France-Espagne: La Roja entame un nouveau chapitre

FOOTBALL La sélection de Vicente Del Bosque démarre un nouveau cycle après son Mondial raté...

Nicolas Camus

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Iker Casillas et Sergio Ramos lors du match de Coupe du monde Espagne-Chili (0-2), le 18 juin 2014, à Rio.
Iker Casillas et Sergio Ramos lors du match de Coupe du monde Espagne-Chili (0-2), le 18 juin 2014, à Rio. — GABRIEL BOUYS / AFP

Quand on a régné pendant six ans sur le football mondial comme l’Espagne l’a fait entre 2008 et 2014 (championne du monde, double championne d’Europe), le retour sur terre est forcément douloureux. Sortie du Mondial brésilien dès les poules, la Roja entame une nouvelle page de son histoire face à la France, jeudi. Xavi, Xabi Alonso et David Villa ont annoncé leur retraite internationale, Iniesta est absent sur blessure… En tout, huit nouveaux joueurs ont intégré la sélection. «On ne vit pas du passé. C’est un nouveau cycle qui commence, confirme l’un des cadres, le défenseur Sergio Ramos. On doit transmettre notre ambition aux nouveaux qui arrivent, et j’ai déjà senti chez eux une grande envie d’apprendre, de maintenir la philosophie qui nous caractérise.»

La transmission de l’ADN de l’Espagne qui gagne -possession de balle, jeu court- ne fait aucun doute pour les Français. «Ça va rester le même jeu, ils ont ça dans le sang», est persuadé Antoine Griezmann, qui évolue de l’autre côté des Pyrénées depuis bientôt dix ans. «Des joueurs ont arrêté, notamment au cœur du jeu, mais ils ont un tel réservoir avec les Fabregas, Cazorla, etc. que ça va perdurer», ajoute Didier Deschamps. Pas question pour les Bleus, donc, de sous-estimer cet adversaire malgré son cuisant échec brésilien.

Del Bosque toujours aux commandes

Naturellement mis en cause après ce désastre, le sélectionneur Vicente Del Bosque est pourtant resté en place. La Fédération espagnole l’a confirmé jusqu’en 2016. «Il a fait des choses exceptionnelles ces dernières années. C’est normal que le public et la Fédération lui accordent encore du crédit malgré le Mondial», juge son homologue français. Quant au principal intéressé, il aborde cette rentrée comme une nouvelle expérience. «Avant, il fallait gérer les victoires, ce n’était pas facile non plus. Espérons maintenant qu’on arrive à gérer la défaite», dit-il.

Malgré la volonté de tourner la page, le discours qu’il a tenu à ses hommes pour les remobiliser s’appuie tout de même un peu sur le passé. «Xavi et Xabi Alonso ont insufflé un état d’esprit déterminant dans nos succès. Je les ai pris en exemple pour montrer aux plus jeunes ce qu’il faut pour jouer en équipe d’Espagne», explique l’ancien coach du Real. Koke, Raul Garcia, Isco et les autres voudront sûrement montrer dès jeudi qu’ils ont compris le message.