Coupe du monde: Qui sont les nouvelles stars du basket français?

BASKET Ils ont écœuré l’Espagne mercredi soir…

B.V.

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De gauche à droite Evan Fournier, Rudy Gobert et Thomas Heurtel
De gauche à droite Evan Fournier, Rudy Gobert et Thomas Heurtel — SIPA

Ce sont des noms que vous avez peut-être découverts mercredi soir, pendant qu’ils dégoûtaient l’Espagne dans une soirée de basket inoubliable. Ils s’appellent Evan Fournier, Thomas Heurtel ou Rudy Gobert et profitent de l’absence de nombreux cadres pour exploser à la face du monde au sein de cette équipe de France. 20 Minutes vous les présente à l’aide de Fabien Causeur, international français (30 sélections).

Thomas Heurtel - «Certains disent qu’il est fou»

Son CV: 25 ans, 35 sélections, meneur au Saski Baskonia de Vitoria (Espagne). Formé à Pau, il a quitté la France à 21 ans pour rejoindre l’Espagne. Champion d’Europe avec les Bleus en 2013, il n’avait pas eu beaucoup de temps de jeu pendant la campagne.

L’avis de Fabien Causeur: «C’est quelqu’un qui n’a pas peur de prendre ses responsabilités. Certains disent même qu’il est fou, ils se demandent ce qu’il fait. Les ballons chauds, il aime les avoir dans les mains, il prend des gros shoots comme hier - il a inscrit le panier trois points de la gagne face à l’Espagne - que ce soit un quart de finale de Mondial ou en match amical. Parfois les gens ont eu un peu de mal avec ça. Dans la vie, il est plus calme, même s’il peut être un peu lunatique. C’est une pile, il peut péter des câbles. Certains matins, il arrive à l’entraînement et rien qu’à sa gueule tu sais qu’il ne faut pas lui parler (rires).»

La phrase de Boris Diaw: «C’est toujours un jeune joueur, il apprend encore. Parfois, il prend des décisions trop rapides, mais on attend ça aussi de lui: qu’il apporte une touche de folie. Des fois ça marche, des fois, non (sourire)… Sur ce match, ça a marché. C’est beaucoup de responsabilité de prendre ce shoot, mais c’est un jeune homme orgueilleux. Il peut supporter la pression. C’est ce qu’il a fait.»

>> A voir, les trois coups d’éclats des Bleus face à l’Espagne

Evan Fournier – «C’est grâce à son talent qu’il est en NBA»

Son CV: 21 ans, 19 sélections, arrière au Orlando Magic (Etats-Unis). Après une belle saison à Poitiers, Fournier a rejoint les Denver Nuggets en NBA à tout juste 20 ans, en 2012. Il y réalise des performances correctes malgré un temps de jeu limité.

L’avis de Fabien Causeur: «C’est un garçon très fort mentalement, il a une énorme de confiance en lui. Il a dominé pendant des années ses catégories d’âge et il est en train d’exploser chez les séniors. Certains sont en NBA grâce à leur physique, lui, c’est parce qu’il a du talent. Ce n’est pas un gars qui saute très haut, mais il est fort techniquement. C’est un vrai scoreur, il est complet, attiré par le cercle. Mais c’est aussi un bosseur. Défensivement, il se donne. Mercredi, Il a bien coupé Navarro, il lui a rien donné de facile. C’est une très belle surprise…» 

La phrase de Vincent Collet: «Ce qui me plaît chez lui, c’est aussi ce qui me déplaît parfois. Cette forme de confiance, qui parfois est presque de l’arrogance. Il n’a pas peur, il n’a pas froid aux yeux. Cette assurance lui joue parfois des tours. Il est pour l’instant très instable.».

Rudy Gobert – «Il n’a pas de limite»

Son CV: 21 ans, 19 sélections, pivot au Utah Jazz (Etats-Unis). Formé à Cholet, l’immense pivot (2’16) tente de grappiller depuis l’été dernier quelques minutes de temps de jeu en NBA.

L’avis de Fabien Causeur: «La première fois que je l’ai vu à Cholet -ils s’y sont côtoyés entre 2011 et 2012-, il devait avoir 16 ou 17 ans et il faisait déjà 2,10m. Mais la première année, il n’a pas joué car il était tout le temps blessé, son corps ne supportait pas sa croissance. C’est l’une des plus grosses envergures qu’ils aient vu en NBA. C’est un mec très simple, encore un enfant dans sa tête à faire tout le temps des petites conneries. Mais sur le terrain, c’est un travailleur, il est très concentré et jamais impressionné. Il n’a pas de limites, mais il a encore beaucoup de choses à apprendre, notamment en attaque. Sa carrière dépendra de son travail. Il est très athlétique et a de bonnes mains, plus que les gens pensent. Il a pris 15 kg cette année, mais il continue à courir vite et sauter haut.»

La phrase de Vincent Collet: «Rudy est un joueur jeune, qui ne joue pas beaucoup en NBA. Depuis le début de la préparation, on parle tous les jours avec lui. Il a été incroyable. Avec Lauvergne, ils ont dominé la raquette. Ils nous ont donné des deuxièmes chances qui nous ont fait du bien.»