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Mondial de basket: «L’accent de George Eddy n’est absolument pas forcé», promet David Cozette
BASKET•Le duo de Canal+ est très apprécié lors des commentaires des matchs de l’équipe de France…Antoine Maes
Il a une petite voix un peu enrouée, signe que la nuit a été courte. David Cozette, le Monsieur basket de Canal +, a encore pris feu lors de l’exploit des Bleus contre l’Espagne, en quart de finale. D’autant qu’il forme un couple parfaitement rodé avec son acolyte George Eddy.
Jeudi soir, vous avez hurlé «Donne moi ton short Thomas Heurtel» après un panier d’anthologie. D’où elles sortent, ces expressions que vous utilisez souvent?
Ça, je ne le prépare pas. Il y a en certaines que j’ai en tête et que j’essaie de placer selon les circonstances et sans que ça paraisse forcé. Et il y en a d’autres, quand il y a un moment très fort, où j’oublie quasiment que je suis à l’antenne. C’est complètement instinctif. Je cherche le meilleur moyen de remercier le joueur. Un peu comme si je me faisais le messager de tout le monde pour dire à quel point on l’aime.
Comment ça se prépare un sport aussi technique que le basket?
En début de compétition, je prépare une fiche sur chaque équipe, je mets le parcours intégral de chacun des joueurs, écrit en tout petit. Et je réactualise au fil du tournoi au crayon à papier. Les stats, les anecdotes, les blessures… Mais franchement ça se prépare comme n’importe quel autre sport collectif. Ce sont des pense-bêtes. Avec les chiffres, le tout c’est d’en donner pour expliquer les choses, sans en donner trop pour ne pas gaver les gens. Il faut trouver un juste milieu.
On a l’impression que vous connaissez les joueurs personnellement…
Je les connais très bien. Et pour les cadres depuis très longtemps, parce que ça fait vingt ans que je commente. Boris Diaw, je l’ai vu débarquer à Pau-Orthez, il avait 17 ans. Après ce sont des échanges. On n’est pas amis, mais on a une relation plutôt sympa. Le basket, c’est quand même plutôt préservé, le relationnel reste agréable et peu formaté. On est loin du foot, du tennis ou de la Formule 1. Pas besoin d’appeler un attaché de presse, il n’y a pas l’agent juste derrière… On peut même se retrouver, une fois le tournoi terminé, à boire un coup et à échanger de manière informelle. Du coup il y a une relation de confiance.
Soyez franc… Quand il n’est pas à l’antenne, George Eddy n’a pas d’accent, en fait?
Et bah si. Même le matin quand on se réveille et qu’on est complètement dans le gaz, George a exactement le même accent. Il n’est absolument pas forcé. C’est très simple: il y a longtemps, quand il a atteint une certaine zone de confort dans la langue française, qu’il a vu qu’il pouvait s’exprimer et que les gens le comprenaient, je pense qu’il n’a pas essayé de faire des efforts sur la grammaire, etc.
George Eddy, son accent, ses craquages
Lui aussi a des expressions folles. Il vous surprend encore parfois?
Avec le temps de moins en moins, tellement on se connaît. La première fois que j’ai commenté avec lui, j’étais comme un gamin. Canal + m’a appelé pour faire un match NBA avec lui, je devais avoir 24 ans, et j’étais comme un fan à me retrouver avec lui, c’était comme un rêve.
Le rêve, ce serait de commenter une finale contre les Etats-Unis?
Bien sûr. Et de voir à quel point cette équipe -qui a déjà réalisé l’impossible- peut gêner les Etats-Unis. Comment serait George? Il garde une affection particulière pour son pays, c’est normal, mais il n’y aucun doute sur celui qu’il soutiendra.


















