tchèques à Roland-Garros laisse présager un week-end de folie, probablement au stade Pierre Mauroy de Lille du 21 au 23 novembre.

Gasquet, un leader s’est affirmé

Il l’a reconnu une fois que tout était, fini, Gasquet n’a pas dormi de la nuit avant d’affronter Tomas Berdych. «Il y avait de l'appréhension. C'est clair que j'aurais signé avec les mains, les pieds ou n'importe quoi pour me retrouver à 3-0 le samedi». En deux matchs pleins de panache, il a montré qu’il pouvait se transcender pour les autres, ce dont lui seul semblait douter.

«Il ne faut pas tromper sur Richard, racontait Tsonga après le double. C’est un joueur qui a de l’expérience et du vécu dans les gros matchs. On lui a tous dit que c’était le Gasquet top 10 qui allait rentrer sur le court». Un Gasquet capable de jouer les yeux dans les yeux avec Roger Federer et Stan Wawrinka dans deux mois, par exemple.

La terre, une idée à creuser

Tomas Berdych n’a pas cherché longtemps pour expliquer son week-end à l’envers. «Le meilleur joueur sur terre battue (ndlr : Monfils) n’a pas joué. Ca veut tout dire. Il m’aurait fallu plus de temps pour être prêt.» En choisissant la terre battue avec l’accord de ses troupes, Arnaud Clément avait fait le pari de dérégler la machine à pains tchèque. Bien vu.

«Ils n’ont jamais cherché à s’adapter, juge Guy Forget. C’est un super choix que de les avoir reçus sur terre battue une semaine après l’US Open». Devinez quoi, si tout va bien, Federer et Wawrinka débaucheront à peine du Masters de Londres –en dur indoor- le dimanche avant la finale. La voie royale pour choisir la terre battue et jouer sur le différentiel d’adaptation? Seul Gilles Simon s’est montré favorable à cette hypothèse. Pour l’instant.

Le dialogue, une vertu à cultiver

La presse a bien cherché à asticoter Gaël Monfils sur sa «désertion» en simple, alors qu’il était le Français le plus en forme. Sauf que désormais tout est clair chez les Bleus. Celui qui ne sent pas d’y aller n’y va pas, et le dit aux autres. «On se parle, on est vraiment proches, confirme La Monf’. On est tous lucides sur l'état physique et mental de notre pote. Maintenant, c'est plus facile entre nous parce que je sais que l'autre est capable d'entendre mon discours».

La remise à plat a eu lieu après le fiasco argentin l’an passé, quand Gasquet n’avait dit à personne qu’il ne serait jamais en état de jouer en simple. Depuis, Arnaud Clément a fait évoluer son mode de management: «J'apprends sur la gestion humaine. Mais la communication est plus facile avec eux, c'est un progrès en soi. Je suis très à l'écoute.» Il le faudra pour choisir la bonne option face à la Suisse.